Sur 1 736 logements analysés dans le département 52 (Haute-Marne) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 381 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 21.9 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, à travers une étiquette allant de A (logement le plus performant) à G (logement le plus énergivore, dit « passoire thermique »). Ce document, obligatoire lors de toute vente ou location, est devenu un élément central de la transaction immobilière : il conditionne désormais la capacité même à louer un bien, et influence directement la perception de valeur d'un logement par les acquéreurs.

Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G représentent un signal de prospection déterminant. La loi Climat et Résilience restreint progressivement la mise en location des logements les plus énergivores, ce qui pousse certains propriétaires bailleurs à anticiper une vente plutôt qu'à engager des travaux de rénovation coûteux. Ces logements font également l'objet d'une décote à la vente, ce qui peut accélérer la décision de mise sur le marché. La Haute-Marne, avec ses 69 communes couvertes et 1736 logements analysés, constitue à ce titre un territoire où ces dynamiques peuvent être observées commune par commune.

Chiffres clés

1 736
Logements analysés (DPE)
381 (21.9 %)
Passoires thermiques (F ou G)
1 286 (74.1 %)
Logements énergivores (D à G)
69
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
8 (0.5 %)
B
90 (5.2 %)
C
352 (20.3 %)
D
640 (36.9 %)
E
265 (15.3 %)
F
199 (11.5 %)
G
182 (10.5 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 1736 logements analysés en Haute-Marne, 381 sont classés F ou G, soit 21,9 % du parc étudié. Ce chiffre place plus d'un logement sur cinq dans la catégorie des passoires thermiques, c'est-à-dire des biens dont la vente ou la mise en location est ou sera contrainte par la réglementation. Plus largement, 1286 logements, soit 74,1 % de l'ensemble, se situent dans la fourchette D à G, ce qui traduit un parc largement dominé par des performances énergétiques moyennes à faibles.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : les classes A et B ne rassemblent que 98 logements (8 en A, 90 en B), tandis que la classe C compte 352 logements. Les étiquettes D et E concentrent à elles seules 905 logements (640 en D, 265 en E), avant les 381 logements F et G évoqués plus haut, dont 182 en G, l'étiquette la plus dégradée. Cette structure indique un parc de logements où les biens les plus performants restent minoritaires face à un socle important de logements énergivores.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Vals-des-Tilles55100 %
71
2Doulevant-le-Château5480 %
61
3Chaumont2783111.2 %
51
4Laferté-sur-Aube8562.5 %
50
5Saint-Dizier2364016.9 %
49
6Andelot-Blancheville14857.1 %
47
7Villiers-le-Sec9555.6 %
47
8Vecqueville5360 %
47
9Fresnes-sur-Apance7457.1 %
46
10Fayl-Billot14642.9 %
42
11Chassigny5240 %
41
12Champsevraine13646.2 %
40
13Foulain9333.3 %
38
14Bourmont-entre-Meuse-et-Mouzon10440 %
37
15Rimaucourt6233.3 %
37
16Mandres-la-Côte5240 %
37
17Chalvraines5240 %
37
18Froncles12433.3 %
36
19Saint-Urbain-Maconcourt7342.9 %
36
20Breuvannes-en-Bassigny9333.3 %
35

Lecture du classement

Le classement des communes au plus fort potentiel fait apparaître des situations contrastées selon le volume de logements analysés. Vals-des-Tilles se distingue avec un indice de 71/100, porté par une part de passoires F/G de 100 %, mais sur un échantillon restreint de 5 logements. Doulevant-le-Château suit avec un indice de 61/100 et 80 % de passoires sur également 5 logements analysés. Ces communes affichent des taux élevés de logements énergivores, mais sur des volumes faibles qui limitent le nombre absolu de biens concernés.

À l'inverse, Chaumont et Saint-Dizier combinent un indice plus modéré (51/100 et 49/100) avec des volumes bien supérieurs, respectivement 278 et 236 logements analysés, pour 31 et 40 passoires F/G identifiées. Ces deux communes concentrent donc le plus grand nombre absolu de logements à fort potentiel de prospection, malgré une part relative de passoires plus faible (11,2 % et 16,9 %). Les communes intermédiaires comme Andelot-Blancheville, Villiers-le-Sec, Vecqueville ou Laferté-sur-Aube présentent des taux de passoires compris entre 55 % et 62,5 %, mais sur des volumes très restreints (entre 5 et 14 logements), ce qui oriente vers une prospection ciblée plutôt que massive dans ces communes.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données invitent à distinguer deux logiques de prospection selon le profil des communes : celles à fort volume comme Chaumont et Saint-Dizier permettent d'atteindre un nombre important de propriétaires concernés malgré une part de passoires plus modérée, tandis que les petites communes à taux élevé comme Vals-des-Tilles ou Doulevant-le-Château justifient une approche plus individualisée compte tenu du faible nombre de biens.

  • Prioriser Chaumont et Saint-Dizier pour un travail de prospection en volume, ces communes concentrant le plus grand nombre de passoires thermiques identifiées.
  • Cibler les communes à très fort taux de passoires (Vals-des-Tilles, Doulevant-le-Château, Laferté-sur-Aube, Andelot-Blancheville, Villiers-le-Sec, Vecqueville) avec une approche personnalisée, en raison du faible nombre de logements concernés.
  • Adapter le discours commercial aux propriétaires de logements F et G en mettant en avant les contraintes de mise en location liées à la loi Climat et Résilience.
  • Utiliser la répartition par étiquette pour situer chaque bien dans le contexte du parc local et argumenter sur la décote associée aux classes F et G.
  • Suivre l'évolution du nombre de logements D, qui représentent la part la plus importante du parc (640 logements) et constituent un vivier à surveiller pour anticiper de futures dégradations de classement.

En résumé

Le parc de logements de la Haute-Marne se caractérise par une proportion significative de logements énergivores, avec une part de passoires thermiques qui concerne un logement sur cinq parmi les biens analysés. Le classement des communes met en évidence des profils différenciés, entre communes à fort volume et communes à fort taux de passoires sur de petits effectifs, offrant ainsi aux agents immobiliers plusieurs angles de prospection selon leur zone d'intervention et leurs objectifs.