Sur 10 649 logements analysés dans le département 30 (Gard) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 377 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 3.5 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, en le classant sur une échelle de A (performance optimale) à G (performance la plus faible). Cette étiquette, devenue un élément central de la transaction immobilière, informe acheteurs et locataires sur la qualité énergétique du bien et, indirectement, sur les travaux à prévoir pour l'améliorer.

Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G, dites passoires thermiques, revêtent une importance particulière depuis l'entrée en vigueur de la loi Climat et Résilience, qui restreint progressivement la location des logements les plus énergivores. Cette contrainte réglementaire pousse un nombre croissant de propriétaires bailleurs à envisager la vente plutôt que d'engager des travaux de rénovation, tandis que les acquéreurs intègrent désormais la performance énergétique dans leur négociation, avec une décote fréquente sur ces biens. Le Gard, avec 10 649 logements analysés répartis sur 238 communes, constitue un territoire suffisamment large pour faire apparaître des disparités locales significatives sur ce plan.

Chiffres clés

10 649
Logements analysés (DPE)
377 (3.5 %)
Passoires thermiques (F ou G)
3 595 (33.8 %)
Logements énergivores (D à G)
238
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
874 (8.2 %)
B
1 703 (16 %)
C
4 477 (42 %)
D
2 371 (22.3 %)
E
847 (8 %)
F
299 (2.8 %)
G
78 (0.7 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur l'ensemble du parc analysé dans le Gard, 377 logements sont classés F ou G, soit 3,5 % du total. Cette part reste mesurée à l'échelle du département, mais elle prend une autre dimension si l'on élargit le regard aux étiquettes D à G, qui rassemblent 3 595 logements, soit 33,8 % du parc étudié. Un tiers des logements analysés présente donc une performance énergétique inférieure au niveau C, ce qui constitue un vivier potentiel de biens à rénover ou à céder.

La répartition détaillée par étiquette montre une concentration marquée autour de la classe C, qui regroupe à elle seule 4 477 logements, suivie de la classe D avec 2 371 logements. Les classes A et B, correspondant aux performances les plus favorables, totalisent 2 577 logements. Les étiquettes F et G, bien que minoritaires en volume (299 et 78 logements respectivement), signalent des situations où l'urgence de rénovation ou de vente est la plus forte, notamment au regard des obligations locatives à venir.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Les Plantiers5360 %
70
2Saint-André-de-Roquepertuis6350 %
52
3Sainte-Cécile-d'Andorge7342.9 %
50
4Chambon5240 %
49
5Génolhac12433.3 %
46
6Saint-André-de-Valborgne10440 %
45
7Saint-Sébastien-d'Aigrefeuille10440 %
45
8Verfeuil5240 %
45
9Saint-Sauveur-Camprieu10330 %
41
10Saint-André-de-Majencoules9333.3 %
41
11Alzon7228.6 %
41
12Nîmes2 893782.7 %
39
13Aigaliers6233.3 %
38
14Aumessas5120 %
37
15La Vernarède9222.2 %
36
16Chamborigaud5120 %
33
17Mialet6116.7 %
31
18Boucoiran-et-Nozières10220 %
29
19Brouzet-lès-Quissac5120 %
29
20Massillargues-Attuech5120 %
29

Lecture du classement

Les communes identifiées comme présentant le plus fort potentiel se distinguent avant tout par la part élevée de passoires thermiques dans leur parc analysé, plutôt que par un volume important de logements. Les Plantiers arrive en tête avec un indice de 70/100, porté par 3 passoires sur 5 logements analysés, soit 60 %. Saint-André-de-Roquepertuis suit avec un indice de 52/100 et une proportion de 50 % de passoires sur 6 logements.

D'autres communes comme Sainte-Cécile-d'Andorge, Chambon, Génolhac, Saint-André-de-Valborgne, Saint-Sébastien-d'Aigrefeuille ou Verfeuil affichent des indices compris entre 45 et 50/100, avec des parts de passoires oscillant entre 33,3 % et 40 %. Ces communes se caractérisent par de faibles effectifs analysés, entre 5 et 12 logements, ce qui signifie que chaque bien identifié représente une opportunité de prospection ciblée plutôt qu'un marché de volume.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données invitent les agents immobiliers actifs dans le Gard à orienter leur prospection en fonction de deux logiques complémentaires : la recherche de volume dans les zones où le nombre de passoires thermiques est le plus élevé en valeur absolue, et la recherche de concentration dans les petites communes où la part de logements F et G dépasse largement la moyenne départementale. Une approche différenciée selon la taille du parc communal permet d'optimiser le temps de prospection.
  • Prioriser un contact direct avec les propriétaires de logements F et G dans les communes à indice élevé comme Les Plantiers ou Saint-André-de-Roquepertuis, où chaque bien repéré a une forte probabilité d'être concerné.
  • Adapter le discours commercial en mettant en avant l'impact de la loi Climat et Résilience sur la location des passoires thermiques, argument pertinent pour convaincre un propriétaire bailleur d'envisager la vente.
  • Documenter systématiquement l'étiquette énergétique dans les argumentaires de vente, notamment pour les biens classés D à G qui représentent un tiers du parc analysé.
  • Utiliser la faible taille de certains échantillons communaux comme un signal pour une prospection individualisée plutôt qu'une campagne de masse.
  • Suivre l'évolution du classement des communes à potentiel afin d'ajuster les priorités de prospection au fil des mises à jour des données DPE et DVF.

En résumé

Le parc de logements analysé dans le Gard présente une majorité de biens dans des classes intermédiaires, mais la part non négligeable de logements classés D à G, ainsi que l'existence de communes où les passoires thermiques concentrent une proportion élevée des biens, dessinent un terrain de prospection identifiable. Les agents immobiliers disposent ainsi d'éléments objectifs pour cibler leurs actions, en tenant compte à la fois du volume de biens concernés et de la spécificité de certaines communes rurales où le potentiel relatif est le plus marqué.