Sur 1 476 logements analysés dans le département 23 (Creuse) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 583 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 39.5 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, à travers une étiquette allant de A (logement performant) à G (passoire thermique). Cette classification, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, constitue une donnée publique exploitable pour identifier des biens susceptibles d'entrer sur le marché dans les mois ou années à venir.
Les étiquettes F et G revêtent une importance particulière pour les professionnels de l'immobilier depuis l'entrée en application de la loi Climat et Résilience, qui restreint progressivement la mise en location des passoires thermiques et impose des obligations de rénovation. Ces contraintes réglementaires, combinées à la décote de valeur généralement observée sur ces biens et au coût des travaux de rénovation énergétique, constituent des facteurs de motivation à la vente pour de nombreux propriétaires. La Creuse, avec 1476 logements analysés répartis sur 85 communes, offre un terrain d'observation pour mesurer l'ampleur de cette problématique à l'échelle d'un territoire rural.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 1476 logements analysés en Creuse, 583 sont classés F ou G, soit 39,5 % du parc étudié. Ce taux signifie que près de deux logements sur cinq relèvent de la catégorie des passoires thermiques, un niveau qui place une part importante du parc sous le régime des futures restrictions locatives. La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : l'étiquette G rassemble à elle seule 306 logements, devançant même l'étiquette F (277 logements), ce qui indique que parmi les passoires thermiques, une majorité relève de la catégorie la plus dégradée.
Plus largement, les logements énergivores classés D à G totalisent 1271 unités, soit 86,1 % de l'échantillon analysé. Les étiquettes performantes A et B restent marginales, avec respectivement 12 et 29 logements, tandis que la catégorie C, intermédiaire, en compte 164. Cette structure de répartition dessine un parc immobilier globalement ancien ou peu rénové, où les biens réellement performants sur le plan énergétique constituent une minorité par rapport à l'ensemble des logements recensés.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Saint-Yrieix-les-Bois | 6 | 6 | 100 % | 71 |
| 2 | Thauron | 6 | 6 | 100 % | 71 |
| 3 | Crocq | 5 | 5 | 100 % | 71 |
| 4 | Sardent | 8 | 7 | 87.5 % | 65 |
| 5 | Chénérailles | 7 | 6 | 85.7 % | 64 |
| 6 | Royère-de-Vassivière | 5 | 4 | 80 % | 61 |
| 7 | Saint-Yrieix-la-Montagne | 5 | 4 | 80 % | 61 |
| 8 | Mérinchal | 6 | 5 | 83.3 % | 59 |
| 9 | Guéret | 251 | 54 | 21.5 % | 57 |
| 10 | Saint-Pardoux-Morterolles | 7 | 5 | 71.4 % | 57 |
| 11 | Montboucher | 5 | 4 | 80 % | 57 |
| 12 | Lavaufranche | 7 | 5 | 71.4 % | 54 |
| 13 | Mainsat | 6 | 4 | 66.7 % | 54 |
| 14 | Féniers | 6 | 4 | 66.7 % | 54 |
| 15 | Bosmoreau-les-Mines | 6 | 4 | 66.7 % | 54 |
| 16 | Méasnes | 6 | 4 | 66.7 % | 54 |
| 17 | Saint-Dizier-Masbaraud | 14 | 9 | 64.3 % | 52 |
| 18 | Bazelat | 8 | 5 | 62.5 % | 52 |
| 19 | Parsac | 10 | 6 | 60 % | 51 |
| 20 | Lourdoueix-Saint-Pierre | 6 | 4 | 66.7 % | 51 |
Lecture du classement
Trois communes se distinguent par un taux de passoires thermiques de 100 % : Saint-Yrieix-les-Bois et Thauron, chacune avec 6 logements analysés et 6 en F/G, ainsi que Crocq avec 5 logements analysés et 5 en F/G. Ces trois communes affichent le même indice de 71/100, reflet d'une exhaustivité du taux de passoires combinée à des volumes de logements analysés comparables et relativement restreints.
D'autres communes suivent avec des taux élevés mais non absolus : Sardent (87,5 %, indice 65), Chénérailles (85,7 %, indice 64), Mérinchal (83,3 %, indice 59), puis Royère-de-Vassivière et Saint-Yrieix-la-Montagne, toutes deux à 80 % avec un indice de 61. La hiérarchie de l'indice ne repose donc pas uniquement sur le taux de passoires : à taux identique, comme pour Royère-de-Vassivière et Saint-Yrieix-la-Montagne, l'indice reste égal, tandis que des communes à taux légèrement inférieur mais volume différent peuvent se positionner différemment, ce qui suggère que le nombre de logements analysés entre également en compte dans le calcul de cet indice.
Ce que cela implique pour votre prospection
Pour un agent immobilier prospectant en Creuse, ces données invitent à concentrer les efforts sur les communes où la concentration de passoires thermiques est la plus forte, tout en tenant compte du volume de logements disponibles pour prioriser les zones à plus fort potentiel d'activité.
- Cibler en priorité Saint-Yrieix-les-Bois, Thauron et Crocq, où l'intégralité des logements analysés est classée F ou G.
- Adapter le discours commercial auprès des propriétaires de biens F/G en évoquant les obligations issues de la loi Climat et Résilience et leurs conséquences sur la mise en location future.
- Élargir la prospection aux communes à taux élevé mais volume plus important, comme Sardent ou Chénérailles, pour maximiser le nombre de contacts qualifiés.
- Mettre en avant, lors des estimations, l'écart de valeur potentiel lié à l'étiquette énergétique afin de sensibiliser les propriétaires à l'intérêt d'une vente avant travaux.
- Suivre l'évolution de la répartition des étiquettes sur l'ensemble des 85 communes couvertes pour identifier de nouvelles zones d'opportunité au fil des mises à jour de données.
En résumé
Le parc immobilier creusois analysé se caractérise par une proportion significative de logements énergivores et de passoires thermiques, avec des disparités marquées entre communes selon le volume de logements et le taux de F/G observé. Ces éléments constituent une base de travail pour orienter une prospection ciblée, en tenant compte à la fois de l'intensité du phénomène et du nombre de biens concernés sur chaque commune.


