Sur 14 490 logements analysés dans le département 91 (Essonne) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 1 634 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 11.3 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (logement énergivore, dit « passoire thermique »). Cette classification, obligatoire lors de toute vente ou location, est devenue un critère central dans la valorisation d'un bien immobilier, au même titre que la localisation ou la surface.
Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G représentent un signal de prospection particulièrement pertinent. La loi Climat et Résilience restreint progressivement la mise en location des passoires thermiques, ce qui pousse certains propriétaires à anticiper une vente plutôt que d'engager des travaux de rénovation coûteux. Ces logements font par ailleurs l'objet d'une décote sur le marché, ce qui peut inciter leurs propriétaires à réfléchir à leur avenir patrimonial. Le territoire de l'Essonne, avec 14 490 logements analysés répartis sur 159 communes, offre un terrain d'observation étendu pour identifier ces situations.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur l'ensemble du parc analysé en Essonne, 1 634 logements sont classés F ou G, soit 11,3 % du total. Cette proportion, si elle reste minoritaire, représente néanmoins un volume significatif de biens potentiellement concernés par les restrictions locatives à venir et par une dépréciation liée à leur mauvaise performance énergétique. Plus largement, les logements classés D à G, considérés comme énergivores, regroupent 9 150 unités, soit 63,1 % du parc étudié : cette majorité illustre l'ampleur du chantier de rénovation énergétique à l'échelle du département.
La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : les classes D (5 099 logements) et E (2 417 logements) concentrent la majeure partie du parc, loin devant les étiquettes les plus performantes A (139) et B (621). Les classes F (1 079) et G (555) restent minoritaires en valeur absolue mais constituent le socle des situations à fort potentiel de prospection, notamment lorsqu'elles sont concentrées dans certaines communes.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Boigneville | 9 | 5 | 55.6 % | 66 |
| 2 | Moigny-sur-École | 14 | 7 | 50 % | 63 |
| 3 | La Forêt-le-Roi | 5 | 2 | 40 % | 56 |
| 4 | Corbeil-Essonnes | 654 | 97 | 14.8 % | 55 |
| 5 | Buno-Bonnevaux | 10 | 4 | 40 % | 54 |
| 6 | Courson-Monteloup | 14 | 5 | 35.7 % | 51 |
| 7 | Chalo-Saint-Mars | 12 | 4 | 33.3 % | 51 |
| 8 | Palaiseau | 454 | 74 | 16.3 % | 50 |
| 9 | Savigny-sur-Orge | 439 | 70 | 15.9 % | 50 |
| 10 | Étampes | 522 | 60 | 11.5 % | 49 |
| 11 | Montgeron | 256 | 58 | 22.7 % | 47 |
| 12 | Plessis-Saint-Benoist | 6 | 2 | 33.3 % | 47 |
| 13 | Sainte-Geneviève-des-Bois | 426 | 60 | 14.1 % | 45 |
| 14 | Champlan | 24 | 7 | 29.2 % | 45 |
| 15 | Massy | 634 | 38 | 6 % | 44 |
| 16 | Fontenay-le-Vicomte | 16 | 5 | 31.3 % | 44 |
| 17 | Yerres | 335 | 52 | 15.5 % | 43 |
| 18 | Videlles | 10 | 3 | 30 % | 43 |
| 19 | Mondeville | 10 | 3 | 30 % | 43 |
| 20 | Boissy-la-Rivière | 7 | 2 | 28.6 % | 43 |
Lecture du classement
Le classement des communes au plus fort potentiel met en évidence deux profils distincts. D'un côté, des communes de petite taille comme Boigneville (9 logements analysés, 55,6 % de passoires F/G, indice 66/100) ou Moigny-sur-École (14 logements, 50 %, indice 63/100) affichent des parts de passoires thermiques très élevées, mais sur des volumes réduits. Ces situations traduisent une concentration locale de logements énergivores, propice à une prospection ciblée mais limitée en nombre d'opportunités.
De l'autre côté, des communes plus peuplées comme Corbeil-Essonnes (654 logements analysés, 97 passoires F/G, soit 14,8 %, indice 55/100) ou Palaiseau (454 logements, 74 passoires, 16,3 %, indice 50/100) présentent une part de passoires plus modérée, mais un volume de biens concernés bien supérieur. Ce contraste entre taux élevé sur petit volume et taux modéré sur grand volume est déterminant pour un agent immobilier : il oriente le choix entre une prospection de niche ou une prospection de masse.
Ce que cela implique pour votre prospection
Ces données permettent à un agent immobilier de prioriser ses actions de prospection en fonction de la structure de chaque commune. Le choix de la stratégie dépendra du volume de biens disponibles et de la concentration de passoires thermiques, deux critères qui ne recouvrent pas nécessairement les mêmes communes.
- Cibler en priorité les communes à fort volume comme Corbeil-Essonnes et Palaiseau, où le nombre de passoires thermiques offre un vivier de prospects plus large.
- Ne pas négliger les petites communes à taux très élevé (Boigneville, Moigny-sur-École, La Forêt-le-Roi) pour une approche de prospection de proximité, malgré un nombre de biens plus restreint.
- Adapter le discours commercial aux propriétaires de logements F et G en évoquant les contraintes locatives liées à la loi Climat et Résilience comme motivation potentielle à la vente.
- Utiliser la répartition par étiquette pour qualifier l'ensemble du parc D à G, qui représente une part majoritaire des logements et peut nourrir un discours plus large sur la rénovation énergétique.
- Croiser ces indices de potentiel avec une connaissance fine du terrain local afin de vérifier la cohérence des volumes analysés avec la réalité du marché de chaque commune.
En résumé
L'analyse du parc de logements en Essonne révèle un territoire où les logements énergivores occupent une place majoritaire, avec une part de passoires thermiques F et G qui, bien que minoritaire globalement, se concentre de manière contrastée selon les communes. Cette hétérogénéité, entre petites communes à taux élevé et villes à fort volume, constitue une base d'analyse utile pour orienter les efforts de prospection immobilière sur ce territoire.


