Sur 25 773 logements analysés dans le département 92 (Hauts-de-Seine) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 4 289 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 16.6 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Cette étiquette est devenue une donnée centrale de la transaction immobilière : elle figure obligatoirement dans les annonces et conditionne désormais, dans le cadre de la loi Climat et Résilience, la capacité des propriétaires à louer leur bien. Les logements classés G sont déjà soumis à des restrictions locatives, suivis par les F, avec un calendrier qui resserre progressivement les critères de décence énergétique.
Pour un agent immobilier, une étiquette F ou G constitue un signal de prospection : elle indique un bien exposé à une décote de valeur, à une obligation de travaux pour le propriétaire, ou à une mise en location compromise. Ces contraintes réglementaires et financières accélèrent la décision de vendre, en particulier chez les propriétaires bailleurs ou les propriétaires occupants âgés peu enclins à financer une rénovation lourde. Les Hauts-de-Seine, département dense et à forte valeur immobilière, comptent un parc ancien significatif où ce type de situation se rencontre fréquemment, ce qui en fait un territoire pertinent pour une lecture fine par commune.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur 25 773 logements analysés dans le département, 4 289 sont classés F ou G, soit 16,6 % du parc étudié. Ce taux, loin d'être marginal, signifie qu'environ un logement analysé sur six est aujourd'hui concerné par les restrictions locatives applicables aux passoires thermiques. Plus largement, les logements notés D à G représentent 69,1 % de l'ensemble, soit 17 810 biens : la majorité du parc analysé se situe donc en dessous du seuil de performance C, ce qui traduit un stock ancien encore largement non rénové à l'échelle du département.
La répartition par étiquette confirme cette lecture : la classe D est la plus représentée (7 779 logements), suivie de près par la classe C (7 348) et la classe E (5 742). Les étiquettes A et B restent très minoritaires (88 et 527 logements), ce qui montre que les logements les plus performants demeurent l'exception dans ce parc. Les classes F (2 738) et G (1 551) forment ensemble le socle des passoires thermiques identifiées, un volume qui offre une base de prospection conséquente pour les agents actifs sur ce territoire.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Neuilly-sur-Seine | 1 450 | 345 | 23.8 % | 79 |
| 2 | Boulogne-Billancourt | 2 526 | 433 | 17.1 % | 77 |
| 3 | Colombes | 1 139 | 292 | 25.6 % | 76 |
| 4 | Asnières-sur-Seine | 1 637 | 354 | 21.6 % | 74 |
| 5 | Malakoff | 341 | 95 | 27.9 % | 71 |
| 6 | Bois-Colombes | 488 | 127 | 26 % | 68 |
| 7 | Asnières-sur-Seine | 7 | 2 | 28.6 % | 66 |
| 8 | Vanves | 442 | 94 | 21.3 % | 62 |
| 9 | Fontenay-aux-Roses | 255 | 57 | 22.4 % | 62 |
| 10 | Vaucresson | 135 | 31 | 23 % | 61 |
| 11 | Ville-d'Avray | 135 | 30 | 22.2 % | 60 |
| 12 | Levallois-Perret | 1 745 | 246 | 14.1 % | 59 |
| 13 | Clamart | 764 | 151 | 19.8 % | 59 |
| 14 | Courbevoie | 1 579 | 221 | 14 % | 58 |
| 15 | Clichy | 1 034 | 174 | 16.8 % | 58 |
| 16 | Meudon | 574 | 105 | 18.3 % | 57 |
| 17 | Montrouge | 881 | 146 | 16.6 % | 56 |
| 18 | Bourg-la-Reine | 343 | 64 | 18.7 % | 53 |
| 19 | Sceaux | 295 | 53 | 18 % | 53 |
| 20 | Saint-Cloud | 587 | 96 | 16.4 % | 52 |
Lecture du classement
Parmi les communes au plus fort potentiel, Neuilly-sur-Seine et Boulogne-Billancourt se distinguent par le volume de logements analysés (respectivement 1 450 et 2 526) combiné à un nombre élevé de passoires F/G (345 et 433) et à des indices parmi les plus hauts (79 et 77/100). Ces deux communes cumulent donc une taille de marché importante et une part significative de biens énergivores, ce qui en fait des zones prioritaires en nombre absolu d'opportunités.
D'autres communes affichent des parts de passoires proportionnellement plus élevées malgré un volume plus modeste : Malakoff (27,9 % de passoires sur 341 logements), Bois-Colombes (26 % sur 488 logements) et Colombes (25,6 % sur 1 139 logements) présentent des taux de F/G supérieurs à ceux de Neuilly ou Boulogne-Billancourt. Ces communes se distinguent moins par le volume que par la concentration du phénomène, ce qui peut orienter une prospection plus ciblée, avec un taux de conversion potentiellement plus élevé par contact qualifié. Asnières-sur-Seine (1 637 logements, 21,6 % de passoires, indice 74) et Vanves (442 logements, 21,3 %, indice 62) complètent ce groupe de communes à surveiller, avec des profils intermédiaires entre volume et concentration.
Ce que cela implique pour votre prospection
Ces chiffres permettent de hiérarchiser l'effort de prospection selon deux logiques complémentaires : le volume brut d'opportunités (Neuilly-sur-Seine, Boulogne-Billancourt) et la concentration relative de passoires thermiques (Malakoff, Bois-Colombes, Colombes). Un agent immobilier a intérêt à combiner ces deux approches pour construire un plan de prospection efficace sur le département.
- Prioriser dans un premier temps Neuilly-sur-Seine et Boulogne-Billancourt, où le volume de biens F/G est le plus élevé, pour maximiser le nombre de contacts qualifiés.
- Cibler ensuite Malakoff, Bois-Colombes et Colombes, où la part de passoires dépasse un logement sur quatre, pour un discours de prospection centré sur l'urgence réglementaire.
- Adapter le discours commercial autour des obligations de la loi Climat et Résilience et de la décote associée aux étiquettes F et G, en s'appuyant sur les données de chaque commune.
- Croiser ces données avec l'ancienneté du bien et le profil du propriétaire (bailleur ou occupant) pour affiner la détection des vendeurs potentiels.
- Surveiller l'évolution de la répartition D à G, qui concerne près de sept logements analysés sur dix, pour ne pas limiter la prospection aux seules étiquettes F et G.
En résumé
Le parc de logements analysé dans les Hauts-de-Seine présente une proportion notable de passoires thermiques et une majorité de biens classés D à G, ce qui constitue un terrain de prospection dense pour les agents immobiliers. La hiérarchie des communes, entre celles à fort volume et celles à forte concentration de passoires, permet d'orienter les priorités d'action selon les objectifs commerciaux de chaque agence.


