Sur 6 090 logements analysés dans le département 11 (Aude) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 200 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 3.3 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Il est obligatoire pour toute mise en vente ou en location et constitue depuis plusieurs années un critère de décision central pour les acquéreurs, au même titre que le prix ou la localisation.

Les étiquettes F et G revêtent une importance particulière pour les professionnels de l'immobilier dans le cadre de la loi Climat et Résilience, qui organise progressivement des restrictions de mise en location pour les logements les plus énergivores. Ces contraintes réglementaires, combinées à la perception d'une décote à la revente et à la nécessité d'engager des travaux de rénovation, créent une pression particulière sur les propriétaires de biens classés F ou G, qui deviennent des cibles de prospection pertinentes pour un agent immobilier. Le territoire de l'Aude, avec 6090 logements analysés répartis sur 182 communes, offre un terrain d'observation étendu pour identifier ces situations.

Chiffres clés

6 090
Logements analysés (DPE)
200 (3.3 %)
Passoires thermiques (F ou G)
2 187 (35.9 %)
Logements énergivores (D à G)
182
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
391 (6.4 %)
B
905 (14.9 %)
C
2 607 (42.8 %)
D
1 493 (24.5 %)
E
494 (8.1 %)
F
161 (2.6 %)
G
39 (0.6 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 6090 logements analysés dans l'Aude, 200 sont classés F ou G, soit 3,3 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques reste mesuré à l'échelle du département, mais il masque des disparités locales importantes qui apparaissent dans le classement des communes. La proportion de logements énergivores, en intégrant la classe D, atteint en revanche 35,9 % (2187 logements), ce qui signale qu'une part significative du parc se situe dans une zone intermédiaire, susceptible de basculer vers des obligations de travaux à moyen terme.

La répartition par étiquette montre une concentration marquée sur la classe C (2607 logements, soit plus de 42 % du total analysé), suivie par la classe D (1493 logements). Les étiquettes extrêmes sont moins représentées : 391 logements en A et seulement 39 en G. Cette structure suggère un parc globalement dans la moyenne, avec un socle non négligeable de logements à rénover, sans concentration massive de biens en très mauvais état énergétique à l'échelle départementale.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Roquefort-de-Sault7457.1 %
67
2Belcaire13646.2 %
59
3Espezel7342.9 %
58
4Les Brunels5240 %
51
5Mouthoumet6233.3 %
49
6Carcassonne1 006262.6 %
39
7Narbonne1 049222.1 %
38
8Montfort-sur-Boulzane9222.2 %
37
9Axat12216.7 %
35
10Pradelles-Cabardès5120 %
34
11Antugnac5120 %
34
12Paziols9222.2 %
31
13Caunes-Minervois21419 %
29
14Cailhau7114.3 %
27
15Lagrasse9111.1 %
26
16Lacombe5120 %
26
17Belvianes-et-Cavirac5120 %
26
18Pezens12216.7 %
25
19Espéraza17211.8 %
24
20Roquefeuil7114.3 %
24

Lecture du classement

Le classement des communes au plus fort potentiel révèle deux profils distincts. D'un côté, des communes rurales de faible volume comme Roquefort-de-Sault (7 logements analysés, 57,1 % de passoires F/G, indice 67/100), Belcaire (13 logements, 46,2 %, indice 59/100) ou Espezel (7 logements, 42,9 %, indice 58/100) affichent des taux de passoires très élevés, mais sur des bases de logements analysés réduites, ce qui limite le volume absolu d'opportunités tout en offrant un ciblage très précis.

De l'autre côté, Carcassonne et Narbonne se distinguent par des volumes analysés nettement supérieurs (respectivement 1006 et 1049 logements), avec des taux de passoires plus faibles (2,6 % et 2,1 %) mais des indices de potentiel encore notables (39/100 et 38/100). Ces deux communes concentrent en valeur absolue davantage de passoires thermiques (26 et 22) que l'ensemble des petites communes rurales listées, ce qui en fait des zones de prospection à privilégier pour un volume d'activité soutenu, tandis que les communes rurales à fort taux offrent un potentiel de conversion plus concentré.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données invitent à une double stratégie de prospection sur le territoire de l'Aude, combinant volume et concentration selon le type de commune ciblée.

  • Prioriser Carcassonne et Narbonne pour un travail de prospection à volume, en raison du nombre élevé de logements F/G identifiés en valeur absolue.
  • Cibler les communes rurales à fort taux de passoires (Roquefort-de-Sault, Belcaire, Espezel) pour des actions de prospection ciblées et personnalisées, adaptées à un tissu de propriétaires restreint mais fortement concerné.
  • Intégrer la classe D dans une veille à moyen terme, compte tenu de sa part importante (1493 logements) dans le parc énergivore élargi, pour anticiper de futures obligations de travaux.
  • Adapter le discours commercial selon le profil de commune : argumentaire sur la décote et l'urgence réglementaire en zone urbaine à fort volume, argumentaire sur la rareté du bien et les travaux nécessaires en zone rurale à fort taux.
  • Utiliser l'indice de potentiel comme critère de hiérarchisation des relances, en complément du taux de passoires et du volume de logements analysés.

En résumé

Le territoire de l'Aude présente un parc de logements globalement structuré autour des classes intermédiaires, avec une minorité de passoires thermiques mais une part significative de logements énergivores au sens large. Le classement des communes met en évidence des opportunités de nature différente selon que l'on privilégie le volume, incarné par Carcassonne et Narbonne, ou la concentration, illustrée par plusieurs communes rurales à faible nombre de logements mais à taux de passoires élevé. Une approche différenciée selon ces profils permet d'optimiser l'effort de prospection sur ce territoire.