Sur 6 118 logements analysés dans le département 40 (Landes) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 442 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 7.2 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, classé selon une échelle allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Cette classification est devenue un critère central dans la valorisation d'un bien immobilier, au même titre que la localisation ou la surface, car elle conditionne désormais directement la capacité d'un propriétaire à louer ou à vendre dans de bonnes conditions.
Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G représentent un signal de prospection déterminant. La loi Climat et Résilience organise un calendrier d'interdiction progressive de mise en location des passoires thermiques, ce qui contraint les propriétaires concernés à arbitrer entre travaux de rénovation coûteux et vente du bien. Cette pression réglementaire, combinée à la décote de marché que subissent naturellement les logements énergivores, crée une motivation à vendre plus forte chez ces propriétaires que sur le reste du parc. Le département des Landes, avec 6118 logements analysés répartis sur 171 communes, offre un terrain d'observation étendu pour identifier ces situations.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 6118 logements analysés dans les Landes, 442 sont classés F ou G, soit 7,2 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques reste à mettre en perspective avec un chiffre plus englobant : les logements notés D à G, c'est-à-dire l'ensemble des biens énergivores ou en dessous de la moyenne, représentent 2810 unités, soit 45,9 % du total. Près d'un logement sur deux se situe donc dans une zone de vigilance énergétique, même si la majorité de ces biens ne sont pas encore soumis aux contraintes réglementaires les plus strictes qui visent spécifiquement les étiquettes F et G.
La répartition détaillée par étiquette confirme cette structure : la classe C domine largement avec 2360 logements, suivie par la classe D avec 1657 logements. Les étiquettes A et B, qui correspondent aux biens les plus performants, ne rassemblent ensemble que 948 logements, soit une part minoritaire du parc analysé. Les étiquettes F et G se répartissent en 332 logements F et 110 logements G, ce qui indique que la majorité des passoires thermiques du territoire relève d'une performance dégradée mais pas de la catégorie la plus extrême.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Luglon | 6 | 3 | 50 % | 64 |
| 2 | Saint-Barthélemy | 5 | 2 | 40 % | 60 |
| 3 | Maurrin | 5 | 2 | 40 % | 56 |
| 4 | Meilhan | 5 | 2 | 40 % | 52 |
| 5 | Dax | 500 | 50 | 10 % | 50 |
| 6 | Montaut | 6 | 2 | 33.3 % | 50 |
| 7 | Mont-de-Marsan | 515 | 26 | 5 % | 45 |
| 8 | Lévignacq | 6 | 2 | 33.3 % | 44 |
| 9 | Luxey | 7 | 2 | 28.6 % | 43 |
| 10 | Pouillon | 47 | 12 | 25.5 % | 41 |
| 11 | Gabarret | 25 | 6 | 24 % | 40 |
| 12 | Orthevielle | 7 | 2 | 28.6 % | 40 |
| 13 | Latrille | 5 | 1 | 20 % | 40 |
| 14 | Cère | 7 | 2 | 28.6 % | 38 |
| 15 | Mézos | 15 | 3 | 20 % | 37 |
| 16 | Vert | 6 | 1 | 16.7 % | 37 |
| 17 | Labastide-d'Armagnac | 10 | 2 | 20 % | 35 |
| 18 | Soorts-Hossegor | 144 | 22 | 15.3 % | 34 |
| 19 | Capbreton | 239 | 20 | 8.4 % | 33 |
| 20 | Grenade-sur-l'Adour | 33 | 6 | 18.2 % | 33 |
Lecture du classement
Le classement des communes au plus fort potentiel met en évidence deux profils bien distincts. D'un côté, des communes de très petite taille comme Luglon, Saint-Barthélemy, Maurrin, Meilhan, Montaut ou Lévignacq, où le nombre de logements analysés est faible (entre 5 et 6 unités) mais où la part de passoires thermiques atteint des niveaux élevés, jusqu'à 50 % à Luglon. Ces taux, bien que significatifs, portent sur des volumes réduits, ce qui limite le nombre absolu d'opportunités de prospection sur ces communes tout en signalant une concentration locale de biens à fort potentiel.
De l'autre côté, Dax et Mont-de-Marsan se distinguent par un volume de logements analysés nettement supérieur, respectivement 500 et 515 unités. Leur part de passoires thermiques est plus modérée (10 % pour Dax, 5 % pour Mont-de-Marsan), mais elle se traduit en valeur absolue par un nombre de biens à fort potentiel bien plus important : 50 passoires F/G à Dax et 26 à Mont-de-Marsan. L'indice de potentiel, plus élevé pour Dax (50/100) que pour Mont-de-Marsan (45/100), reflète cette combinaison entre volume de marché et proportion de biens énergivores, faisant de ces deux villes des bassins de prospection à la fois plus larges et plus structurés que les petites communes en tête du classement.
Ce que cela implique pour votre prospection
Pour un agent immobilier prospectant sur les Landes, la lecture combinée du volume et du taux de passoires thermiques permet d'orienter les priorités d'action selon les objectifs poursuivis : recherche d'opportunités ponctuelles à forte conversion sur les petites communes, ou constitution d'un portefeuille de prospects plus large sur les villes à fort volume.
- Cibler en priorité Dax et Mont-de-Marsan pour leur volume de logements F et G identifiés, qui offre un vivier de prospects plus conséquent à travailler dans la durée.
- Ne pas négliger les petites communes comme Luglon ou Saint-Barthélemy, où la proportion élevée de passoires thermiques peut signaler une opportunité locale même avec un nombre limité de biens.
- Adapter le discours commercial en mettant en avant la contrainte réglementaire liée à la loi Climat et Résilience comme argument pour engager le dialogue avec les propriétaires de biens F et G.
- Croiser les données DPE avec les informations DVF pour identifier les propriétaires de passoires thermiques n'ayant pas encore engagé de démarche de vente ou de rénovation.
- Prioriser le suivi des logements classés D et E, qui représentent une part importante du parc et constituent un vivier de futurs vendeurs à moyen terme, au-delà des seules étiquettes F et G.
En résumé
Le parc de logements landais présente une part significative de biens énergivores, avec une proportion de passoires thermiques qui varie fortement selon les communes observées. Cette hétérogénéité invite les agents immobiliers à combiner plusieurs approches de prospection, entre les grandes villes offrant un volume important de prospects potentiels et les communes plus petites où la concentration de biens à fort potentiel peut être ponctuellement élevée.


