Sur 10 574 logements analysés dans le département 54 (Meurthe-et-Moselle) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 1 309 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 12.4 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, sur une échelle allant de A (logement performant) à G (logement très énergivore, dit « passoire thermique »). Cette étiquette est devenue une donnée centrale du marché immobilier depuis l'entrée en vigueur de la loi Climat et Résilience, qui encadre progressivement la location des logements classés F et G et impose des obligations de rénovation à leurs propriétaires.
Pour un agent immobilier, l'étiquette énergétique constitue un signal de prospection important : un propriétaire de logement F ou G est confronté soit à une décote sur la valeur de son bien, soit à des travaux de rénovation coûteux, deux facteurs qui peuvent accélérer une décision de vente. Le territoire de la Meurthe-et-Moselle, avec 10 574 logements analysés répartis sur 210 communes, offre une base de lecture large pour identifier les secteurs où cette dynamique est la plus marquée.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur l'ensemble du parc analysé en Meurthe-et-Moselle, 1 309 logements sont classés F ou G, soit 12,4 % du total. Ce chiffre isole la fraction la plus exposée aux contraintes réglementaires et aux besoins de travaux lourds. Plus largement, les logements classés D à G, considérés comme énergivores, représentent 7 054 unités, soit 66,7 % du parc étudié : les deux tiers des logements analysés se situent donc en dessous du seuil de performance C.
La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : la classe D domine avec 3 840 logements, suivie de la classe C avec 3 024 logements et de la classe E avec 1 905 logements. Les étiquettes A et B, qui correspondent aux logements les plus performants, restent minoritaires avec respectivement 118 et 378 logements. Les classes F et G, à l'origine du taux de passoires thermiques, comptent 955 et 354 logements. Cette structure montre un parc majoritairement composé de logements intermédiaires à énergivores, avec une frange de passoires thermiques significative en volume.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Tucquegnieux | 43 | 27 | 62.8 % | 69 |
| 2 | Barbas | 5 | 3 | 60 % | 64 |
| 3 | Tantonville | 6 | 3 | 50 % | 53 |
| 4 | Bazailles | 5 | 2 | 40 % | 52 |
| 5 | Brin-sur-Seille | 5 | 2 | 40 % | 52 |
| 6 | Nancy | 3 085 | 280 | 9.1 % | 51 |
| 7 | Joudreville | 16 | 6 | 37.5 % | 49 |
| 8 | Frolois | 7 | 3 | 42.9 % | 48 |
| 9 | Crévic | 7 | 3 | 42.9 % | 48 |
| 10 | Maron | 8 | 3 | 37.5 % | 47 |
| 11 | Hussigny-Godbrange | 43 | 16 | 37.2 % | 46 |
| 12 | Belleville | 13 | 5 | 38.5 % | 46 |
| 13 | Trieux | 27 | 10 | 37 % | 44 |
| 14 | Valleroy | 18 | 6 | 33.3 % | 44 |
| 15 | Goviller | 5 | 2 | 40 % | 44 |
| 16 | Saulnes | 24 | 8 | 33.3 % | 43 |
| 17 | Longwy | 245 | 75 | 30.6 % | 42 |
| 18 | Bertrichamps | 9 | 3 | 33.3 % | 42 |
| 19 | Gerbéviller | 9 | 3 | 33.3 % | 40 |
| 20 | Croismare | 7 | 2 | 28.6 % | 40 |
Lecture du classement
Le classement des communes au plus fort potentiel met en évidence deux logiques distinctes. D'un côté, des communes de petite taille comme Barbas, Tantonville, Bazailles, Brin-sur-Seille ou Frolois affichent des parts de passoires F/G élevées, comprises entre 40 % et 60 %, mais sur des volumes réduits, de 5 à 7 logements analysés. Ces taux élevés doivent être lus à la lumière de ce faible nombre de logements, qui limite le volume de prospects mobilisables malgré un indice de potentiel notable, comme les 64/100 de Barbas ou les 53/100 de Tantonville.
Tucquegnieux se distingue en combinant un volume plus conséquent, 43 logements analysés, et une part de passoires F/G de 62,8 %, ce qui lui vaut l'indice le plus élevé du classement à 69/100. Nancy, à l'inverse, présente une part de passoires plus modeste, 9,1 %, mais sur un volume très supérieur de 3 085 logements analysés, ce qui se traduit par 280 logements F/G identifiés et un indice de 51/100. Cette opposition entre communes à forte proportion mais faible volume et communes à volume élevé mais proportion plus contenue illustre deux approches de prospection différentes selon l'objectif recherché.
Ce que cela implique pour votre prospection
Ces données invitent l'agent immobilier à adapter sa stratégie de prospection selon la nature du territoire ciblé : privilégier le volume sur les grandes communes ou la concentration de passoires sur les petites communes à fort indice. Une approche combinée, croisant taille du marché et intensité du potentiel, permet d'optimiser le temps de prospection.
- Cibler en priorité Tucquegnieux, qui associe un indice élevé et un volume de logements suffisant pour construire une action de prospection structurée.
- Exploiter le volume de Nancy pour une prospection de masse, malgré une part de passoires plus faible, en raison du nombre absolu de logements F/G identifiés.
- Traiter les petites communes comme Barbas, Tantonville, Bazailles, Brin-sur-Seille ou Frolois avec une approche individualisée, en contactant directement les propriétaires concernés compte tenu du faible nombre de logements.
- Utiliser la répartition par étiquette pour argumenter auprès des propriétaires de logements D et E, qui représentent une part importante du parc et pourraient anticiper une dégradation de leur classement.
- Documenter chaque contact avec la donnée DPE disponible afin d'appuyer un discours factuel sur la décote ou les obligations de travaux liées aux étiquettes F et G.
En résumé
Le parc de logements analysé en Meurthe-et-Moselle se caractérise par une proportion notable de logements énergivores et une fraction identifiable de passoires thermiques, inégalement répartie selon les communes. Le classement des communes au plus fort potentiel révèle des profils contrastés, entre petites communes à forte concentration de passoires et communes plus peuplées offrant un volume de prospects plus large. Cette double lecture, par taux et par volume, constitue une base pour orienter les actions de prospection sur ce territoire.


