Sur 3 397 logements analysés dans le département 19 (Corrèze) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 746 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 22 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement ainsi que son impact en émissions de gaz à effet de serre, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Cette étiquette, désormais opposable, constitue un indicateur central pour qualifier l'état énergétique d'un bien et anticiper son évolution réglementaire et commerciale.

Les logements classés F ou G sont directement concernés par les dispositions de la loi Climat et Résilience, qui encadre progressivement leur mise en location puis leur mise sur le marché. Pour un agent immobilier, cette classification représente un signal de vente : les propriétaires de passoires thermiques sont confrontés à une décote potentielle de leur bien, à l'obligation de réaliser des travaux de rénovation coûteux, ou à l'impossibilité de louer leur logement. Ces contraintes constituent autant de motivations à céder le bien plutôt qu'à engager des travaux lourds. La Corrèze, avec 3397 logements analysés répartis sur 124 communes, offre un territoire d'observation pour identifier ces situations.

Chiffres clés

3 397
Logements analysés (DPE)
746 (22 %)
Passoires thermiques (F ou G)
2 388 (70.3 %)
Logements énergivores (D à G)
124
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
55 (1.6 %)
B
153 (4.5 %)
C
801 (23.6 %)
D
991 (29.2 %)
E
651 (19.2 %)
F
387 (11.4 %)
G
359 (10.6 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 3397 logements analysés en Corrèze, 746 sont classés F ou G, soit 22 % du parc étudié. Ce chiffre situe une part significative de logements directement exposés aux contraintes réglementaires liées aux passoires thermiques. Plus largement, 2388 logements, soit 70,3 % du total, appartiennent à la catégorie D à G, ce qui indique qu'une majorité du parc analysé présente une performance énergétique moyenne à faible.

La répartition par étiquette confirme cette tendance : les classes D (991 logements) et E (651 logements) concentrent le plus grand nombre de biens, devant les étiquettes F (387) et G (359). À l'inverse, les logements les mieux classés restent minoritaires, avec seulement 55 logements en A et 153 en B. La classe C, avec 801 logements, constitue la catégorie intermédiaire la plus représentée après le D. Cette structure dessine un parc immobilier corrézien majoritairement composé de logements anciens ou peu rénovés, offrant un vivier de prospection étendu pour les biens susceptibles d'entrer dans une dynamique de vente liée à leur étiquette énergétique.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Lacelle5480 %
70
2Clergoux9777.8 %
69
3Goulles5480 %
66
4Saint-Martin-la-Méanne7571.4 %
65
5Saint-Hilaire-les-Courbes10770 %
64
6Treignac241666.7 %
62
7Combressol7571.4 %
62
8Marcillac-la-Croisille6466.7 %
62
9Lagarde-Marc-la-Tour6466.7 %
62
10Ségur-le-Château6466.7 %
62
11Servières-le-Château10660 %
58
12Margerides5360 %
58
13Collonges-la-Rouge5360 %
58
14Neuville5360 %
58
15Vitrac-sur-Montane5360 %
58
16Champagnac-la-Noaille5360 %
58
17Saint-Sornin-Lavolps7457.1 %
56
18Saint-Augustin7457.1 %
56
19Sérandon9555.6 %
55
20Moustier-Ventadour5360 %
54

Lecture du classement

Parmi les communes au plus fort potentiel, Lacelle et Goulles se distinguent par une part de passoires F/G atteignant 80 %, la plus élevée du classement, mais sur des volumes réduits de 5 logements analysés chacune. Clergoux et Saint-Hilaire-les-Courbes suivent avec des parts proches de 70-78 % sur des échantillons également limités (9 et 10 logements). Ces communes affichent les indices les plus élevés (70, 69, 66 et 64 sur 100), traduisant une concentration importante de biens énergivores rapportée à leur taille.

Treignac se différencie par un volume plus conséquent, avec 24 logements analysés dont 16 passoires F/G (66,7 %), ce qui en fait la commune combinant le plus grand nombre de biens concernés et une part élevée de passoires, avec un indice de 62/100. Saint-Martin-la-Méanne, Combressol et Marcillac-la-Croisille complètent ce groupe avec des parts de passoires comprises entre 66,7 % et 71,4 % sur des volumes de 6 à 7 logements. Ce classement met ainsi en évidence deux profils de communes à potentiel : les petites communes à très forte proportion de passoires mais faible volume, et des communes comme Treignac où le nombre absolu de biens concernés est plus élevé.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données invitent les agents immobiliers actifs en Corrèze à orienter leur prospection en fonction du profil des communes identifiées, en tenant compte à la fois du volume de biens disponibles et de la part de passoires thermiques.

  • Prioriser une prospection ciblée sur Treignac, qui combine un volume de logements analysés plus important et une part significative de passoires F/G.
  • Ne pas négliger les petites communes comme Lacelle, Goulles ou Clergoux, où la part de passoires dépasse 70 %, malgré des volumes plus restreints, pour des actions de prospection individualisées.
  • Adapter le discours commercial auprès des propriétaires de logements F/G en s'appuyant sur les contraintes réglementaires liées à la loi Climat et Résilience.
  • Croiser ces données avec les informations de mise en vente locales pour identifier les propriétaires potentiellement motivés par la décote ou le coût des travaux de rénovation énergétique.
  • Suivre l'évolution du classement communal dans le temps pour ajuster les priorités de prospection au fil des mises à jour des diagnostics.

En résumé

Le parc de logements analysé en Corrèze présente une proportion notable de biens énergivores et de passoires thermiques, avec des disparités marquées selon les communes. Cette configuration offre aux agents immobiliers des repères concrets pour orienter leur prospection, en tenant compte à la fois de l'ampleur du phénomène à l'échelle du territoire et des spécificités locales identifiées dans le classement communal.