Sur 2 088 logements analysés dans le département 55 (Meuse) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 343 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 16.4 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, sur une échelle allant de A (logement performant) à G (passoire thermique). Ce classement, obligatoire lors de toute vente ou location, est devenu un critère central dans les transactions immobilières, influençant directement la valeur perçue d'un bien.

Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G revêtent une importance particulière du fait de la loi Climat et Résilience, qui restreint progressivement la mise en location des passoires thermiques. Les propriétaires concernés font ainsi face à une décote potentielle de leur bien, à la nécessité d'engager des travaux de rénovation coûteux, ou à une motivation accrue à vendre avant que ces contraintes ne s'appliquent pleinement. Le territoire de la Meuse, avec 2088 logements analysés répartis sur 76 communes, offre un terrain d'observation pour identifier les zones où cette dynamique est la plus marquée.

Chiffres clés

2 088
Logements analysés (DPE)
343 (16.4 %)
Passoires thermiques (F ou G)
1 417 (67.9 %)
Logements énergivores (D à G)
76
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
20 (1 %)
B
125 (6 %)
C
526 (25.2 %)
D
694 (33.2 %)
E
380 (18.2 %)
F
206 (9.9 %)
G
137 (6.6 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 2088 logements analysés en Meuse, 343 sont classés F ou G, soit 16.4 % du parc étudié. Cette proportion de passoires thermiques constitue un vivier de prospection pour les agents immobiliers, ces biens étant les plus exposés aux contraintes réglementaires à venir. Plus largement, les logements classés de D à G représentent 67.9 % du total, soit une large majorité du parc analysé.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : les classes D (694 logements) et E (380 logements) forment le socle le plus important, tandis que les classes F (206) et G (137) complètent un ensemble de logements énergivores particulièrement conséquent. À l'inverse, les logements les plus performants (A et B) ne totalisent que 145 unités, soit une part restreinte du parc. Cette structure indique un parc immobilier globalement ancien ou peu rénové sur le plan énergétique.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Dompcevrin5480 %
66
2Demange-Baudignécourt5360 %
58
3Tannois5360 %
58
4Lacroix-sur-Meuse8562.5 %
57
5Écouviez5360 %
54
6Les Islettes6350 %
52
7Verdun4125112.4 %
50
8Buzy-Darmont9333.3 %
41
9Vigneulles-lès-Hattonchâtel18738.9 %
39
10Dun-sur-Meuse6233.3 %
38
11Varennes-en-Argonne5240 %
37
12Mangiennes5240 %
37
13Bouligny401127.5 %
36
14Dommary-Baroncourt7228.6 %
36
15Vavincourt7228.6 %
36
16Bar-le-Duc1952010.3 %
35
17Belleville-sur-Meuse34823.5 %
34
18Haudainville8225 %
34
19Saint-Hilaire-en-Woëvre5120 %
33
20Revigny-sur-Ornain26519.2 %
32

Lecture du classement

Parmi les communes au plus fort potentiel, Dompcevrin se distingue avec un indice de 66/100 et une part de passoires thermiques de 80 %, la plus élevée de la liste, bien que portant sur un faible volume de 5 logements analysés. Demange-Baudignécourt, Tannois et Écouviez présentent des profils similaires, avec des parts de passoires comprises entre 60 % et celles de petites communes où quelques logements suffisent à faire varier fortement le pourcentage.

Verdun se distingue par un profil différent : avec 412 logements analysés, elle constitue de loin le plus grand volume du territoire, pour une part de passoires plus modérée de 12.4 % mais un nombre absolu de 51 logements F/G, supérieur à celui de toutes les petites communes citées. Ce contraste illustre deux logiques de prospection possibles : cibler des communes à forte concentration proportionnelle de passoires malgré un faible volume, ou privilégier des communes à fort volume comme Verdun où le nombre de biens concernés reste significatif même avec un taux plus bas.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données permettent à un agent immobilier de prioriser ses actions de prospection selon deux approches complémentaires, en fonction de ses objectifs commerciaux et de sa capacité à couvrir un territoire.

  • Cibler en priorité les communes à indice élevé comme Dompcevrin ou Demange-Baudignécourt pour des campagnes de prospection ciblées, malgré leur faible volume de logements.
  • Concentrer une part de l'activité sur Verdun, qui offre le plus grand nombre absolu de passoires thermiques (51 logements F/G), garantissant un flux de contacts plus régulier.
  • Adapter le discours commercial en mettant en avant les obligations liées à la loi Climat et Résilience pour sensibiliser les propriétaires de biens classés F ou G à l'intérêt de vendre ou de rénover.
  • Étendre la veille aux logements classés D et E, qui représentent une part importante du parc et constituent un vivier à moyen terme à mesure que les seuils réglementaires évoluent.
  • Croiser ces données avec d'autres indicateurs locaux (DVF, historique des ventes) pour affiner la qualification des prospects avant tout contact.

En résumé

Le territoire de la Meuse présente un parc de logements marqué par une proportion significative de passoires thermiques et de logements énergivores, avec des disparités notables entre communes de petite taille à taux élevé et des communes plus importantes comme Verdun où le volume de biens concernés reste substantiel. Cette configuration offre aux agents immobiliers plusieurs angles de prospection, à ajuster selon leur stratégie commerciale et leur zone de chalandise.