Sur 827 logements analysés dans le département 48 (Lozère) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 225 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 27.2 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, sur une échelle allant de A (logement performant) à G (logement très énergivore, dit « passoire thermique »). Cette étiquette est devenue une donnée centrale dans les transactions immobilières : elle conditionne l'accès à la location pour les logements les plus dégradés dans le cadre de la loi Climat et Résilience, et elle influence directement la valeur perçue d'un bien lors d'une vente. Un logement classé F ou G subit généralement une décote et impose à son propriétaire un arbitrage entre engager des travaux de rénovation coûteux ou vendre le bien en l'état.
Pour un agent immobilier, ces logements représentent donc un vivier de propriétaires potentiellement plus enclins à céder leur bien, faute de moyens ou de volonté d'entreprendre des travaux. La Lozère, avec 827 logements analysés répartis sur 38 communes, constitue un territoire rural où le parc bâti ancien est fortement représenté, ce qui en fait un terrain d'observation pertinent pour identifier les zones à fort potentiel de mise en vente liée à la performance énergétique.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 827 logements analysés en Lozère, 225 sont classés F ou G, soit 27,2 % du parc étudié. Cette proportion signifie qu'un logement sur quatre environ présente une performance énergétique très dégradée, un niveau qui expose les propriétaires concernés aux contraintes réglementaires et à une dévalorisation de leur bien. Plus largement, 631 logements, soit 76,3 % du total, se situent dans les étiquettes D à G, ce qui indique que la majorité du parc analysé reste éloignée des standards de performance énergétique récents.
La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : les classes A et B, qui correspondent aux logements les plus performants, ne totalisent que 39 biens (11 en A, 28 en B), tandis que la classe D concentre à elle seule 243 logements, la plus nombreuse de l'ensemble. Les classes E, F et G rassemblent respectivement 163, 120 et 105 logements, formant un bloc important de biens énergivores. Cette structure illustre un parc immobilier globalement ancien où les rénovations énergétiques significatives restent minoritaires.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Mont Lozère et Goulet | 15 | 12 | 80 % | 74 |
| 2 | Saint-Germain-de-Calberte | 5 | 4 | 80 % | 71 |
| 3 | Saint-Alban-sur-Limagnole | 19 | 12 | 63.2 % | 62 |
| 4 | Gorges du Tarn Causses | 18 | 10 | 55.6 % | 58 |
| 5 | Bel-Air-Val-d'Ance | 7 | 4 | 57.1 % | 57 |
| 6 | Meyrueis | 9 | 5 | 55.6 % | 55 |
| 7 | Mende | 123 | 15 | 12.2 % | 49 |
| 8 | Le Malzieu-Forain | 6 | 3 | 50 % | 49 |
| 9 | Le Collet-de-Dèze | 7 | 3 | 42.9 % | 48 |
| 10 | Saint-Étienne-Vallée-Française | 7 | 3 | 42.9 % | 46 |
| 11 | Peyre en Aubrac | 26 | 8 | 30.8 % | 45 |
| 12 | Saint-Chély-d'Apcher | 56 | 12 | 21.4 % | 42 |
| 13 | Langogne | 37 | 9 | 24.3 % | 42 |
| 14 | Badaroux | 6 | 2 | 33.3 % | 42 |
| 15 | Luc | 6 | 2 | 33.3 % | 42 |
| 16 | Banassac-Canilhac | 13 | 5 | 38.5 % | 41 |
| 17 | Bédouès-Cocurès | 6 | 2 | 33.3 % | 39 |
| 18 | Marvejols | 55 | 8 | 14.5 % | 38 |
| 19 | La Canourgue | 38 | 8 | 21.1 % | 38 |
| 20 | Pont de Montvert - Sud Mont Lozère | 5 | 2 | 40 % | 38 |
Lecture du classement
Le classement des communes au plus fort potentiel met en évidence des situations contrastées selon le volume de logements analysés et la part de passoires thermiques. Mont Lozère et Goulet arrive en tête avec un indice de 74/100, porté par une part de passoires de 80 % sur 15 logements analysés, soit 12 biens F ou G. Saint-Germain-de-Calberte affiche la même proportion de 80 %, mais sur un échantillon plus restreint de 5 logements, ce qui limite le volume absolu de biens concernés malgré un indice élevé de 71/100.
D'autres communes combinent un volume plus conséquent avec une part de passoires notable, comme Saint-Alban-sur-Limagnole (19 logements, 63,2 % de F/G, indice 62/100) ou Gorges du Tarn Causses (18 logements, 55,6 %, indice 58/100). À l'inverse, Mende se distingue par un volume nettement supérieur, 123 logements analysés, mais une part de passoires bien plus faible, 12,2 %, ce qui se traduit par un indice de 49/100 malgré 15 logements F/G en valeur absolue. Ce contraste montre que l'indice de potentiel résulte d'un équilibre entre la proportion de passoires et le nombre de logements disponibles, deux critères qui ne varient pas toujours dans le même sens selon les communes.
Ce que cela implique pour votre prospection
Ces données permettent à un agent immobilier de prioriser ses actions de prospection en fonction des caractéristiques propres à chaque commune de Lozère, en tenant compte à la fois du volume de biens concernés et de la part de logements énergivores.
- Concentrer les premières actions de prospection sur Mont Lozère et Goulet et Saint-Alban-sur-Limagnole, qui combinent une part élevée de passoires F/G et un indice de potentiel important.
- Ne pas négliger Mende malgré son indice plus modéré : avec 123 logements analysés et 15 passoires identifiées, le volume absolu de prospects potentiels y reste significatif.
- Adapter le discours commercial auprès des propriétaires de biens F et G en mettant en avant les enjeux réglementaires et la décote associée à ces étiquettes, pour accompagner leur réflexion sur une éventuelle mise en vente.
- Suivre également les communes à petit échantillon comme Saint-Germain-de-Calberte ou Le Malzieu-Forain, où la part de passoires reste élevée malgré un nombre limité de logements analysés.
- Intégrer dans l'argumentaire commercial la proportion globale de logements D à G du territoire (76,3 %), qui témoigne d'un besoin de rénovation généralisé au-delà des seules étiquettes F et G.


