Sur 10 140 logements analysés dans le département 42 (Loire) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 1 582 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 15.6 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement, et lui attribue une étiquette allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Cet indicateur, obligatoire lors de toute vente ou mise en location, constitue une donnée publique exploitable pour identifier les biens susceptibles de nécessiter des travaux de rénovation ou de faire l'objet d'une mise sur le marché.
Les étiquettes F et G revêtent une importance particulière pour les professionnels de l'immobilier : la loi Climat et Résilience organise un calendrier progressif de restriction de mise en location pour ces biens, ce qui pousse certains propriétaires à arbitrer entre engager des travaux coûteux ou vendre le bien. Cette contrainte réglementaire, combinée à une décote généralement observée sur les biens mal notés, fait des passoires thermiques une cible de prospection pertinente. Le territoire de la Loire (42), avec 10 140 logements analysés sur 215 communes, offre un terrain d'observation étendu pour repérer ces situations.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 10 140 logements analysés dans la Loire, 1 582 sont classés F ou G, soit 15,6 % du parc étudié. Ce niveau signale une part non négligeable de biens potentiellement concernés par les restrictions locatives à venir et par une nécessité de rénovation énergétique. Plus largement, 7 085 logements, soit 69,9 % de l'ensemble, se situent en étiquette D à G, ce qui indique qu'une large majorité du parc analysé présente une performance énergétique moyenne à faible.
La répartition détaillée par étiquette confirme cette lecture : la classe C rassemble 2 566 logements et la classe D, la plus représentée, en compte 3 590. Les classes E (1 913), F (964) et G (618) complètent un ensemble où les logements les plus performants restent minoritaires, avec seulement 169 logements en A et 320 en B. Cette structure traduit un parc globalement ancien ou peu rénové sur le plan énergétique, dans lequel les biens les mieux notés constituent l'exception plutôt que la norme.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Saint-Cyr-de-Valorges | 5 | 4 | 80 % | 70 |
| 2 | Grézolles | 5 | 4 | 80 % | 70 |
| 3 | Essertines-en-Châtelneuf | 13 | 10 | 76.9 % | 67 |
| 4 | Coutouvre | 12 | 8 | 66.7 % | 62 |
| 5 | Saint-Bonnet-des-Quarts | 6 | 4 | 66.7 % | 62 |
| 6 | Cremeaux | 11 | 7 | 63.6 % | 60 |
| 7 | Solore-en-Forez | 8 | 5 | 62.5 % | 59 |
| 8 | Écoche | 5 | 3 | 60 % | 58 |
| 9 | Sainte-Colombe-sur-Gand | 5 | 3 | 60 % | 58 |
| 10 | Leigneux | 5 | 3 | 60 % | 58 |
| 11 | Bully | 7 | 4 | 57.1 % | 56 |
| 12 | Saint-Étienne | 3 340 | 443 | 13.3 % | 54 |
| 13 | Villers | 5 | 3 | 60 % | 54 |
| 14 | Belleroche | 5 | 3 | 60 % | 54 |
| 15 | Roisey | 11 | 6 | 54.5 % | 52 |
| 16 | Saint-Romain-la-Motte | 6 | 3 | 50 % | 51 |
| 17 | Saint-Martin-d'Estréaux | 9 | 5 | 55.6 % | 50 |
| 18 | Vézelin-sur-Loire | 7 | 4 | 57.1 % | 50 |
| 19 | La Côte-Saint-Didier | 8 | 4 | 50 % | 49 |
| 20 | Chalmazel-Jeansagnière | 15 | 7 | 46.7 % | 48 |
Lecture du classement
Les communes identifiées comme présentant le plus fort potentiel se caractérisent par des parts de passoires thermiques élevées, comprises entre 60 % et 80 % des logements analysés. Saint-Cyr-de-Valorges et Grézolles arrivent en tête avec 80 % de passoires F/G et un indice de 70/100, mais sur des volumes très restreints de 5 logements analysés chacune, ce qui limite le nombre de dossiers concrets exploitables dans l'immédiat.
Essertines-en-Châtelneuf se distingue par un équilibre plus favorable entre volume et intensité : 13 logements analysés, dont 76,9 % de passoires F/G, pour un indice de 67/100. Coutouvre (12 logements, 66,7 %, indice 62) et Crémeaux (11 logements, 63,6 %, indice 60) présentent des profils comparables. Les autres communes du classement, Saint-Bonnet-des-Quarts, Solore-en-Forez et Écoche, affichent des parts de passoires également élevées mais sur des bases de 5 à 8 logements, ce qui en fait des cibles complémentaires plutôt que prioritaires en volume.
Ce que cela implique pour votre prospection
Pour un agent immobilier prospectant sur le territoire de la Loire, ces données permettent de prioriser les efforts en fonction du potentiel réel de chaque commune, en combinant part de passoires thermiques et volume de logements analysés.
- Concentrer une première vague de prospection sur Essertines-en-Châtelneuf, Coutouvre et Crémeaux, où le nombre de logements analysés offre davantage de dossiers exploitables.
- Ne pas négliger les communes à très fort taux mais faible volume, comme Saint-Cyr-de-Valorges ou Grézolles, en les intégrant dans une prospection de niche ou de fidélisation locale.
- Adapter le discours commercial aux propriétaires de biens F et G en évoquant les contraintes de mise en location liées à la loi Climat et Résilience et l'intérêt d'anticiper une vente ou des travaux.
- Utiliser la répartition globale du parc, où les étiquettes D à G représentent 69,9 % des logements, pour élargir la prospection au-delà des seules passoires vers les biens énergivores en général.
- Croiser ces données avec les informations DVF disponibles pour qualifier plus finement les propriétaires susceptibles d'être en phase de réflexion sur une vente.
En résumé
Le territoire de la Loire présente un parc de logements majoritairement énergivore, avec une part significative de passoires thermiques concentrée dans certaines communes rurales de taille modeste. Cette configuration offre aux agents immobiliers des points d'entrée identifiables pour orienter leur prospection, à condition de tenir compte à la fois du taux de passoires et du volume de logements disponibles dans chaque commune.


