Sur 5 047 logements analysés dans le département 03 (Allier) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 995 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 19.7 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, à partir desquels est attribuée une étiquette allant de A (logement performant) à G (logement très énergivore, dit « passoire thermique »). Ce document, obligatoire pour toute mise en location ou en vente, constitue une donnée objective sur l'état du bâti et un indicateur direct des travaux de rénovation à prévoir.

Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G revêtent une importance particulière depuis la loi Climat et Résilience, qui encadre progressivement la location des passoires thermiques et pousse les propriétaires concernés à anticiper une vente ou des travaux. Un logement classé F ou G subit généralement une décote à la revente et representa un signal de motivation potentielle du propriétaire à céder son bien avant d'engager des rénovations coûteuses. Le département de l'Allier, avec 5047 logements analysés répartis sur 166 communes, constitue ici le territoire d'observation de cette dynamique.

Chiffres clés

5 047
Logements analysés (DPE)
995 (19.7 %)
Passoires thermiques (F ou G)
3 527 (69.9 %)
Logements énergivores (D à G)
166
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
54 (1.1 %)
B
145 (2.9 %)
C
1 321 (26.2 %)
D
1 585 (31.4 %)
E
947 (18.8 %)
F
616 (12.2 %)
G
379 (7.5 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur l'ensemble du parc analysé dans l'Allier, 995 logements sont classés F ou G, soit 19,7 % du total. Ce chiffre place près d'un logement sur cinq dans la catégorie des passoires thermiques, directement concernées par les restrictions locatives progressives. Plus largement, 3527 logements, soit 69,9 %, appartiennent aux étiquettes D à G, ce qui signifie que près de sept logements analysés sur dix se situent en dessous du seuil de performance C.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : les catégories A (54) et B (145) restent marginales, tandis que la classe C rassemble 1321 logements et la classe D, la plus représentée, en compte 1585. Les étiquettes E (947), F (616) et G (379) forment ensemble un bloc conséquent de logements énergivores. Cette structure dessine un parc immobilier globalement ancien ou peu rénové, où les biens performants demeurent minoritaires.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Saint-Nicolas-des-Biefs6583.3 %
70
2Chouvigny5480 %
68
3Droiturier5480 %
68
4Le Breuil6583.3 %
67
5Saint-Gérand-le-Puy12866.7 %
60
6Louroux-Bourbonnais7571.4 %
60
7Loddes7571.4 %
60
8Isserpent6466.7 %
60
9Saint-Sornin5360 %
56
10Laprugne5360 %
56
11Échassières5360 %
56
12Saint-Léopardin-d'Augy5360 %
56
13Le Veurdre8562.5 %
55
14Saint-Bonnet-de-Rochefort10660 %
54
15Le Theil9555.6 %
54
16Montcombroux-les-Mines11654.5 %
53
17Vaumas7457.1 %
52
18Hérisson5360 %
52
19Vichy79513316.7 %
51
20Montluçon94312012.7 %
50

Lecture du classement

Les communes au plus fort potentiel identifiées se caractérisent par des volumes de logements analysés restreints, généralement compris entre 5 et 12 unités, mais avec des parts de passoires thermiques élevées. Saint-Nicolas-des-Biefs et Le Breuil affichent chacune 83,3 % de logements F/G sur 6 logements analysés, avec des indices de 70 et 67 sur 100 respectivement. Chouvigny et Droiturier suivent avec 80 % de passoires sur 5 logements et un indice de 68.

Saint-Gérand-le-Puy se distingue par un volume légèrement supérieur, avec 12 logements analysés dont 8 en F/G (66,7 %), pour un indice de 60. Louroux-Bourbonnais, Loddes et Isserpent complètent ce classement avec des parts de passoires comprises entre 66,7 % et 71,4 % et un indice identique de 60. Ce qui distingue les communes en tête de liste tient donc davantage à l'intensité de la part de passoires qu'au volume de logements concernés, ces derniers restant limités en nombre absolu.

Ce que cela implique pour votre prospection

Pour un agent immobilier prospectant sur l'Allier, ces données invitent à combiner une approche par volume, sur les communes disposant d'un nombre significatif de logements analysés comme Saint-Gérand-le-Puy, et une approche ciblée sur les petites communes où la part de passoires thermiques est particulièrement élevée.
  • Prioriser le contact avec les propriétaires de logements F et G dans les communes affichant les indices les plus élevés, où la probabilité de mise en vente à court terme est renforcée par la contrainte réglementaire.
  • Adapter le discours commercial en valorisant l'accompagnement à la vente avant travaux, pour les propriétaires soucieux d'éviter une décote liée à l'étiquette énergétique.
  • Tenir compte du faible volume de logements dans certaines communes en tête de classement, qui limite le nombre de prospects mais peut justifier une prospection individualisée et qualitative.
  • Élargir le périmètre de prospection aux communes présentant une part importante de logements classés D à E, susceptibles de constituer un vivier complémentaire à moyen terme.
  • Utiliser la répartition par étiquette du département comme argument de contexte auprès des vendeurs, pour situer leur bien par rapport à l'ensemble du parc local.

En résumé

L'Allier présente un parc de logements marqué par une part significative de passoires thermiques et une majorité de biens classés D à G, ce qui en fait un territoire pertinent pour une prospection orientée sur la transition énergétique. Les communes au plus fort potentiel, bien que de taille limitée, offrent des indices élevés qui peuvent guider les priorités d'action des agents immobiliers locaux.