Sur 5 961 logements analysés dans le département 24 (Dordogne) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 702 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 11.8 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performant) à G (peu performant). Cette évaluation est devenue une donnée centrale de la transaction immobilière, car elle conditionne désormais l'usage et la valeur des biens, en particulier pour les étiquettes F et G, qualifiées de passoires thermiques.

La loi Climat et Résilience a introduit un calendrier de restrictions progressives à la location pour ces logements énergivores, ce qui pousse un nombre croissant de propriétaires vers un choix binaire : engager des travaux de rénovation coûteux ou vendre. Pour un agent immobilier, cette contrainte réglementaire constitue un signal de mise en marché potentielle et un levier de négociation, la décote associée aux étiquettes F et G étant un argument désormais intégré dans les discussions de prix. Le territoire de la Dordogne, avec 5961 logements analysés répartis sur 258 communes, offre un terrain d'observation étendu de ce phénomène.

Chiffres clés

5 961
Logements analysés (DPE)
702 (11.8 %)
Passoires thermiques (F ou G)
3 473 (58.3 %)
Logements énergivores (D à G)
258
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
217 (3.6 %)
B
424 (7.1 %)
C
1 847 (31 %)
D
1 886 (31.6 %)
E
885 (14.8 %)
F
528 (8.9 %)
G
174 (2.9 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 5961 logements analysés en Dordogne, 702 sont classés F ou G, soit 11,8 % du parc étudié. Ce chiffre isole les situations les plus critiques, celles où la pression réglementaire et la décote sont les plus fortes. Si l'on élargit le regard aux étiquettes D à G, ce sont 3473 logements, soit 58,3 % du parc analysé, qui présentent une performance énergétique dégradée, ce qui indique qu'une majorité des biens de ce territoire se situe en deçà des standards de performance recherchés.

La répartition par étiquette confirme cette tendance : les catégories D (1886 logements) et C (1847 logements) concentrent l'essentiel du parc, tandis que les étiquettes les plus performantes, A (217) et B (424), restent minoritaires. Les étiquettes F (528) et G (174) viennent compléter ce tableau, dessinant un parc immobilier globalement ancien ou peu rénové, où les opportunités de mandats liés à la question énergétique ne manquent pas.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Vallereuil6466.7 %
70
2Villac7457.1 %
63
3Villetoureix15853.3 %
58
4Saint-Jory-las-Bloux8450 %
58
5Mialet6350 %
58
6Montagrier8450 %
55
7Saint-Léon-sur-Vézère6350 %
54
8Bouzic7342.9 %
52
9La Tour-Blanche-Cercles7342.9 %
52
10Thénac9444.4 %
51
11Saint-Pompon6350 %
51
12Saint-Agne6350 %
51
13Monestier5240 %
50
14Hautefort5240 %
50
15Saint-Germain-du-Salembre9444.4 %
49
16Les Eyzies20840 %
46
17Sourzac14642.9 %
46
18Tursac13646.2 %
46
19Paunat5240 %
46
20Vanxains5240 %
46

Lecture du classement

Les communes au plus fort potentiel identifiées se distinguent par des taux de passoires thermiques nettement supérieurs à la moyenne du territoire, mais sur des volumes de logements analysés restreints. Vallereuil arrive en tête avec un indice de 70/100, porté par 4 passoires sur 6 logements analysés, soit 66,7 %. Villac suit avec un indice de 63/100 et un taux de 57,1 % sur 7 logements.

Villetoureix se démarque par un volume plus conséquent, 15 logements analysés avec 8 passoires, soit 53,3 %, ce qui en fait la commune combinant le mieux masse et concentration de passoires parmi celles listées. Les autres communes du classement, Saint-Jory-las-Bloux, Mialet, Montagrier, Saint-Léon-sur-Vézère et Bouzic, affichent des taux compris entre 42,9 % et 50 %, avec des indices allant de 52 à 58/100, sur des effectifs de 6 à 8 logements. Ces communes de petite taille présentent ainsi un potentiel élevé en proportion, mais un vivier de biens plus limité en nombre absolu que Villetoureix.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données invitent l'agent prospectant en Dordogne à combiner deux approches : cibler les communes à fort taux de passoires pour des actions de prospection qualitative, et ne pas négliger les zones à plus grand volume de logements où le nombre absolu de biens énergivores reste significatif malgré un taux moins élevé.

  • Prioriser un premier contact sur Villetoureix, qui combine un volume de logements analysés plus large et un taux de passoires de 53,3 %.
  • Traiter les communes à taux très élevé mais faible volume, comme Vallereuil ou Villac, avec une approche individualisée compte tenu du nombre restreint de biens concernés.
  • Utiliser l'argument de la loi Climat et Résilience et de la décote associée aux étiquettes F et G comme point d'entrée dans les échanges avec les propriétaires de ces communes.
  • Élargir la veille aux logements classés D et E, qui représentent une part importante du parc analysé et constituent un vivier de futurs vendeurs à moyen terme.
  • Adapter le discours commercial selon le profil de la commune : rénovation énergétique comme levier de valorisation, ou vente rapide comme solution face à la contrainte réglementaire.

En résumé

Le parc immobilier de la Dordogne, tel que révélé par les 5961 logements analysés, présente une part notable de passoires thermiques et une majorité de biens énergivores, ce qui en fait un territoire propice à une prospection ciblée autour de la question du DPE. Les communes identifiées comme les plus prometteuses se distinguent soit par un taux de passoires particulièrement élevé, soit par un volume de biens plus conséquent, deux critères qu'un agent immobilier peut mobiliser conjointement pour orienter ses actions commerciales.