Sur 11 070 logements analysés dans le département 49 (Maine-et-Loire) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 1 068 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 9.6 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, classés sur une échelle de A (performant) à G (peu performant). Cette étiquette figure obligatoirement dans les annonces de vente ou de location et constitue désormais un critère de décision pour les acquéreurs, au même titre que le prix ou la localisation.
Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G, dites passoires thermiques, représentent un enjeu particulier depuis l'entrée en vigueur de la loi Climat et Résilience, qui restreint progressivement la mise en location de ces biens. Les propriétaires concernés font face à une décote potentielle à la revente, à la nécessité d'engager des travaux de rénovation, ou à une obligation de louer un bien qui ne répond plus aux normes. Ces contraintes créent une motivation accrue à vendre, ce qui fait de ces logements une cible de prospection pertinente. Le Maine-et-Loire, avec 149 communes couvertes et 11 070 logements analysés, offre ici une base de lecture large du parc immobilier local.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 11 070 logements analysés dans le département, 1 068 sont classés F ou G, soit 9,6 % du parc. Ce taux, bien que minoritaire, représente un volume non négligeable de biens potentiellement concernés par des obligations de travaux ou des difficultés de mise en location. Plus largement, les logements notés D à G, considérés comme énergivores, regroupent 6 379 unités, soit 57,6 % du total analysé, ce qui signifie qu'une majorité du parc évalué se situe en dessous des étiquettes performantes A, B et C.
La répartition par étiquette confirme cette tendance : la classe D est la plus représentée avec 3 856 logements, suivie de la classe C avec 3 720. Les étiquettes A et B, qui correspondent aux logements les plus performants, ne totalisent ensemble que 971 logements, soit une part réduite de l'ensemble. Les classes E, F et G cumulent 2 523 logements, ce qui illustre la présence d'un segment significatif de biens susceptibles d'intéresser une prospection ciblée sur les passoires thermiques.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Cheffes | 5 | 3 | 60 % | 70 |
| 2 | Miré | 14 | 7 | 50 % | 58 |
| 3 | Montsoreau | 6 | 3 | 50 % | 58 |
| 4 | Chambellay | 7 | 3 | 42.9 % | 50 |
| 5 | Les Ulmes | 5 | 2 | 40 % | 49 |
| 6 | Angers | 3 184 | 219 | 6.9 % | 47 |
| 7 | Varennes-sur-Loire | 15 | 6 | 40 % | 47 |
| 8 | Denée | 11 | 4 | 36.4 % | 47 |
| 9 | Montilliers | 11 | 4 | 36.4 % | 47 |
| 10 | Saint-Paul-du-Bois | 7 | 2 | 28.6 % | 44 |
| 11 | Distré | 11 | 4 | 36.4 % | 43 |
| 12 | Les Rairies | 10 | 3 | 30 % | 41 |
| 13 | Souzay-Champigny | 5 | 2 | 40 % | 41 |
| 14 | Blou | 14 | 5 | 35.7 % | 40 |
| 15 | Fontevraud-l'Abbaye | 12 | 3 | 25 % | 39 |
| 16 | Vernoil-le-Fourrier | 11 | 3 | 27.3 % | 39 |
| 17 | Tuffalun | 20 | 6 | 30 % | 38 |
| 18 | Saint-Macaire-du-Bois | 7 | 2 | 28.6 % | 38 |
| 19 | Saint-Germain-des-Prés | 7 | 2 | 28.6 % | 38 |
| 20 | Montreuil-Bellay | 47 | 14 | 29.8 % | 37 |
Lecture du classement
Parmi les communes au plus fort potentiel, Cheffes se distingue avec un indice de 70/100, porté par une part de passoires thermiques de 60 %, mais sur un volume très restreint de 5 logements analysés. Miré et Montsoreau suivent avec un indice de 58/100 chacune, associant une part de 50 % de passoires F/G à des volumes également limités, respectivement 14 et 6 logements. Chambellay, Les Ulmes, Varennes-sur-Loire et Denée complètent ce groupe avec des indices compris entre 47 et 50/100, portés par des parts de passoires allant de 36,4 % à 42,9 %.
Angers occupe une position particulière dans ce classement : avec 3 184 logements analysés, elle présente une part de passoires F/G nettement plus faible, 6,9 %, mais un volume de 219 logements concernés, très supérieur à celui de toutes les autres communes citées. Cette opposition illustre deux logiques de potentiel distinctes : les petites communes affichent des parts élevées de passoires thermiques mais sur des effectifs réduits, tandis qu'Angers, malgré une part modérée, concentre un nombre absolu de biens à fort potentiel bien plus important du fait de la taille de son parc.
Ce que cela implique pour votre prospection
Ces éléments invitent à adapter la stratégie de prospection selon la taille et la nature de la commune ciblée. Dans les petites communes à forte part de passoires, l'approche peut être plus directe et personnalisée compte tenu du faible nombre de biens concernés, tandis que dans une ville comme Angers, le volume important justifie une approche plus systématique et segmentée.
- Prioriser un contact direct et individualisé dans les communes à faible volume mais forte part de passoires, comme Cheffes, Miré ou Montsoreau, où chaque bien repéré représente une opportunité concrète.
- Mettre en place une prospection structurée et récurrente sur Angers, où le volume de 219 passoires thermiques justifie un traitement en masse via des outils de suivi et de relance.
- Utiliser l'étiquette énergétique comme argument d'entrée en relation avec les propriétaires concernés, en évoquant les obligations liées à la loi Climat et Résilience.
- Croiser les données de passoires thermiques avec d'autres indicateurs de mutation ou d'ancienneté de détention pour affiner le ciblage des propriétaires les plus enclins à vendre.
- Surveiller les communes à indice intermédiaire comme Chambellay, Les Ulmes, Varennes-sur-Loire ou Denée, qui combinent parts significatives de passoires et volumes modestes, propices à une prospection de proximité.
En résumé
Le Maine-et-Loire présente un parc de logements où les biens énergivores et les passoires thermiques occupent une place significative, avec des situations contrastées selon les communes. Les petites communes à forte part de passoires et les grandes villes à fort volume, comme Angers, constituent deux profils de prospection distincts mais complémentaires, que les agents immobiliers peuvent exploiter selon leur zone d'intervention et leurs ressources de suivi.


