Sur 1 697 logements analysés dans le département 15 (Cantal) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 537 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 31.6 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Cette classification, devenue un critère central de la transaction immobilière, sert désormais de référence pour situer un bien sur le marché et anticiper les contraintes réglementaires qui pèsent sur les logements les moins performants.

La loi Climat et Résilience restreint progressivement la mise en location des étiquettes F et G, ce qui pousse une partie des propriétaires bailleurs vers l'arbitrage entre travaux de rénovation lourds et vente du bien. Pour un agent immobilier, ces logements représentent donc un vivier de vendeurs potentiels à moyen terme. Le Cantal, avec 1697 logements analysés répartis sur 70 communes, constitue un territoire rural où cette dynamique mérite d'être objectivée commune par commune.

Chiffres clés

1 697
Logements analysés (DPE)
537 (31.6 %)
Passoires thermiques (F ou G)
1 448 (85.3 %)
Logements énergivores (D à G)
70
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
17 (1 %)
B
24 (1.4 %)
C
208 (12.3 %)
D
473 (27.9 %)
E
438 (25.8 %)
F
268 (15.8 %)
G
269 (15.9 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur l'ensemble du parc analysé dans le Cantal, 537 logements sont classés F ou G, soit 31,6 % du total. Ce niveau signifie qu'un logement sur trois environ appartient à la catégorie des passoires thermiques, un segment directement concerné par les restrictions locatives à venir. Plus largement, 1448 logements, soit 85,3 % du parc analysé, se situent en étiquette D ou au-delà, ce qui indique un parc majoritairement énergivore.

La répartition détaillée par étiquette confirme ce constat : les classes A et B ne rassemblent que 41 logements (17 en A, 24 en B), une part marginale du total, tandis que les classes D et E concentrent l'essentiel du parc avec respectivement 473 et 438 logements. Les étiquettes F (268) et G (269) sont quasiment équivalentes en volume, ce qui indique que la dégradation thermique du parc cantalien ne se limite pas à une frange résiduelle mais touche une part structurelle du bâti local.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Talizat55100 %
70
2Thiézac55100 %
70
3Ally9888.9 %
65
4Trizac7685.7 %
60
5Cros-de-Montvert5480 %
60
6Salers7571.4 %
56
7Aurillac4897816 %
54
8Val d'Arcomie12866.7 %
54
9Marcenat6466.7 %
54
10Saint-Paul-des-Landes6466.7 %
50
11Allanche12866.7 %
49
12Menet8562.5 %
49
13Polminhac8562.5 %
49
14Junhac7457.1 %
49
15Condat15853.3 %
48
16Montsalvy9555.6 %
48
17Chaudes-Aigues16956.3 %
47
18Roffiac5360 %
46
19Leynhac6350 %
45
20Antignac6350 %
45

Lecture du classement

Les communes en tête du classement se distinguent par des taux de passoires thermiques très élevés, atteignant 100 % à Talizat et Thiézac, mais sur des volumes réduits de 5 logements analysés chacune. Ally, avec 8 passoires sur 9 logements (88,9 %), Trizac (85,7 % sur 7 logements) et Cros-de-Montvert (80 % sur 5 logements) suivent une logique similaire : des marchés de petite taille où la quasi-totalité du parc analysé relève des étiquettes F ou G, ce qui se traduit par un indice de potentiel élevé (60 à 70/100) malgré un nombre absolu de biens limité.

Aurillac se différencie nettement par son volume : 489 logements analysés, soit un marché sans commune mesure avec les autres communes listées, pour une part de passoires plus modérée de 16 %, correspondant à 78 logements F/G en valeur absolue. Cette combinaison d'un grand nombre de biens concernés et d'un marché actif explique un indice de potentiel de 54/100, comparable à celui de Val d'Arcomie (66,7 % sur 12 logements analysés) mais reposant sur une logique inverse, celle du volume plutôt que de la concentration.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données permettent à un agent immobilier de hiérarchiser sa prospection sur le territoire cantalien en fonction de deux logiques complémentaires : la concentration de passoires thermiques dans les petites communes rurales, et le volume disponible dans les marchés plus actifs comme Aurillac. L'exploitation combinée de ces deux approches permet d'optimiser le temps de prospection et d'adapter le discours commercial à chaque profil de vendeur potentiel.

  • Prioriser un contact direct avec les propriétaires des communes à taux de passoires très élevé (Talizat, Thiézac, Ally, Trizac, Cros-de-Montvert), où la quasi-totalité du parc analysé est concernée par les contraintes réglementaires à venir.
  • Ne pas négliger Aurillac, dont le volume de 78 passoires thermiques offre un gisement de prospects plus large malgré une part relative plus faible.
  • Adapter l'argumentaire commercial en mettant en avant la décote liée à l'étiquette énergétique et le coût des travaux de rénovation comme motivation à la vente plutôt qu'à la mise en location.
  • Suivre Val d'Arcomie et Salers, qui combinent des taux de passoires élevés (66,7 % et 71,4 %) et un indice de potentiel significatif, pour une prospection ciblée sur des marchés de taille intermédiaire.
  • Segmenter la communication selon la taille du marché : approche individualisée sur les petites communes à fort taux, approche volumique et outillée sur Aurillac.

En résumé

Le Cantal présente un parc de logements globalement énergivore, avec une part significative de passoires thermiques réparties de manière inégale selon les communes. Cette hétérogénéité, entre petits marchés ruraux à taux de concentration très élevé et marché urbain d'Aurillac offrant un volume important, dessine deux approches de prospection complémentaires pour les agents immobiliers actifs sur ce territoire.