Sur 5 904 logements analysés dans le département 50 (Manche) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 754 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 12.8 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (logement très énergivore, dit passoire thermique). Cette classification, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, constitue une donnée publique exploitable pour identifier les biens susceptibles de faire l'objet d'une vente dans les mois ou années à venir.

Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G revêtent une importance particulière depuis l'entrée en application de la loi Climat et Résilience, qui restreint progressivement la mise en location des passoires thermiques. Les propriétaires concernés se trouvent ainsi confrontés à un arbitrage entre engager des travaux de rénovation coûteux ou vendre leur bien, souvent avec une décote liée à l'étiquette énergétique. Ce contexte fait des logements F et G des cibles de prospection à forte probabilité de mise en vente. Sur le territoire de la Manche, l'analyse porte sur 5904 logements répartis dans 209 communes, offrant une base large pour identifier les zones où cette dynamique est la plus marquée.

Chiffres clés

5 904
Logements analysés (DPE)
754 (12.8 %)
Passoires thermiques (F ou G)
3 537 (59.9 %)
Logements énergivores (D à G)
209
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
301 (5.1 %)
B
427 (7.2 %)
C
1 639 (27.8 %)
D
1 889 (32 %)
E
894 (15.1 %)
F
506 (8.6 %)
G
248 (4.2 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 5904 logements analysés dans la Manche, 754 sont classés F ou G, soit 12,8 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques représente une part significative de logements potentiellement soumis aux contraintes réglementaires sur la location et donc susceptibles d'être mis sur le marché de la vente. Plus largement, 3537 logements, soit 59,9 % du total, se situent dans les étiquettes D à G, ce qui signale qu'une majorité du parc analysé présente une performance énergétique moyenne à faible.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : la classe D domine avec 1889 logements, suivie de la classe C avec 1639 logements. Les étiquettes E, F et G totalisent respectivement 894, 506 et 248 logements. À l'inverse, les logements les plus performants, classés A et B, restent minoritaires avec 301 et 427 unités. Cette structure illustre un parc immobilier globalement ancien ou peu rénové sur le plan énergétique, avec une concentration notable de logements nécessitant des travaux ou susceptibles de faire l'objet d'une décision de vente.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Gatteville-le-Phare5360 %
66
2Le Neufbourg5360 %
66
3Lapenty5360 %
66
4Champeaux6350 %
59
5Quinéville8450 %
57
6Brouains5240 %
54
7Cerisy-la-Forêt13646.2 %
53
8Fermanville9444.4 %
51
9Picauville271140.7 %
50
10Romagny Fontenay14535.7 %
50
11Coulouvray-Boisbenâtre10440 %
50
12Le Dézert7342.9 %
50
13Cametours5240 %
50
14Montbray5240 %
50
15Hauteville-la-Guichard5240 %
50
16Saint-Martin-le-Bouillant5240 %
50
17Hardinvast5240 %
50
18Le Teilleul24833.3 %
48
19Lengronne6233.3 %
48
20Saint-Pierre-Langers8337.5 %
47

Lecture du classement

Les communes présentant le plus fort potentiel de prospection se distinguent avant tout par la part de passoires thermiques dans leur parc analysé, plutôt que par le volume absolu de logements. Gatteville-le-Phare, Le Neufbourg et Lapenty arrivent en tête à égalité, chacune avec 5 logements analysés dont 3 classés F ou G, soit 60 % de passoires et un indice de 66/100. Ces communes, de petite taille en nombre de logements étudiés, affichent néanmoins une concentration très élevée de biens énergivores, ce qui en fait des zones de prospection ciblée bien que le volume d'opportunités reste limité.

Champeaux et Quinéville suivent avec des taux de passoires de 50 %, sur des bases légèrement plus larges de 6 et 8 logements respectivement. Cerisy-la-Forêt se distingue par un volume plus conséquent de 13 logements analysés, dont 6 passoires (46,2 %), ce qui en fait la commune du classement combinant le plus de logements analysés et une part significative de passoires, avec un indice de 53/100. Fermanville, avec 9 logements et 4 passoires (44,4 %), et Brouains, avec 5 logements et 2 passoires (40 %), complètent cette liste où l'indice décroît progressivement de 66 à 51, reflétant une baisse relative de la concentration de logements énergivores.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données invitent les agents immobiliers actifs sur le territoire de la Manche à orienter leur prospection en fonction de la concentration de passoires thermiques plutôt que du seul volume de logements, tout en tenant compte de la taille du marché local pour dimensionner l'effort commercial.

  • Prioriser les communes à indice élevé comme Gatteville-le-Phare, Le Neufbourg et Lapenty pour des actions de prospection ciblée, en gardant à l'esprit le faible volume de biens disponibles.
  • Considérer Cerisy-la-Forêt comme une zone à privilégier pour un effort de prospection plus soutenu, en raison de son volume de logements analysés plus élevé combiné à une part notable de passoires.
  • Adapter le discours commercial auprès des propriétaires de logements F et G en mettant en avant les contraintes liées à la mise en location et l'intérêt d'anticiper une vente ou des travaux.
  • Étendre la veille aux communes présentant un taux de logements D à G supérieur à la moyenne du territoire (59,9 %), qui peuvent receler des opportunités futures à mesure que les propriétaires anticipent les évolutions réglementaires.
  • Croiser ces indicateurs de performance énergétique avec d'autres données de marché disponibles pour affiner le ciblage des propriétaires les plus enclins à vendre à court terme.

En résumé

Le territoire de la Manche présente un parc de logements où les étiquettes énergétiques intermédiaires à faibles restent majoritaires, avec une part de passoires thermiques concentrée dans certaines communes de petite taille. Cette configuration offre aux agents immobiliers des pistes de prospection différenciées selon qu'ils privilégient l'intensité de la concentration de passoires ou le volume de logements disponibles, les deux approches pouvant être combinées pour construire une stratégie de prospection adaptée à ce marché local.