Sur 3 305 logements analysés dans le département 39 (Jura) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 574 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 17.4 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (performance la plus faible). Cette classification, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, constitue une donnée objective sur l'état thermique du bâti et un indicateur direct des travaux de rénovation à prévoir.

Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G revêtent une importance particulière : la loi Climat et Résilience encadre progressivement la location de ces logements qualifiés de passoires thermiques, ce qui pousse une partie des propriétaires concernés à envisager la vente plutôt que d'engager des travaux de rénovation coûteux. Ces biens font par ailleurs l'objet d'une décote sur le marché, renforçant la probabilité d'une mise en vente à moyen terme. Le Jura, avec 3305 logements analysés répartis sur 127 communes, offre à ce titre une base d'observation représentative de la diversité du parc résidentiel départemental.

Chiffres clés

3 305
Logements analysés (DPE)
574 (17.4 %)
Passoires thermiques (F ou G)
2 271 (68.7 %)
Logements énergivores (D à G)
127
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
47 (1.4 %)
B
143 (4.3 %)
C
844 (25.5 %)
D
1 084 (32.8 %)
E
613 (18.5 %)
F
346 (10.5 %)
G
228 (6.9 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 3305 logements analysés dans le Jura, 574 sont classés F ou G, soit 17,4 % du parc étudié. Plus largement, les logements notés de D à G, considérés comme énergivores, représentent 2271 unités, soit 68,7 % de l'ensemble. Cette proportion indique qu'une majorité du parc analysé présente des performances énergétiques modestes à faibles.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : la classe D concentre le plus grand nombre de logements (1084), suivie de la classe C (844) et de la classe E (613). Les étiquettes F (346) et G (228) complètent ce tableau, tandis que les logements les plus performants restent minoritaires, avec seulement 47 logements classés A et 143 classés B. Cette structure traduit un parc immobilier ancien majoritairement situé dans les classes intermédiaires à faibles, avec un socle non négligeable de passoires thermiques.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Longchaumois15960 %
71
2Rix5360 %
70
3Montrond5360 %
66
4Meussia5360 %
66
5Valzin en Petite Montagne5360 %
66
6Vers-sous-Sellières7457.1 %
65
7Septmoncel les Molunes191052.6 %
64
8Foncine-le-Haut6350 %
62
9Mignovillard15746.7 %
60
10Chaumergy7342.9 %
56
11Hauteroche6350 %
55
12Cize5240 %
54
13Ney5240 %
54
14Montaigu7342.9 %
53
15Dole4164611.1 %
52
16Nevy-lès-Dole5240 %
50
17Mantry5240 %
50
18Lajoux8337.5 %
49
19Pont-de-Poitte8337.5 %
49
20Damparis291034.5 %
48

Lecture du classement

Parmi les communes au plus fort potentiel identifiées, Longchaumois se distingue par un volume de 15 logements analysés, dont 9 classés F ou G (60 %), pour un indice de 71/100, le plus élevé de la liste. Septmoncel les Molunes suit avec un volume plus conséquent de 19 logements, dont 10 passoires (52,6 %) et un indice de 64/100. Ces deux communes combinent un nombre de biens suffisant pour représenter un gisement de prospection plus consistant que les autres entrées du classement.

Les communes suivantes - Rix, Montrond, Meussia, Valzin en Petite Montagne, Vers-sous-Sellières et Foncine-le-Haut - affichent des parts de passoires également élevées, entre 50 % et 60 %, mais reposent sur des volumes très restreints (5 à 7 logements analysés). Ces chiffres doivent être interprétés avec prudence compte tenu de la faible taille des échantillons, même si les indices calculés (de 62 à 70/100) signalent un potentiel de prospection réel à l'échelle communale.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données invitent l'agent immobilier prospectant sur le Jura à hiérarchiser son approche entre les communes offrant un volume de biens suffisant pour structurer une démarche de prospection et celles où le potentiel, bien que fort en proportion, repose sur un nombre limité de logements.

  • Prioriser les communes combinant volume significatif et part élevée de passoires, telles que Longchaumois et Septmoncel les Molunes.
  • Adapter le discours commercial aux propriétaires de logements F et G en évoquant les contraintes issues de la loi Climat et Résilience et la décote associée à ces biens.
  • Considérer les communes à faible volume (Rix, Montrond, Meussia, Valzin en Petite Montagne) comme des cibles ponctuelles, à intégrer dans une prospection plus large plutôt qu'en priorité isolée.
  • Utiliser la répartition par étiquette du territoire pour situer chaque bien dans son contexte départemental lors des échanges avec les propriétaires.
  • Suivre l'évolution du nombre de passoires thermiques recensées afin d'ajuster la stratégie de prospection dans la durée.

En résumé

Le Jura présente un parc de logements analysés marqué par une proportion importante de biens énergivores, avec des disparités communales significatives en matière de passoires thermiques. Les communes combinant volume de biens et forte part de logements F ou G constituent des zones de prospection prioritaires, tandis que les communes à faible échantillon offrent des opportunités plus ponctuelles à intégrer dans une stratégie de prospection élargie.