Sur 2 419 logements analysés dans le département 90 (Territoire de Belfort) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 219 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 9.1 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, sur une échelle allant de A (logement performant) à G (logement très énergivore, dit « passoire thermique »). Cette classification, obligatoire lors de toute vente ou location, est devenue un critère central dans la valorisation d'un bien immobilier, au même titre que la localisation ou la surface.
Les étiquettes F et G concentrent aujourd'hui l'attention des professionnels de l'immobilier en raison de la loi Climat et Résilience, qui restreint progressivement la mise en location des logements les plus énergivores. Pour un propriétaire, détenir un bien classé F ou G signifie souvent devoir engager des travaux de rénovation coûteux, subir une décote à la revente, ou perdre la possibilité de louer son bien dans les conditions actuelles. Ces contraintes constituent autant de motivations à vendre, ce qui fait des passoires thermiques un signal de prospection pertinent. Le Territoire de Belfort, avec 2419 logements analysés répartis sur 44 communes, offre un terrain d'observation pour identifier ces situations.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 2419 logements analysés dans le Territoire de Belfort, 219 sont classés F ou G, soit 9,1 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques, bien que minoritaire, représente un volume non négligeable de biens potentiellement concernés par des obligations de travaux ou des difficultés de location. La répartition détaillée par étiquette montre que la classe D domine largement avec 892 logements, suivie par la classe C (770) et la classe E (380), ce qui dessine un parc majoritairement composé de logements intermédiaires plutôt que d'extrêmes.
Plus largement, 1491 logements, soit 61,6 % du total analysé, se situent dans les classes D à G, c'est-à-dire au-delà du seuil énergétique considéré comme performant. Cette proportion élevée indique qu'une part importante du parc immobilier de ce territoire reste à rénover, même si les cas les plus critiques (F et G) ne représentent qu'une fraction limitée de l'ensemble. Les classes A et B, avec respectivement 77 et 81 logements, restent marginales, confirmant que les logements très performants sont peu représentés dans ce périmètre.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Étueffont | 11 | 5 | 45.5 % | 69 |
| 2 | Lepuix | 16 | 7 | 43.8 % | 67 |
| 3 | Florimont | 5 | 2 | 40 % | 56 |
| 4 | Belfort | 994 | 74 | 7.4 % | 52 |
| 5 | Réchésy | 16 | 5 | 31.3 % | 52 |
| 6 | Giromagny | 76 | 20 | 26.3 % | 49 |
| 7 | Rougemont-le-Château | 17 | 5 | 29.4 % | 49 |
| 8 | Joncherey | 13 | 3 | 23.1 % | 40 |
| 9 | Chaux | 11 | 3 | 27.3 % | 39 |
| 10 | Rougegoutte | 6 | 1 | 16.7 % | 39 |
| 11 | Pérouse | 9 | 2 | 22.2 % | 36 |
| 12 | Bavilliers | 66 | 9 | 13.6 % | 34 |
| 13 | Montreux-Château | 20 | 4 | 20 % | 33 |
| 14 | Grandvillars | 38 | 6 | 15.8 % | 32 |
| 15 | Éloie | 6 | 1 | 16.7 % | 32 |
| 16 | Évette-Salbert | 16 | 2 | 12.5 % | 29 |
| 17 | Montbouton | 6 | 1 | 16.7 % | 29 |
| 18 | Sermamagny | 9 | 1 | 11.1 % | 28 |
| 19 | Anjoutey | 10 | 1 | 10 % | 27 |
| 20 | Bourogne | 17 | 2 | 11.8 % | 26 |
Lecture du classement
Le classement des communes au plus fort potentiel met en évidence deux profils distincts. D'un côté, des communes de petite taille comme Étueffont (11 logements, 45,5 % de passoires, indice 69/100) ou Lepuix (16 logements, 43,8 %, indice 67/100) affichent des taux de passoires thermiques très élevés, mais sur des volumes réduits. Florimont, avec seulement 5 logements analysés, atteint 40 % de passoires mais reste un cas statistiquement limité. Ces communes se distinguent donc par l'intensité du phénomène plutôt que par son ampleur en nombre absolu de biens.
À l'inverse, Belfort se démarque par son volume : 994 logements analysés, dont 74 passoires F/G (7,4 %), pour un indice de 52/100. Ce taux, plus faible en proportion que celui des petites communes, représente néanmoins le plus grand nombre absolu de passoires thermiques du territoire. Giromagny occupe une position intermédiaire, avec 76 logements analysés, 20 passoires (26,3 %) et un indice de 49/100, combinant un volume raisonnable et une part significative de biens énergivores. Réchésy, Rougemont-le-Château et Joncherey, avec des volumes plus modestes (16, 17 et 13 logements), présentent des taux de passoires compris entre 23 % et 31 %, illustrant une situation intermédiaire entre les petites communes à fort taux et Belfort à fort volume.
Ce que cela implique pour votre prospection
Pour un agent immobilier prospectant sur le Territoire de Belfort, ces données invitent à adapter la stratégie de ciblage selon la nature de la commune : privilégier le volume à Belfort, où le nombre absolu de passoires thermiques est le plus élevé, ou cibler l'intensité dans des communes comme Étueffont, Lepuix ou Florimont, où la part de logements F/G est particulièrement forte malgré un nombre de biens réduit.- Concentrer les actions de prospection sur Belfort pour maximiser le nombre de contacts avec des propriétaires de passoires thermiques, compte tenu du volume de biens concernés.
- Cibler en complément les communes à fort taux de passoires comme Étueffont, Lepuix et Réchésy, où la probabilité qu'un logement contacté soit une passoire thermique est plus élevée.
- Adapter le discours commercial en mettant en avant les obligations liées à la loi Climat et Résilience pour les propriétaires de biens F et G, notamment dans les communes où l'indice de potentiel est le plus élevé.
- Ne pas négliger les communes intermédiaires comme Giromagny ou Rougemont-le-Château, qui combinent un volume exploitable et une part significative de passoires thermiques.
- Utiliser l'indice de potentiel comme critère de priorisation dans l'ordre de contact des communes, en complément du nombre absolu de logements analysés.
En résumé
Le Territoire de Belfort présente un parc immobilier dans lequel les passoires thermiques restent minoritaires en proportion mais représentent un enjeu concret, tant par leur volume à Belfort que par leur concentration dans certaines communes rurales. Cette double lecture, entre intensité et volume, permet à un agent immobilier de structurer sa prospection en fonction des caractéristiques propres à chaque commune du territoire.


