Sur 3 006 logements analysés dans le département 70 (Haute-Saône) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 457 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 15.2 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation énergétique d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, en le classant sur une échelle de A (performant) à G (peu performant). Ce document, obligatoire lors de toute vente ou location, constitue une donnée structurante pour comprendre l'état du parc immobilier d'un territoire et anticiper les dynamiques de mise en vente.

Les étiquettes F et G, dites passoires thermiques, revêtent une importance particulière pour les agents immobiliers depuis l'entrée en application progressive de la loi Climat et Résilience, qui restreint la mise en location de ces biens selon un calendrier échelonné. Cette contrainte réglementaire pousse un certain nombre de propriétaires vers l'arbitrage entre engager des travaux de rénovation coûteux ou vendre le bien, souvent avec une décote liée à sa classe énergétique. La Haute-Saône, avec 3006 logements analysés répartis sur 121 communes, offre un terrain d'observation représentatif de ces dynamiques à l'échelle départementale.

Chiffres clés

3 006
Logements analysés (DPE)
457 (15.2 %)
Passoires thermiques (F ou G)
2 232 (74.3 %)
Logements énergivores (D à G)
121
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
49 (1.6 %)
B
97 (3.2 %)
C
628 (20.9 %)
D
1 275 (42.4 %)
E
500 (16.6 %)
F
265 (8.8 %)
G
192 (6.4 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 3006 logements analysés en Haute-Saône, 457 relèvent des étiquettes F ou G, soit 15,2 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques constitue un premier indicateur du nombre de biens potentiellement concernés par les obligations réglementaires à venir et donc susceptibles de faire l'objet d'une mise en vente anticipée par leurs propriétaires.

Plus largement, les logements énergivores classés D à G représentent 2232 biens, soit 74,3 % de l'ensemble analysé. La répartition détaillée par étiquette montre une concentration marquée sur la classe D (1275 logements), suivie de la classe E (500) puis des classes F (265) et G (192). Les classes performantes A et B restent minoritaires, avec respectivement 49 et 97 logements, tandis que la classe C compte 628 biens. Cette structure indique un parc où les logements les plus consommateurs d'énergie dominent nettement, ce qui situe une large part du marché potentiel dans le champ de vigilance lié aux obligations de rénovation énergétique.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Gevigney-et-Mercey55100 %
70
2Vitrey-sur-Mance5480 %
60
3Servance-Miellin181372.2 %
58
4Vauconcourt-Nervezain6466.7 %
54
5Membrey6466.7 %
54
6Lyoffans6466.7 %
50
7Fresse5360 %
50
8Mantoche5360 %
50
9Senargent-Mignafans5360 %
50
10Vesoul371308.1 %
49
11Corravillers9555.6 %
49
12Cendrecourt7457.1 %
46
13Savoyeux7457.1 %
46
14Polaincourt-et-Clairefontaine16743.8 %
41
15Chagey7342.9 %
39
16Plancher-les-Mines17635.3 %
38
17Ternuay-Melay-et-Saint-Hilaire5240 %
36
18Montbozon11327.3 %
35
19Fresne-Saint-Mamès9333.3 %
35
20Rigny9333.3 %
35

Lecture du classement

Parmi les communes au plus fort potentiel, Gevigney-et-Mercey se distingue avec un taux de passoires de 100 % sur 5 logements analysés, pour un indice de 70/100, le plus élevé de la liste. Vitrey-sur-Mance suit avec 80 % de passoires sur 5 logements et un indice de 60/100. Ces deux communes, bien que reposant sur de petits volumes analysés, présentent des concentrations de passoires thermiques particulièrement élevées.

Servance-Miellin se singularise par un volume plus conséquent, avec 18 logements analysés dont 13 en F ou G (72,2 %), pour un indice de 58/100, ce qui en fait la commune combinant le plus grand nombre de biens concernés parmi celles listées. Les communes suivantes - Vauconcourt-Nervezain, Membrey, Lyoffans, Fresse et Mantoche - affichent des taux de passoires compris entre 60 % et 66,7 % sur des volumes de 5 à 6 logements analysés, avec des indices allant de 50 à 54/100. Ce classement met ainsi en évidence des communes à faible volume mais à forte proportion de passoires, aux côtés de Servance-Miellin qui associe un volume plus significatif à un taux élevé.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces éléments offrent des pistes de priorisation pour un agent immobilier souhaitant cibler sa prospection sur le territoire de la Haute-Saône, en tenant compte à la fois du volume de biens concernés et de la concentration de passoires thermiques par commune.

  • Prioriser Servance-Miellin dans les actions de prospection, en raison du volume de logements analysés associé à un taux élevé de passoires thermiques.
  • Ne pas négliger les communes à faible volume mais à taux de passoires très élevé, comme Gevigney-et-Mercey ou Vitrey-sur-Mance, où chaque bien identifié représente une opportunité concentrée.
  • Adapter le discours commercial en intégrant la question des obligations de rénovation énergétique, dans un contexte départemental où les logements classés D à G représentent une large majorité du parc analysé.
  • Croiser les données de classement avec une connaissance fine du marché local pour qualifier les propriétaires les plus susceptibles d'être en réflexion sur une vente.
  • Suivre l'évolution du nombre de logements classés F et G dans les communes ciblées, ce chiffre constituant un indicateur direct de la pression réglementaire pesant sur les propriétaires.

En résumé

Le parc de logements analysé en Haute-Saône se caractérise par une proportion significative de logements énergivores et par la présence de communes où la concentration de passoires thermiques est particulièrement marquée. Ces constats fournissent des repères concrets pour orienter une stratégie de prospection tenant compte à la fois du volume de biens et du niveau de risque énergétique associé à chaque commune.