Sur 2 936 logements analysés dans le département 05 (Hautes-Alpes) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 614 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 20.9 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, en le classant sur une échelle de A (performant) à G (peu performant). Cette étiquette, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, est devenue un critère central dans l'évaluation d'un bien, au même titre que la surface ou la localisation.

Les logements classés F ou G, dits passoires thermiques, sont directement concernés par le calendrier de la loi Climat et Résilience, qui organise progressivement leur sortie du marché locatif. Pour un agent immobilier, ces étiquettes constituent un signal fort : elles annoncent une décote probable à la vente, des travaux de rénovation à anticiper, et souvent une motivation accrue du propriétaire à vendre plutôt qu'à engager des dépenses de rénovation. Le territoire des Hautes-Alpes, avec 2936 logements analysés répartis sur 73 communes, offre une base d'observation étendue pour identifier ces situations.

Chiffres clés

2 936
Logements analysés (DPE)
614 (20.9 %)
Passoires thermiques (F ou G)
2 382 (81.1 %)
Logements énergivores (D à G)
73
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
23 (0.8 %)
B
69 (2.4 %)
C
462 (15.7 %)
D
807 (27.5 %)
E
961 (32.7 %)
F
359 (12.2 %)
G
255 (8.7 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur l'ensemble du parc analysé dans les Hautes-Alpes, 614 logements sont classés F ou G, soit 20,9 % du total. Ce chiffre place plus d'un logement sur cinq dans la catégorie des passoires thermiques, susceptibles de faire l'objet de restrictions ou de décotes à moyen terme. Plus largement, 81,1 % des logements du territoire, soit 2382 biens, se situent en étiquette D ou en dessous, ce qui indique qu'une large majorité du parc reste éloignée des standards de performance énergétique les plus élevés.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : les classes A et B, les plus performantes, ne représentent ensemble que 92 logements sur 2936, un volume marginal. À l'inverse, les étiquettes D et E concentrent le plus grand nombre de biens, avec respectivement 807 et 961 logements, formant le cœur du parc. Les étiquettes F et G, avec 359 et 255 logements, complètent un ensemble où les biens à rénover sont largement majoritaires par rapport aux logements déjà performants.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Saint-Firmin141071.4 %
71
2La Faurie6466.7 %
64
3Saint-Martin-de-Queyrières11763.6 %
63
4Laye13753.8 %
58
5Valserres8450 %
55
6Saint-Jean-Saint-Nicolas221150 %
54
7Gap76610213.3 %
53
8Orcières703144.3 %
53
9La Roche-des-Arnauds10550 %
53
10Saint-Sauveur8450 %
53
11La Roche-de-Rame7342.9 %
50
12Ceillac5240 %
48
13Vars692637.7 %
47
14Névache13538.5 %
47
15Éourres8337.5 %
47
16Aubessagne8337.5 %
47
17Saint-Michel-de-Chaillol11436.4 %
46
18La Grave6233.3 %
44
19Forest-Saint-Julien5240 %
44
20Saint-Bonnet-en-Champsaur311032.3 %
43

Lecture du classement

Le classement des communes au plus fort potentiel met en évidence deux profils distincts. D'un côté, des communes de petite taille comme Saint-Firmin (14 logements, 71,4 % de passoires, indice 71), La Faurie (6 logements, 66,7 %, indice 64) ou Saint-Martin-de-Queyrières (11 logements, 63,6 %, indice 63) affichent des parts de passoires thermiques très élevées, mais sur des volumes de logements analysés restreints. Ces communes se distinguent par la concentration du phénomène plutôt que par son ampleur numérique.

De l'autre côté, Gap se singularise par son volume : avec 766 logements analysés et 102 passoires F/G, elle présente une part de 13,3 %, nettement inférieure à celle des petites communes, mais un nombre absolu de biens concernés bien supérieur, ce qui explique son indice de 53. Orcières occupe une position intermédiaire, avec 70 logements analysés et 44,3 % de passoires, combinant un volume significatif et une part élevée. Ce contraste entre taux et volume est déterminant pour hiérarchiser les priorités de prospection selon que l'on recherche la densité d'opportunités ou leur nombre brut.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données invitent à adapter la stratégie de prospection selon la taille et le profil de chaque commune plutôt que de se fier à un seul indicateur. Une commune à fort taux de passoires mais à faible volume ne justifie pas la même approche qu'une ville comme Gap, où le nombre absolu de biens à potentiel est élevé malgré une part proportionnellement plus faible.

  • Prioriser les communes à indice élevé pour des actions ciblées, en tenant compte du nombre de logements réellement concernés avant d'engager des ressources.
  • Sur Gap, exploiter le volume important de passoires (102 logements) pour construire une prospection de masse, malgré une part relative plus modérée.
  • Sur les petites communes comme Saint-Firmin, La Faurie ou Saint-Martin-de-Queyrières, privilégier une approche personnalisée et directe, adaptée à un nombre restreint de propriétaires identifiés.
  • Utiliser l'étiquette F/G comme argument d'entrée en relation avec les propriétaires, en évoquant les obligations réglementaires et l'anticipation des travaux.
  • Suivre l'évolution du classement des communes dans le temps pour ajuster les zones de prospection en fonction des mises à jour de données DPE.

En résumé

Le parc de logements des Hautes-Alpes présente une proportion notable de passoires thermiques et une majorité de biens classés D ou en dessous, ce qui traduit un potentiel de rénovation et de transactions significatif sur ce territoire. Les écarts observés entre communes à fort taux de passoires et communes à fort volume, comme Gap, montrent l'intérêt de croiser ces deux dimensions pour construire une prospection adaptée à chaque contexte local.