Sur 7 750 logements analysés dans le département 37 (Indre-et-Loire) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 872 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 11.3 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (logement très énergivore, dit « passoire thermique »). Cette étiquette, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, est devenue un indicateur central dans l'analyse du marché immobilier, car elle conditionne désormais directement la valeur, la liquidité et la constructibilité juridique d'un bien.
Pour un agent immobilier, les logements classés F ou G représentent un signal de prospection à forte valeur : la loi Climat et Résilience restreint progressivement la mise en location des passoires thermiques, ce qui pousse un certain nombre de propriétaires bailleurs à anticiper une vente plutôt qu'à engager des travaux de rénovation coûteux. Ces logements font également l'objet d'une décote à la vente, ce qui en fait des biens souvent négociables et des propriétaires plus enclins à écouter une proposition d'accompagnement. Le département de l'Indre-et-Loire, avec 7750 logements analysés sur 181 communes, constitue à ce titre un terrain d'observation représentatif de la diversité du parc résidentiel local, entre zones urbaines denses et communes rurales de taille réduite.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 7750 logements analysés en Indre-et-Loire, 872 sont classés F ou G, soit 11.3 % du parc étudié. Ce chiffre isole les biens les plus exposés aux contraintes réglementaires et aux décotes de marché. Si l'on élargit l'analyse aux étiquettes D à G, considérées comme énergivores, ce sont 4555 logements qui sont concernés, soit 58.8 % du total, ce qui indique qu'une majorité du parc analysé se situe en dessous des standards de performance les plus élevés.
La répartition par étiquette confirme cette lecture : les classes A et B, les plus performantes, ne rassemblent que 164 et 331 logements respectivement, un volume nettement inférieur à celui de la classe C (2700 logements), qui constitue le socle le plus représenté. Les classes D et E totalisent ensemble 3683 logements, avant les classes F (594) et G (278), qui ferment la distribution. Cette structure en pyramide inversée, où les classes intermédiaires et énergivores dominent largement les classes performantes, dessine un parc immobilier dont la rénovation énergétique reste, pour une large part, à réaliser.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Nouâtre | 10 | 7 | 70 % | 68 |
| 2 | La Chapelle-Blanche-Saint-Martin | 9 | 6 | 66.7 % | 63 |
| 3 | Rilly-sur-Vienne | 7 | 4 | 57.1 % | 55 |
| 4 | Coteaux-sur-Loire | 15 | 7 | 46.7 % | 51 |
| 5 | La Roche-Clermault | 8 | 4 | 50 % | 51 |
| 6 | Thizay | 8 | 4 | 50 % | 51 |
| 7 | Tours | 2 863 | 279 | 9.7 % | 49 |
| 8 | Le Grand-Pressigny | 11 | 5 | 45.5 % | 49 |
| 9 | Villebourg | 5 | 2 | 40 % | 49 |
| 10 | Preuilly-sur-Claise | 21 | 9 | 42.9 % | 48 |
| 11 | Rigny-Ussé | 8 | 3 | 37.5 % | 47 |
| 12 | Marigny-Marmande | 7 | 3 | 42.9 % | 45 |
| 13 | Souvigny-de-Touraine | 5 | 2 | 40 % | 45 |
| 14 | Chenonceaux | 8 | 3 | 37.5 % | 44 |
| 15 | Cinais | 6 | 2 | 33.3 % | 44 |
| 16 | Benais | 10 | 4 | 40 % | 43 |
| 17 | Avon-les-Roches | 6 | 2 | 33.3 % | 41 |
| 18 | Rivière | 6 | 2 | 33.3 % | 41 |
| 19 | Verneuil-sur-Indre | 5 | 2 | 40 % | 41 |
| 20 | Charnizay | 5 | 2 | 40 % | 41 |
Lecture du classement
Le classement des communes au plus fort potentiel met en évidence deux profils distincts. D'un côté, des communes de petite taille comme Nouâtre (10 logements analysés, 70 % de passoires F/G, indice 68/100), La Chapelle-Blanche-Saint-Martin (9 logements, 66.7 %, indice 63/100) ou Rilly-sur-Vienne (7 logements, 57.1 %, indice 55/100) affichent des taux de passoires thermiques très élevés, mais sur des volumes de logements analysés restreints. Ces communes se distinguent par la concentration du phénomène plutôt que par son ampleur en nombre absolu.
À l'inverse, Tours se singularise par un volume considérable : 2863 logements analysés, dont 279 passoires F/G, soit une part plus modérée de 9.7 %, mais un indice de 49/100 qui reste significatif compte tenu du nombre de biens concernés. Coteaux-sur-Loire (15 logements, 46.7 %, indice 51/100), La Roche-Clermault, Thizay (8 logements chacune, 50 %, indice 51/100) et Le Grand-Pressigny (11 logements, 45.5 %, indice 49/100) occupent une position intermédiaire, avec des taux de passoires élevés sur des volumes modestes. Ce contraste entre communes rurales à forte concentration et pôle urbain à fort volume oriente deux stratégies de prospection différentes selon la zone ciblée.
Ce que cela implique pour votre prospection
Ces données invitent l'agent immobilier à adapter sa stratégie de prospection selon la nature du territoire visé : cibler les petites communes à taux de passoires élevé pour une approche qualitative et personnalisée, ou exploiter le volume de Tours pour une prospection à plus grande échelle. Dans les deux cas, l'étiquette énergétique constitue un point d'entrée pertinent pour engager le dialogue avec des propriétaires potentiellement vendeurs.
- Prioriser les prises de contact dans les communes affichant les indices les plus élevés (Nouâtre, La Chapelle-Blanche-Saint-Martin, Rilly-sur-Vienne) où la proportion de passoires thermiques est la plus concentrée.
- Constituer un plan de prospection dédié à Tours, où le volume important de logements F/G offre un vivier conséquent malgré une part relative plus faible.
- Adapter le discours commercial en mentionnant les contraintes liées à la location des passoires thermiques comme argument pour accompagner une décision de vente.
- Segmenter les listes de prospection selon l'étiquette DPE (F et G en priorité, puis D et E) pour hiérarchiser les relances.
- Documenter, pour chaque bien identifié, l'écart entre son étiquette actuelle et les classes performantes du territoire afin d'objectiver l'argumentaire auprès du propriétaire.
En résumé
L'analyse du parc de logements en Indre-et-Loire révèle un territoire où les classes énergivores dominent largement la répartition des étiquettes, avec des poches de concentration variables selon les communes. Cette hétérogénéité, entre petites communes à forte proportion de passoires thermiques et pôle urbain à fort volume, offre à l'agent immobilier plusieurs angles de prospection complémentaires, à ajuster selon les ressources et la zone d'intervention privilégiée.


