Sur 4 478 logements analysés dans le département 18 (Cher) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 709 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 15.8 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Cette classification, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, est devenue un critère central dans la valorisation d'un bien immobilier, au même titre que la surface ou la localisation.
Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G revêtent une importance particulière depuis l'entrée en application progressive de la loi Climat et Résilience, qui restreint la mise en location des logements les plus énergivores. Cette contrainte réglementaire crée une pression sur les propriétaires concernés : décote à la revente, nécessité d'engager des travaux de rénovation, ou arbitrage en faveur d'une vente plutôt que d'une mise aux normes coûteuse. Le Cher, avec ses 149 communes couvertes et 4478 logements analysés, constitue un territoire où cette dynamique peut être objectivée à l'échelle communale.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 4478 logements analysés dans le Cher, 709 sont classés F ou G, soit 15.8 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques signale une part significative de logements potentiellement concernés par les restrictions locatives à venir. Plus largement, 3125 logements, soit 69.8 %, se situent dans les classes D à G, ce qui indique qu'une majorité du parc analysé présente une performance énergétique moyenne à faible.
La répartition par étiquette confirme cette lecture : les classes A et B, les plus performantes, ne rassemblent que 219 logements (48 + 171) sur les 4478 recensés, tandis que la classe D concentre à elle seule 1611 logements, soit la part la plus importante de l'échantillon. Les classes F et G réunissent respectivement 492 et 217 logements. Cette structure dessine un parc où les biens les plus performants restent minoritaires et où les enjeux de rénovation énergétique concernent une part substantielle des logements recensés.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Lury-sur-Arnon | 5 | 4 | 80 % | 66 |
| 2 | Argent-sur-Sauldre | 26 | 16 | 61.5 % | 58 |
| 3 | Veaugues | 5 | 3 | 60 % | 58 |
| 4 | Assigny | 5 | 3 | 60 % | 58 |
| 5 | Azy | 7 | 4 | 57.1 % | 56 |
| 6 | Augy-sur-Aubois | 5 | 3 | 60 % | 54 |
| 7 | Neuilly-en-Dun | 5 | 3 | 60 % | 54 |
| 8 | Saint-Just | 5 | 3 | 60 % | 54 |
| 9 | Épineuil-le-Fleuriel | 5 | 3 | 60 % | 54 |
| 10 | Avord | 85 | 45 | 52.9 % | 53 |
| 11 | Ménétréol-sous-Sancerre | 7 | 4 | 57.1 % | 53 |
| 12 | Saint-Hilaire-en-Lignières | 6 | 3 | 50 % | 51 |
| 13 | Saint-Maur | 9 | 5 | 55.6 % | 50 |
| 14 | Bourges | 1 266 | 109 | 8.6 % | 49 |
| 15 | Montigny | 10 | 5 | 50 % | 49 |
| 16 | Charenton-du-Cher | 19 | 9 | 47.4 % | 47 |
| 17 | Vallenay | 11 | 5 | 45.5 % | 47 |
| 18 | Charentonnay | 5 | 2 | 40 % | 45 |
| 19 | Neuvy-Deux-Clochers | 7 | 3 | 42.9 % | 44 |
| 20 | Oizon | 14 | 5 | 35.7 % | 43 |
Lecture du classement
Lury-sur-Arnon se distingue avec un indice de 66/100 et une part de passoires thermiques atteignant 80 % (4 logements sur 5 analysés), ce qui en fait la commune au potentiel le plus marqué du classement. Argent-sur-Sauldre suit avec un indice de 58/100, mais se différencie par un volume plus important : 26 logements analysés, dont 16 en F ou G (61.5 %), ce qui représente un gisement de prospection plus conséquent en nombre absolu que les communes suivantes.
Les autres communes listées - Veaugues, Assigny, Azy, Augy-sur-Aubois, Neuilly-en-Dun et Saint-Just - présentent des indices compris entre 54 et 58/100, avec des parts de passoires oscillant entre 57.1 % et 60 %, mais sur des volumes analysés très restreints, généralement 5 à 7 logements. Ce qui distingue ces communes n'est donc pas tant le nombre de biens concernés que la concentration proportionnelle de passoires thermiques au sein d'un échantillon réduit, ce qui appelle une prospection ciblée plutôt qu'un travail de masse.
Ce que cela implique pour votre prospection
Ces données permettent à un agent immobilier de prioriser ses actions de prospection selon deux logiques complémentaires : le volume de biens potentiellement concernés et la concentration relative de passoires thermiques. Le Cher présente un profil où certaines communes offrent un vivier plus large, tandis que d'autres, plus petites, affichent une proportion de passoires très élevée.
- Concentrer un premier effort de prospection sur Argent-sur-Sauldre, qui combine un volume de logements analysés plus élevé et une part de passoires thermiques significative (61.5 %).
- Ne pas négliger les communes à faible volume comme Lury-sur-Arnon, où la part de passoires atteint 80 %, en adaptant l'approche à un nombre restreint de propriétaires ciblés.
- Utiliser l'argument de la loi Climat et Résilience pour engager le dialogue avec les propriétaires de biens classés F ou G, en particulier dans les communes où cette part dépasse 60 %.
- Segmenter les messages de prospection selon la classe énergétique du bien, en distinguant les propriétaires de logements D (majoritaires dans le parc) de ceux détenant des passoires F ou G, dont la motivation à vendre peut être plus immédiate.
- Suivre l'évolution de la répartition des étiquettes sur ces communes pour identifier les zones où le parc énergivore reste dominant et ajuster les priorités de prospection dans le temps.
En résumé
Le Cher présente un parc de logements où les classes énergétiques intermédiaires et faibles dominent largement, avec une part notable de passoires thermiques concentrée sur certaines communes. Cette répartition offre à l'agent immobilier des repères concrets pour orienter sa prospection, en combinant approche volumique sur les communes les plus peuplées et approche ciblée sur les communes à forte proportion de logements F ou G.


