Sur 13 407 logements analysés dans le département 29 (Finistère) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 1 546 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 11.5 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle de A (peu consommateur) à G (fortement énergivore). Cette étiquette, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, est devenue une donnée centrale dans l'appréciation d'un bien par les acquéreurs, les notaires et les professionnels de l'immobilier.
Les étiquettes F et G, dites passoires thermiques, sont directement concernées par la loi Climat et Résilience, qui restreint progressivement leur mise en location. Pour un agent immobilier, ces logements constituent des signaux de prospection : leurs propriétaires sont souvent confrontés à une décote à la revente, à une obligation de travaux, ou à une difficulté croissante à louer leur bien, autant de facteurs qui augmentent la probabilité d'une mise en vente. Le Finistère, avec 13407 logements analysés répartis sur 240 communes, offre un terrain d'observation étendu de ces dynamiques.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur l'ensemble du territoire, 1546 logements sont classés F ou G, soit 11.5 % du parc analysé. Ce chiffre isole les biens les plus exposés aux contraintes réglementaires. Si l'on élargit la focale aux étiquettes D à G, la proportion grimpe à 61.1 % (8198 logements), ce qui indique qu'une majorité du parc étudié se situe en dessous des standards de performance les plus favorables.
La répartition par étiquette confirme cette lecture : la classe C rassemble le plus grand nombre de logements (4389), suivie de près par la classe D (4677), ces deux catégories concentrant l'essentiel du parc. Les étiquettes A et B restent minoritaires (337 et 483 logements), tandis que les étiquettes F (1021) et G (525) forment un ensemble non négligeable. Le parc de logements analysé dans le Finistère apparaît ainsi structuré autour d'une performance énergétique intermédiaire, avec une frange significative de biens énergivores.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Cléden-Cap-Sizun | 17 | 10 | 58.8 % | 67 |
| 2 | Goulven | 9 | 5 | 55.6 % | 63 |
| 3 | Primelin | 6 | 3 | 50 % | 63 |
| 4 | Saint-Jean-du-Doigt | 10 | 5 | 50 % | 61 |
| 5 | Saint-Sauveur | 6 | 3 | 50 % | 59 |
| 6 | Plogoff | 15 | 7 | 46.7 % | 56 |
| 7 | Plonévez-du-Faou | 21 | 9 | 42.9 % | 55 |
| 8 | Commana | 15 | 6 | 40 % | 53 |
| 9 | Le Drennec | 12 | 5 | 41.7 % | 52 |
| 10 | Roscanvel | 13 | 5 | 38.5 % | 51 |
| 11 | Huelgoat | 35 | 13 | 37.1 % | 50 |
| 12 | La Martyre | 5 | 2 | 40 % | 50 |
| 13 | Bolazec | 8 | 3 | 37.5 % | 49 |
| 14 | Guimiliau | 8 | 3 | 37.5 % | 49 |
| 15 | Plonévez-Porzay | 25 | 9 | 36 % | 48 |
| 16 | Île-de-Batz | 6 | 2 | 33.3 % | 48 |
| 17 | Brest | 3 215 | 179 | 5.6 % | 47 |
| 18 | Plouhinec | 56 | 21 | 37.5 % | 47 |
| 19 | Saint-Pabu | 23 | 9 | 39.1 % | 47 |
| 20 | Landudal | 14 | 5 | 35.7 % | 46 |
Lecture du classement
Les communes identifiées comme présentant le plus fort potentiel se distinguent par des parts de passoires thermiques élevées, souvent supérieures à 40 %, sur des volumes de logements analysés restreints. Cléden-Cap-Sizun arrive en tête avec 17 logements analysés dont 10 en F ou G (58.8 %), pour un indice de 67/100, le plus élevé du classement. Goulven, Primelin, Saint-Jean-du-Doigt et Saint-Sauveur suivent avec des parts de passoires comprises entre 50 % et 55.6 %, mais sur des effectifs plus faibles (de 6 à 10 logements).
Plogoff, Plonévez-du-Faou et Commana complètent la liste avec des parts de passoires plus modérées (entre 40 % et 46.7 %) mais des volumes de logements analysés plus importants, notamment Plonévez-du-Faou avec 21 logements. Ce contraste entre communes à faible volume mais forte concentration de passoires, et communes à volume plus large mais part légèrement moindre, illustre que le potentiel de prospection combine à la fois l'intensité de la problématique énergétique et la taille du gisement de biens disponibles.
Ce que cela implique pour votre prospection
Pour un agent immobilier prospectant sur le Finistère, ces données permettent de prioriser les zones et les profils de biens à cibler en fonction de la probabilité de mise en vente liée à la performance énergétique.
- Concentrer les actions de prospection sur les communes en tête de classement, où la part de passoires thermiques dépasse 50 %, pour maximiser les chances de contact avec des propriétaires concernés.
- Adapter le discours commercial en mettant en avant les enjeux réglementaires liés aux étiquettes F et G, notamment les restrictions de mise en location.
- Ne pas négliger les communes à volume de logements plus élevé comme Plonévez-du-Faou, qui offrent un gisement plus large de contacts potentiels malgré une part de passoires légèrement inférieure.
- Intégrer dans l'argumentaire la question des travaux de rénovation énergétique, susceptible de motiver une vente plutôt qu'un investissement dans la remise aux normes.
- Suivre l'évolution du classement des communes à indice élevé pour ajuster régulièrement les priorités de prospection en fonction des données disponibles.
En résumé
Le Finistère présente un parc de logements marqué par une proportion significative de biens énergivores, avec des poches de concentration élevée de passoires thermiques dans certaines communes, souvent de taille modeste. Cette configuration offre aux agents immobiliers des repères concrets pour orienter leur prospection vers les territoires et les biens les plus susceptibles de faire l'objet d'une mise en vente liée aux enjeux de performance énergétique.


