Sur 15 623 logements analysés dans le département 35 (Ille-et-Vilaine) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 1 330 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 8.5 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performant) à G (très énergivore, dit « passoire thermique »). Cette étiquette, obligatoire lors de toute vente ou location, est devenue un indicateur central pour les professionnels de l'immobilier, car elle conditionne désormais la valeur perçue d'un bien, sa capacité à être loué et l'ampleur des travaux à anticiper.
Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G constituent un signal de prospection particulier : la loi Climat et Résilience organise une restriction progressive de la location des logements les moins performants, ce qui pousse un certain nombre de propriétaires bailleurs à envisager la vente plutôt que d'engager des travaux de rénovation coûteux. Ce territoire, l'Ille-et-Vilaine, regroupe 281 communes et 15 623 logements analysés dans cette étude, offrant une base pour identifier les zones où ce phénomène est le plus susceptible de générer des mises en vente.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 15 623 logements analysés en Ille-et-Vilaine, 1 330 sont classés F ou G, soit 8,5 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques, bien que minoritaire, représente un volume non négligeable de biens potentiellement concernés par une obligation de travaux ou une pression à la vente. La répartition détaillée montre que la classe C domine largement avec 6 548 logements, suivie de la classe D avec 4 642 logements, ce qui indique un parc globalement positionné dans une performance énergétique intermédiaire plutôt qu'extrême.
Si l'on élargit l'analyse aux étiquettes D à G, c'est près de la moitié du parc analysé (49,9 %, soit 7 803 logements) qui présente une performance énergétique dégradée ou moyenne. Cette proportion suggère qu'au-delà des seules passoires thermiques, un volume important de logements pourrait, à terme, basculer dans les catégories les plus contraignantes ou nécessiter des travaux de mise à niveau. Les classes A et B restent minoritaires (415 et 857 logements), confirmant que la performance énergétique optimale demeure l'exception dans ce parc.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | La Baussaine | 6 | 3 | 50 % | 67 |
| 2 | Saint-Marcan | 8 | 4 | 50 % | 65 |
| 3 | Thourie | 11 | 5 | 45.5 % | 64 |
| 4 | Bazouges-la-Pérouse | 23 | 10 | 43.5 % | 63 |
| 5 | Mellé | 8 | 4 | 50 % | 63 |
| 6 | Bréal-sous-Vitré | 5 | 2 | 40 % | 56 |
| 7 | Balazé | 18 | 7 | 38.9 % | 55 |
| 8 | Longaulnay | 5 | 2 | 40 % | 52 |
| 9 | Marpiré | 5 | 2 | 40 % | 52 |
| 10 | Val-Couesnon | 42 | 15 | 35.7 % | 51 |
| 11 | Maxent | 9 | 3 | 33.3 % | 51 |
| 12 | Poligné | 8 | 3 | 37.5 % | 50 |
| 13 | Le Ferré | 6 | 2 | 33.3 % | 50 |
| 14 | Sains | 6 | 2 | 33.3 % | 50 |
| 15 | Saint-Gondran | 6 | 2 | 33.3 % | 50 |
| 16 | Essé | 13 | 4 | 30.8 % | 49 |
| 17 | Saint-Séglin | 9 | 3 | 33.3 % | 49 |
| 18 | Rennes | 4 813 | 337 | 7 % | 48 |
| 19 | Gaël | 19 | 6 | 31.6 % | 47 |
| 20 | Sainte-Anne-sur-Vilaine | 9 | 3 | 33.3 % | 47 |
Lecture du classement
Les communes au plus fort potentiel présentées dans ce classement se distinguent par des indices élevés, mais reposent sur des volumes de logements analysés très variables. La Baussaine, Saint-Marcan, Thourie et Mellé affichent des parts de passoires thermiques comprises entre 45,5 % et 50 %, avec des indices parmi les plus hauts du classement (63 à 67/100). Toutefois, ces communes ne comptent que 6 à 11 logements analysés, ce qui signifie que chaque bien supplémentaire ou manquant modifie sensiblement le pourcentage affiché.
Bazouges-la-Pérouse se démarque en combinant un volume plus conséquent (23 logements analysés) avec une part de passoires de 43,5 % et un indice de 63/100, ce qui en fait une commune au signal à la fois fort et plus étayé statistiquement. Balazé suit une logique similaire avec 18 logements analysés et 38,9 % de passoires, pour un indice de 55/100. Les communes comme Bréal-sous-Vitré et Longaulnay, avec seulement 5 logements analysés chacune, ferment ce classement avec des indices plus modestes (56 et 52/100), illustrant que la taille de l'échantillon influence directement la lecture du potentiel.
Ce que cela implique pour votre prospection
Pour un agent immobilier prospectant en Ille-et-Vilaine, ces données invitent à combiner l'intérêt porté aux communes affichant les indices les plus élevés avec une vigilance sur la taille des échantillons analysés, afin de prioriser les zones où le signal est à la fois fort et fiable.
- Concentrer les actions de prospection sur Bazouges-la-Pérouse et Balazé, qui offrent un potentiel élevé sur un volume de logements plus significatif que les autres communes du classement.
- Ne pas écarter les communes à faible volume (La Baussaine, Saint-Marcan, Thourie, Mellé) mais les traiter avec prudence, en vérifiant individuellement chaque dossier avant d'engager une démarche commerciale.
- Cibler en priorité les propriétaires de logements classés F et G, qui représentent 1 330 biens sur le territoire, en axant le discours sur la contrainte réglementaire liée à la location de ces logements.
- Élargir la veille aux logements classés D et E, qui constituent une part importante du parc (49,9 % en cumulant D à G), susceptibles de basculer vers une problématique de rénovation à moyen terme.
- Adapter l'argumentaire commercial selon le profil de la commune : mise en avant de la décote liée au DPE dans les zones à forte part de passoires, et anticipation des travaux dans les communes où le parc D-E domine.
En résumé
L'analyse du parc de logements en Ille-et-Vilaine met en évidence un territoire où les passoires thermiques restent minoritaires mais où une part importante des logements se situe dans des classes énergétiques intermédiaires à dégradées. Le classement des communes au plus fort potentiel offre des points d'entrée pour la prospection, à condition de distinguer les signaux reposant sur des volumes solides de ceux issus d'échantillons plus restreints, afin d'orienter l'action commerciale de façon proportionnée et pertinente.


