Sur 16 000 logements analysés dans le département 67 (Bas-Rhin) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 1 666 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 10.4 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, en le classant sur une échelle de A (performant) à G (peu performant). Cette étiquette, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, est devenue un indicateur central dans l'évaluation d'un bien et dans la décision des propriétaires de vendre ou non.
Les étiquettes F et G, dites passoires thermiques, sont directement concernées par les échéances de la loi Climat et Résilience, qui restreint progressivement la mise en location de ces biens. Pour un agent immobilier, ces logements représentent des propriétaires potentiellement plus enclins à vendre plutôt qu'à engager des travaux de rénovation coûteux, ou à négocier une décote liée à l'étiquette énergétique. Le Bas-Rhin, avec 16 000 logements analysés répartis sur 305 communes, constitue un territoire d'observation large permettant d'identifier ces situations à l'échelle communale.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 16 000 logements analysés dans le Bas-Rhin, 1 666 sont classés F ou G, soit 10,4 % du parc étudié. Ce chiffre, s'il reste minoritaire, désigne un volume significatif de biens directement exposés aux contraintes réglementaires sur les passoires thermiques. Plus largement, la moitié du parc analysé (52 %, soit 8 317 logements) se situe en étiquette D ou moins performante, ce qui traduit une proportion importante de biens dont la performance énergétique pourra devenir un sujet de négociation ou de travaux à moyen terme.
La répartition détaillée par étiquette montre une concentration marquée sur la classe C (6 296 logements), suivie de la classe D (4 598 logements). Les étiquettes extrêmes sont nettement moins représentées : seulement 274 logements en A et 545 en G. Cette structure indique un parc globalement situé dans les classes intermédiaires, avec une minorité de biens très performants et une minorité de biens très dégradés, ces derniers concentrant néanmoins l'essentiel de l'enjeu réglementaire et commercial pour les agents.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Rottelsheim | 5 | 4 | 80 % | 66 |
| 2 | Ranrupt | 13 | 9 | 69.2 % | 62 |
| 3 | Neuviller-la-Roche | 5 | 3 | 60 % | 58 |
| 4 | Thal-Marmoutier | 5 | 3 | 60 % | 58 |
| 5 | Le Hohwald | 12 | 7 | 58.3 % | 57 |
| 6 | Eschbach | 8 | 5 | 62.5 % | 57 |
| 7 | Saint-Nabor | 5 | 3 | 60 % | 54 |
| 8 | Wimmenau | 7 | 4 | 57.1 % | 53 |
| 9 | La Petite-Pierre | 12 | 6 | 50 % | 50 |
| 10 | Zinswiller | 7 | 4 | 57.1 % | 50 |
| 11 | Petersbach | 8 | 4 | 50 % | 49 |
| 12 | Grendelbruch | 9 | 4 | 44.4 % | 48 |
| 13 | Strasbourg | 6 500 | 462 | 7.1 % | 45 |
| 14 | Colroy-la-Roche | 5 | 2 | 40 % | 45 |
| 15 | Schirmeck | 26 | 11 | 42.3 % | 44 |
| 16 | Lembach | 21 | 8 | 38.1 % | 44 |
| 17 | Balbronn | 8 | 4 | 50 % | 44 |
| 18 | Herbitzheim | 8 | 4 | 50 % | 44 |
| 19 | Wingen-sur-Moder | 13 | 5 | 38.5 % | 43 |
| 20 | Rosenwiller | 8 | 3 | 37.5 % | 43 |
Lecture du classement
Les communes au plus fort potentiel identifiées se caractérisent toutes par des volumes de logements analysés restreints, allant de 5 à 13 biens, mais par des parts de passoires thermiques élevées, comprises entre 57,1 % et 80 %. Rottelsheim se distingue avec l'indice le plus élevé (66/100), porté par une part de passoires F/G de 80 % sur seulement 5 logements analysés. Ranrupt suit avec un indice de 62/100 pour 13 logements analysés, dont 9 en F/G, ce qui en fait la commune combinant le plus grand volume de passoires thermiques parmi celles listées.
Les autres communes du classement (Neuviller-la-Roche, Thal-Marmoutier, Le Hohwald, Eschbach, Saint-Nabor, Wimmenau) présentent des indices compris entre 53 et 58/100, avec des parts de passoires F/G oscillant entre 57,1 % et 62,5 %. Ce qui distingue ces communes n'est donc pas un volume important de logements concernés, mais une concentration proportionnellement forte de passoires thermiques au sein d'un parc local restreint, ce qui en fait des zones où chaque bien identifié représente une opportunité de prospection ciblée plutôt que des marchés de volume.
Ce que cela implique pour votre prospection
Pour un agent immobilier prospectant sur le Bas-Rhin, ces données invitent à combiner une approche de volume, centrée sur les classes D à G qui concernent plus de la moitié du parc analysé, et une approche ciblée sur les communes à forte concentration de passoires thermiques, où le nombre de biens est restreint mais l'indice de potentiel élevé.
- Prioriser un contact direct avec les propriétaires de logements F et G dans les communes en tête du classement, où la part de passoires dépasse 57 %.
- Adapter le discours de prospection sur les enjeux réglementaires liés aux passoires thermiques, en s'appuyant sur les échéances de restriction de mise en location.
- Ne pas négliger le stock plus large des logements D et E, qui représentent une part importante du parc et pourraient anticiper une future obligation ou décote.
- Tenir compte du faible volume de logements analysés dans certaines communes (5 à 13 biens) pour calibrer un effort de prospection proportionné, sans surestimer le marché local.
- Utiliser l'indice de potentiel comme critère de hiérarchisation entre communes, en complément de la part de passoires thermiques et du nombre de logements concernés.
En résumé
Le Bas-Rhin présente un parc de logements où les passoires thermiques restent minoritaires en proportion globale mais concentrent un enjeu réglementaire et commercial notable, renforcé par une majorité de biens classés D ou moins performants. Les communes au plus fort potentiel identifiées, bien que limitées en volume, offrent des taux de concentration en F/G élevés qui en font des cibles de prospection pertinentes pour les agents attentifs à ces indicateurs.


