Sur 4 929 logements analysés dans le département 16 (Charente) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 579 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 11.7 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, sur une échelle de A (logement performant) à G (logement énergivore, dit « passoire thermique »). Cette étiquette, obligatoire lors de toute vente ou location, est devenue une donnée centrale du marché immobilier depuis l'entrée en vigueur de la loi Climat et Résilience, qui organise un calendrier de restrictions progressives à la location pour les biens classés F et G.

Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G constituent un signal de prospection à part entière : elles indiquent des propriétaires susceptibles d'être confrontés à une obligation de travaux, à une décote de valeur à la revente, ou à une mise en location compromise. Ces situations créent une motivation à vendre ou à engager une transaction avant que la contrainte réglementaire ne s'impose. Le territoire de la Charente, avec 4929 logements analysés répartis sur 190 communes, offre ici une base d'observation permettant d'identifier où se concentre ce potentiel.

Chiffres clés

4 929
Logements analysés (DPE)
579 (11.7 %)
Passoires thermiques (F ou G)
3 103 (63 %)
Logements énergivores (D à G)
190
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
129 (2.6 %)
B
219 (4.4 %)
C
1 478 (30 %)
D
1 725 (35 %)
E
799 (16.2 %)
F
424 (8.6 %)
G
155 (3.1 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 4929 logements analysés en Charente, 579 sont classés F ou G, soit 11.7 % du parc étudié. Ce chiffre situe une part significative mais minoritaire de logements directement concernés par les restrictions les plus fortes. La proportion de logements énergivores au sens large, c'est-à-dire cumulant les étiquettes D à G, atteint en revanche 63 % du parc analysé, ce qui indique qu'une majorité des biens observés se situe dans la moitié inférieure de l'échelle de performance énergétique.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : la classe D concentre à elle seule 1725 logements, suivie par la classe C avec 1478 logements, puis la classe E avec 799 logements. Les étiquettes F (424) et G (155) restent numériquement moins nombreuses que les classes intermédiaires, mais leur addition représente néanmoins près de 12 % du total. Les classes les plus performantes, A (129) et B (219), demeurent minoritaires dans l'ensemble du parc analysé.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Montemb uf7571.4 %
67
2Saint-Quentin-de-Chalais6466.7 %
67
3Ansac-sur-Vienne9555.6 %
57
4Saint-Cybardeaux8562.5 %
56
5Pillac8450 %
53
6Abzac6350 %
52
7Le Grand-Madieu6350 %
49
8Angoulême1 027747.2 %
47
9Chirac7342.9 %
47
10Saint-Ciers-sur-Bonnieure7342.9 %
47
11Aubeterre-sur-Dronne12541.7 %
45
12Lignières-Ambleville11436.4 %
44
13Saint-Maurice-des-Lions10440 %
44
14Roussines8337.5 %
44
15Bors (Canton de Tude-et-Lavalette)5240 %
44
16Val-de-Bonnieure7342.9 %
42
17Saint-Laurent-de-Céris19631.6 %
41
18Cellefrouin8337.5 %
41
19Londigny7228.6 %
40
20Condéon6233.3 %
40

Lecture du classement

Le classement des communes au plus fort potentiel met en évidence deux profils distincts. D'un côté, des communes de petite taille comme Montembœuf (7 logements analysés, 5 passoires F/G, soit 71.4 %) ou Saint-Quentin-de-Chalais (6 logements, 4 passoires, 66.7 %) affichent des parts de passoires thermiques très élevées, portées par des indices de potentiel parmi les plus hauts du classement (67/100 pour ces deux communes). Ces taux élevés s'expliquent mécaniquement par de faibles volumes de logements analysés, où chaque bien pèse fortement dans le pourcentage.

À l'inverse, Angoulême se distingue par un volume nettement supérieur, avec 1027 logements analysés et 74 passoires F/G, soit une part de 7.2 %, inférieure à la moyenne du territoire. Son indice de potentiel, 47/100, reste néanmoins présent dans cette sélection de communes prioritaires, ce qui traduit un volume absolu de biens concernés suffisamment important pour représenter une opportunité de prospection, même si la proportion relative de passoires y est plus faible que dans les communes rurales du classement.

Ce que cela implique pour votre prospection

Cette double lecture, entre communes à forte proportion de passoires et communes à fort volume, appelle des approches de prospection différenciées selon la taille et le profil du marché local.

  • Prioriser un contact ciblé et personnalisé dans les communes à faible volume mais à taux de passoires élevé, comme Montembœuf, Saint-Quentin-de-Chalais ou Saint-Cybardeaux, où chaque propriétaire concerné représente une part significative du marché local.
  • Construire une approche de volume sur Angoulême, où le nombre absolu de 74 logements F/G justifie une campagne de prospection plus large et structurée.
  • Adapter le discours commercial à la contrainte réglementaire liée aux étiquettes F et G, en mettant en avant l'anticipation des obligations de travaux ou de mise en conformité avant la revente ou la location.
  • Surveiller les communes intermédiaires du classement, comme Ansac-sur-Vienne, Pillac, Abzac ou Le Grand-Madieu, qui combinent indices de potentiel élevés et volumes modérés, propices à une prospection de proximité.
  • Utiliser la répartition par étiquette du territoire pour situer chaque bien identifié dans son contexte local et argumenter sur la base de données objectives lors des premiers échanges avec les propriétaires.

En résumé

Le territoire charentais présente un parc de logements majoritairement classé dans les étiquettes intermédiaires à énergivores, avec une part de passoires thermiques concentrée de façon variable selon les communes. Cette hétérogénéité, entre petites communes à taux élevé et pôle urbain à fort volume, dessine deux leviers de prospection complémentaires pour les agents immobiliers actifs sur ce marché.