Sur 5 048 logements analysés dans le département 28 (Eure-et-Loir) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 714 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 14.1 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Ce document, obligatoire lors de toute vente ou location, est devenu un critère central dans les transactions immobilières, influençant directement la valeur perçue d'un bien et les délais de commercialisation.

Les étiquettes F et G revêtent une importance particulière pour les professionnels de l'immobilier depuis l'entrée en vigueur de la loi Climat et Résilience, qui organise un calendrier d'interdiction progressive de mise en location des logements les plus énergivores. Cette contrainte réglementaire pousse un nombre croissant de propriétaires de passoires thermiques vers une décision : engager des travaux de rénovation coûteux, ou vendre. Pour un agent immobilier, ces logements constituent donc un vivier de mandats potentiels, à condition d'anticiper la démarche commerciale auprès de propriétaires souvent peu informés de leur situation. Le département d'Eure-et-Loir, avec 5048 logements analysés répartis sur 189 communes, offre un terrain d'observation étendu pour identifier ces opportunités.

Chiffres clés

5 048
Logements analysés (DPE)
714 (14.1 %)
Passoires thermiques (F ou G)
3 466 (68.7 %)
Logements énergivores (D à G)
189
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
114 (2.3 %)
B
181 (3.6 %)
C
1 287 (25.5 %)
D
1 862 (36.9 %)
E
890 (17.6 %)
F
485 (9.6 %)
G
229 (4.5 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur l'ensemble du parc analysé en Eure-et-Loir, 714 logements sont classés F ou G, soit 14,1 % du total. Ce chiffre, s'il reste minoritaire, représente un volume non négligeable de biens potentiellement concernés par les restrictions locatives à venir ou déjà en vigueur. Plus significatif encore, 68,7 % des logements analysés se situent en étiquette D ou au-delà, ce qui signale un parc majoritairement composé de biens énergétiquement datés plutôt que performants.

La répartition par étiquette confirme cette lecture : la classe D concentre à elle seule 1862 logements, soit le contingent le plus important, suivie par la classe C avec 1287 logements. Les classes A et B, qui correspondent aux constructions récentes ou rénovées selon les standards les plus exigeants, ne rassemblent ensemble que 295 logements, une proportion réduite face aux 3466 logements classés D à G. Cette structure traduit un parc immobilier ancien dans sa majorité, où les opérations de rénovation énergétique représentent un chantier de fond plutôt qu'une exception.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Coudray-au-Perche6583.3 %
70
2Guainville7457.1 %
55
3Digny7457.1 %
52
4Neuvy-en-Dunois5360 %
52
5Montreuil8450 %
50
6Le Gault-Saint-Denis6350 %
50
7Varize6350 %
50
8Orgères-en-Beauce9555.6 %
49
9Beaumont-les-Autels8450 %
48
10Montigny-le-Chartif5360 %
48
11Chartres637477.4 %
47
12Neuville Saint Denis6350 %
47
13Logron8450 %
45
14Villemaury6350 %
44
15Les Étilleux5240 %
44
16Saint-Bomer5240 %
44
17Argenvilliers5240 %
44
18Mittainvilliers-Vérigny5240 %
44
19Droue-sur-Drouette5240 %
44
20Bailleau-le-Pin16743.8 %
42

Lecture du classement

Les communes identifiées comme présentant le plus fort potentiel se distinguent par des parts de passoires thermiques particulièrement élevées, souvent supérieures à 50 % des logements analysés localement. Coudray-au-Perche se détache avec un indice de 70/100, porté par une part de passoires atteignant 83,3 % sur les 6 logements étudiés. Ce résultat, bien qu'appuyé sur un faible volume, indique une concentration très forte de biens énergivores dans cette commune.

Les communes suivantes - Guainville, Digny, Neuvy-en-Dunois, Montreuil, Le Gault-Saint-Denis, Varize et Orgères-en-Beauce - affichent des indices resserrés entre 49 et 55, avec des parts de passoires oscillant entre 50 % et 60 %, à l'exception de Orgères-en-Beauce qui combine un volume analysé plus élevé (9 logements) avec une part de 55,6 %. Ce classement met en évidence que le potentiel de prospection ne dépend pas uniquement de la part de passoires, mais aussi du nombre de logements analysés : une commune avec un volume plus large, même à part de passoires équivalente, offre un vivier de mandats potentiellement plus exploitable dans la durée.

Ce que cela implique pour votre prospection

Pour un agent immobilier prospectant sur le territoire d'Eure-et-Loir, ces données invitent à une approche ciblée, combinant les communes à forte part de passoires thermiques et celles offrant un volume de logements suffisant pour construire une activité de prospection régulière plutôt que ponctuelle.

  • Prioriser un premier contact auprès des propriétaires de logements F et G dans les communes en tête du classement, en particulier Coudray-au-Perche, Guainville, Digny et Orgères-en-Beauce.
  • Adapter le discours commercial en expliquant les échéances réglementaires liées à la loi Climat et Résilience, qui restreignent progressivement la location des passoires thermiques.
  • Mettre en avant, dans les argumentaires de mandat, la décote potentielle liée à l'étiquette énergétique comme levier pour accélérer la décision de vente plutôt que d'engager des travaux.
  • Ne pas négliger les communes à volume plus large, comme Orgères-en-Beauce ou Montreuil, qui offrent davantage de biens à démarcher malgré un indice légèrement inférieur.
  • Suivre l'évolution de la répartition des étiquettes D à G, qui représente près de sept logements analysés sur dix, pour élargir progressivement le champ de prospection au-delà des seules passoires F et G.

En résumé

Le parc immobilier d'Eure-et-Loir se caractérise par une proportion significative de logements énergivores, avec une part de passoires thermiques et une majorité de biens classés D et au-delà qui dessinent un territoire où la rénovation énergétique constitue un enjeu structurant. Les communes identifiées comme prioritaires offrent des points d'entrée concrets pour une prospection ciblée, à condition d'articuler volume de logements analysés et part de passoires pour orienter l'effort commercial de façon efficace.