Sur 18 548 logements analysés dans le département 38 (Isère) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 2 096 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 11.3 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Ce classement conditionne aujourd'hui directement la valeur et la mise en marché d'un bien : la loi Climat et Résilience a instauré un calendrier de restrictions à la location pour les étiquettes F et G, ce qui pousse un nombre croissant de propriétaires de passoires thermiques à envisager soit des travaux de rénovation, soit une mise en vente avant que la décote ne s'accentue ou que le bien ne devienne invendable en l'état.

Pour un agent immobilier, ces logements F et G constituent donc un vivier de vendeurs potentiels à moyen terme, souvent avant même qu'ils n'aient formalisé leur projet. Le présent territoire, l'Isère, a fait l'objet d'une analyse portant sur 18548 logements répartis sur 370 communes couvertes, offrant une base large pour identifier les zones où la pression réglementaire sur les passoires thermiques est la plus susceptible de générer des mises en vente.

Chiffres clés

18 548
Logements analysés (DPE)
2 096 (11.3 %)
Passoires thermiques (F ou G)
10 798 (58.2 %)
Logements énergivores (D à G)
370
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
421 (2.3 %)
B
1 081 (5.8 %)
C
6 248 (33.7 %)
D
5 771 (31.1 %)
E
2 931 (15.8 %)
F
1 291 (7 %)
G
805 (4.3 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 18548 logements analysés en Isère, 2096 sont classés F ou G, soit 11.3 % du parc étudié. Ce taux, rapporté à l'ensemble des logements analysés, signale une proportion notable de biens potentiellement concernés par les restrictions locatives à venir. Si l'on élargit le regard aux étiquettes D à G, ce sont 10798 logements, soit 58.2 % du total, qui se situent en dessous du seuil de performance C, ce qui traduit un parc globalement ancien ou peu rénové sur le plan énergétique.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette lecture : la classe C rassemble le plus grand nombre de logements (6248), suivie par la classe D (5771) et la classe E (2931). Les étiquettes F (1291) et G (805) constituent ensemble le socle des passoires thermiques identifiées. Les classes les plus performantes, A (421) et B (1081), restent minoritaires dans l'ensemble du parc analysé, ce qui situe la majorité des logements iséroix dans une zone intermédiaire à énergivore.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Notre-Dame-de-Vaulx8787.5 %
68
2Corps11872.7 %
60
3Velanne6466.7 %
55
4Saint-Pierre-de-Chartreuse321959.4 %
54
5Saint-Appolinard7457.1 %
53
6Varacieux7457.1 %
53
7Le Haut-Bréda9555.6 %
52
8La Buissière7457.1 %
50
9Proveysieux5360 %
50
10La Forteresse5360 %
50
11Saint-Baudille-et-Pipet5360 %
50
12Thodure7457.1 %
47
13Grenoble4 6553647.8 %
45
14Pont-en-Royans9444.4 %
45
15Vertrieu6350 %
45
16La Chapelle-de-Surieu6350 %
45
17Granieu9444.4 %
43
18Doissin5240 %
43
19La Sône12541.7 %
42
20Livet-et-Gavet11545.5 %
42

Lecture du classement

Les communes au plus fort potentiel se distinguent avant tout par la part de passoires thermiques F/G au sein de leur parc analysé, avec des taux atteignant 87.5 % à Notre-Dame-de-Vaulx (7 passoires sur 8 logements) et 72.7 % à Corps (8 sur 11). Ces deux communes affichent les indices les plus élevés du classement, 68/100 et 60/100 respectivement, ce qui reflète une concentration très forte de biens énergivores rapportée à un volume de logements analysés relativement restreint.

Saint-Pierre-de-Chartreuse se démarque par un volume plus conséquent, avec 32 logements analysés dont 19 passoires (59.4 %), ce qui en fait la commune la plus significative en nombre absolu de biens potentiellement concernés dans cette liste. Les autres communes citées (Velanne, Saint-Appolinard, Varacieux, Le Haut-Bréda, La Buissière) présentent des taux de passoires compris entre 55.6 % et 66.7 %, mais sur des volumes de logements analysés très faibles, entre 6 et 9 unités, ce qui invite à considérer ces indices avec la prudence liée à la taille de l'échantillon.

Ce que cela implique pour votre prospection

Cette lecture du parc isérois offre à un agent immobilier des points d'entrée concrets pour orienter sa prospection, en priorisant les zones où la part de passoires thermiques est la plus élevée tout en tenant compte du volume de logements disponibles pour dimensionner l'effort commercial.

  • Concentrer une prospection prioritaire sur Saint-Pierre-de-Chartreuse, qui combine un volume de logements analysés significatif (32) et un taux de passoires élevé (59.4 %).
  • Traiter les communes à très fort taux mais faible volume (Notre-Dame-de-Vaulx, Corps, Velanne) comme des cibles complémentaires, en adaptant l'approche à un nombre restreint de propriétaires potentiels.
  • Utiliser l'argument réglementaire lié aux étiquettes F et G comme levier de conversation avec les propriétaires concernés, en évoquant les échéances de restriction à la location.
  • Étendre l'analyse aux logements classés D et E, qui représentent une part importante du parc (58.2 % en cumulé D à G), pour anticiper une seconde vague de mises en vente liée aux futures évolutions réglementaires.
  • Croiser ces données avec la connaissance du terrain local pour qualifier les indices calculés sur de petits échantillons de logements avant d'engager une démarche de prospection ciblée.

En résumé

Le parc de logements analysé en Isère présente une part de passoires thermiques de 11.3 % et une majorité de biens classés D à G, ce qui dessine un territoire où la question de la performance énergétique constitue un enjeu tangible pour les propriétaires comme pour les professionnels de l'immobilier. Les communes identifiées comme présentant le plus fort potentiel, qu'elles se distinguent par un volume conséquent ou par une concentration élevée de passoires, offrent des repères concrets pour orienter une stratégie de prospection adaptée à la réalité de chaque secteur.