Sur 5 014 logements analysés dans le département 10 (Aube) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 496 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 9.9 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performant) à G (peu performant). Les étiquettes F et G, dites « passoires thermiques », identifient les biens les plus consommateurs, ceux qui nécessitent le plus souvent des travaux de rénovation pour être conformes aux exigences énergétiques actuelles.
Pour un agent immobilier, ces étiquettes sont devenues un critère stratégique de prospection. La loi Climat et Résilience restreint progressivement la location des logements classés F et G, ce qui pousse certains propriétaires bailleurs à anticiper une mise en vente plutôt qu'à engager des travaux. Ces biens font également l'objet d'une décote à la revente, ce qui peut accélérer la décision de vendre avant que la valeur ne se dégrade davantage. Le département de l'Aube, avec 5014 logements analysés répartis sur 99 communes, constitue à ce titre un territoire d'observation pertinent pour identifier ces situations.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur l'ensemble du parc analysé dans l'Aube, 496 logements sont classés F ou G, soit 9.9 % du total. Ce chiffre isole les situations les plus critiques, mais la lecture doit être élargie : 3007 logements, soit 60 % du parc, sont classés D à G, ce qui signifie qu'une majorité des biens analysés se situe déjà en dessous du seuil de performance intermédiaire.
La répartition par étiquette confirme cette tendance : les classes C (1782) et D (1833) concentrent l'essentiel du parc, tandis que les étiquettes A (92) et B (133) restent marginales. Les étiquettes E (678), F (317) et G (179) forment ensemble un socle de 1174 logements nécessitant une attention particulière en matière de rénovation énergétique. Cette structure traduit un parc globalement ancien ou peu rénové, avec un nombre significatif de biens susceptibles d'être concernés par les obligations réglementaires à venir.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Marolles-sous-Lignières | 7 | 5 | 71.4 % | 67 |
| 2 | Crancey | 6 | 4 | 66.7 % | 63 |
| 3 | Mussy-sur-Seine | 15 | 7 | 46.7 % | 52 |
| 4 | Chaource | 7 | 3 | 42.9 % | 50 |
| 5 | Troyes | 1 940 | 126 | 6.5 % | 46 |
| 6 | Ossey-les-Trois-Maisons | 8 | 3 | 37.5 % | 44 |
| 7 | Souligny | 5 | 2 | 40 % | 44 |
| 8 | La Vendue-Mignot | 5 | 2 | 40 % | 44 |
| 9 | Proverville | 5 | 2 | 40 % | 44 |
| 10 | Saint-Mesmin | 6 | 2 | 33.3 % | 43 |
| 11 | Bligny | 6 | 2 | 33.3 % | 40 |
| 12 | Saint-Martin-de-Bossenay | 6 | 2 | 33.3 % | 40 |
| 13 | Villemereuil | 5 | 2 | 40 % | 40 |
| 14 | Clérey | 5 | 2 | 40 % | 40 |
| 15 | Vallant-Saint-Georges | 7 | 3 | 42.9 % | 39 |
| 16 | Bar-sur-Seine | 26 | 7 | 26.9 % | 35 |
| 17 | Champignol-lez-Mondeville | 10 | 3 | 30 % | 35 |
| 18 | Les Riceys | 8 | 2 | 25 % | 35 |
| 19 | Neuville-sur-Vanne | 8 | 2 | 25 % | 35 |
| 20 | Ervy-le-Châtel | 14 | 3 | 21.4 % | 34 |
Lecture du classement
Les communes en tête du classement par indice de potentiel se distinguent selon deux logiques différentes. D'un côté, des communes de petite taille comme Marolles-sous-Lignières (7 logements analysés, 5 passoires F/G, soit 71.4 %) ou Crancey (6 logements analysés, 4 passoires F/G, soit 66.7 %) affichent des taux de passoires très élevés, mais sur des volumes réduits, ce qui limite le nombre absolu de biens concernés malgré un indice élevé (67 et 63 sur 100).
De l'autre côté, Troyes se distingue par un volume analysé nettement supérieur (1940 logements) et un taux de passoires plus modéré (6.5 %), mais qui représente en valeur absolue 126 logements F/G, soit le volume le plus important de l'ensemble du classement. Son indice de 46/100 reste élevé malgré ce taux plus bas, ce qui traduit un poids important dans le potentiel global du territoire. Entre ces deux profils se situent des communes comme Mussy-sur-Seine (15 logements, 7 passoires, 46.7 %) ou Chaource (7 logements, 3 passoires, 42.9 %), qui combinent un taux élevé et un volume suffisant pour représenter des cibles de prospection cohérentes.
Ce que cela implique pour votre prospection
Cette hétérogénéité entre communes à fort taux mais faible volume et communes à fort volume mais taux plus mesuré invite à adapter la stratégie de prospection selon la taille du marché visé. Un agent opérant sur l'Aube peut ainsi combiner une approche de volume sur les zones urbaines et une approche ciblée sur les petites communes rurales à taux élevé.
- Prioriser Troyes pour un travail de prospection en volume, compte tenu du nombre absolu de passoires thermiques identifiées (126 logements F/G).
- Cibler en parallèle les communes à taux élevé comme Marolles-sous-Lignières, Crancey, Mussy-sur-Seine et Chaource pour des actions de prospection plus ciblées et personnalisées.
- Utiliser l'indice de potentiel communiqué comme critère de priorisation dans l'ordre de contact des propriétaires.
- Préparer un argumentaire de vente adapté aux propriétaires de logements F et G, intégrant les enjeux de décote et les obligations issues de la loi Climat et Résilience.
- Suivre l'évolution du classement énergétique du parc local pour ajuster régulièrement les priorités de prospection commune par commune.
En résumé
Le parc de logements analysé dans l'Aube présente une part significative de biens énergivores, avec des situations contrastées selon les communes, entre zones à fort volume comme Troyes et communes rurales à taux de passoires plus marqué. Cette diversité de profils offre aux agents immobiliers plusieurs angles d'approche pour construire une stratégie de prospection adaptée aux spécificités de chaque commune du territoire.


