Sur 10 253 logements analysés dans le département 14 (Calvados) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 1 493 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 14.6 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement, et le classe selon une échelle allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Cette étiquette est devenue un élément central de la transaction immobilière depuis l'entrée en vigueur de la loi Climat et Résilience, qui encadre progressivement la mise en location des logements F et G. Pour un agent immobilier, cette évolution réglementaire transforme le DPE en indicateur de comportement : les propriétaires de passoires thermiques sont confrontés à un choix entre engager des travaux de rénovation coûteux ou vendre leur bien, souvent avec une décote liée à son étiquette.

Le Calvados, avec 10253 logements analysés répartis sur 267 communes, constitue un territoire suffisamment large pour observer des écarts significatifs entre communes en matière de qualité énergétique du parc résidentiel. Cette hétérogénéité permet d'identifier des zones où la pression à la vente liée au DPE est susceptible d'être plus forte, et donc de prioriser l'activité de prospection.

Chiffres clés

10 253
Logements analysés (DPE)
1 493 (14.6 %)
Passoires thermiques (F ou G)
7 032 (68.6 %)
Logements énergivores (D à G)
267
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
212 (2.1 %)
B
351 (3.4 %)
C
2 658 (25.9 %)
D
3 586 (35 %)
E
1 953 (19 %)
F
925 (9 %)
G
568 (5.5 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 10253 logements analysés dans le Calvados, 1493 sont classés F ou G, soit 14.6 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques désigne une part significative de logements potentiellement concernés par les restrictions de mise en location prévues par la loi Climat et Résilience. Plus largement, 68.6 % des logements analysés se situent en étiquette D ou en dessous, ce qui traduit un parc globalement énergivore sur ce territoire.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : la classe D domine avec 3586 logements, suivie par la classe C (2658) et la classe E (1953). Les étiquettes F (925) et G (568) restent minoritaires en volume absolu mais concentrent l'essentiel de l'enjeu réglementaire. À l'inverse, les classes A (212) et B (351) restent marginales, ce qui indique que les logements très performants demeurent peu nombreux au sein du parc analysé.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Culey-le-Patry5480 %
70
2Beaumont-en-Auge8675 %
67
3Pierrepont5480 %
66
4Longvillers5360 %
58
5Ouilly-le-Tesson5360 %
58
6Villers-Canivet8562.5 %
57
7Rubercy7457.1 %
56
8Grainville-Langannerie6466.7 %
55
9Caen2 25323210.3 %
50
10Le Vey5360 %
50
11Genneville5360 %
50
12Crouay5360 %
50
13Géfosse-Fontenay8450 %
49
14Valdallière432046.5 %
46
15Saint-Martin-de-Mailloc13646.2 %
46
16Hérouvillette13646.2 %
46
17Épaney5240 %
45
18Courtonne-les-Deux-Églises5240 %
45
19Ellon5240 %
45
20Audrieu8337.5 %
44

Lecture du classement

Les communes identifiées comme présentant le plus fort potentiel se caractérisent par des volumes de logements analysés restreints, entre 5 et 8 biens, mais par des parts de passoires thermiques élevées, comprises entre 57.1 % et 80 %. Culey-le-Patry et Pierrepont affichent le taux le plus élevé avec 80 % de logements F/G, sur des bases respectives de 5 logements analysés dont 4 passoires. Beaumont-en-Auge, avec 8 logements analysés et 6 passoires (75 %), présente un volume légèrement supérieur tout en conservant un indice élevé de 67/100.

Les autres communes du classement, Longvillers, Ouilly-le-Tesson, Villers-Canivet, Rubercy et Grainville-Langannerie, présentent des parts de passoires allant de 57.1 % à 66.7 % pour des indices compris entre 55 et 58/100. Ce qui distingue les communes en tête de classement n'est donc pas le volume de logements analysés, structurellement faible sur l'ensemble de cette liste, mais la concentration relative de passoires thermiques au sein d'un petit nombre de biens, ce qui traduit un potentiel de prospection ciblé plutôt qu'un gisement de volume.

Ce que cela implique pour votre prospection

Les données du Calvados suggèrent une double approche de prospection : une approche de volume sur les catégories D et E qui concentrent la majorité du parc, et une approche ciblée sur les communes à indice de potentiel élevé malgré leur faible nombre de logements analysés. Cette dualité impose d'adapter la méthode commerciale selon le contexte communal.

  • Prioriser un premier contact avec les propriétaires de logements F et G dans les communes à indice élevé (Culey-le-Patry, Beaumont-en-Auge, Pierrepont) où la part de passoires dépasse 60 %.
  • Préparer un argumentaire de vente adapté aux propriétaires de passoires thermiques, intégrant la question des travaux de rénovation et l'impact de la loi Climat et Résilience sur la mise en location.
  • Ne pas négliger les communes à volume plus élevé de logements D et E, qui représentent l'essentiel du parc du territoire et constituent un vivier plus large de futurs vendeurs.
  • Croiser les données DPE avec les informations DVF pour identifier les propriétaires les plus susceptibles de vendre à court terme.
  • Suivre l'évolution des taux de passoires par commune afin d'ajuster les priorités de prospection au fil du temps.

En résumé

Le Calvados présente un parc de logements majoritairement énergivore, avec une part notable de passoires thermiques concentrées dans certaines communes à faible volume mais à fort indice de potentiel. Cette configuration invite les agents immobiliers à combiner une prospection de masse sur les classes D et E, largement représentées sur le territoire, avec une approche ciblée sur les communes où la proportion de logements F et G est la plus marquée.