Sur 10 761 logements analysés dans le département 56 (Morbihan) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 1 148 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 10.7 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, en le classant sur une échelle allant de A (performance la plus élevée) à G (performance la plus faible). Ce document, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, est devenu un critère central dans l'analyse d'un bien immobilier, au même titre que sa localisation ou sa surface.
Les étiquettes F et G, dites « passoires thermiques », concentrent une attention particulière depuis l'entrée en vigueur de la loi Climat et Résilience, qui restreint progressivement la mise en location de ces biens. Pour un agent immobilier, ces logements représentent un vivier de vendeurs potentiels : leurs propriétaires, confrontés à une décote de valeur, à des restrictions locatives ou à la perspective de travaux de rénovation coûteux, sont souvent plus enclins à envisager une vente. Le Morbihan, avec 10 761 logements analysés répartis sur 222 communes, constitue à ce titre un territoire d'observation étendu pour identifier ces situations.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 10 761 logements analysés dans le Morbihan, 1 148 sont classés F ou G, soit 10,7 % du parc étudié. Cette proportion, bien que minoritaire, représente un nombre significatif de biens potentiellement concernés par les contraintes réglementaires liées à la performance énergétique. Plus largement, 57,2 % des logements analysés se situent en étiquette D ou au-delà, ce qui indique qu'une majorité du parc se trouve dans une zone de performance énergétique moyenne à faible.
La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : la classe C rassemble le plus grand nombre de logements (3 611), suivie de près par la classe D (3 533). Les étiquettes A et B, correspondant aux logements les plus performants, ne totalisent ensemble que 993 logements, soit une part restreinte de l'ensemble. Les étiquettes F (772) et G (376) viennent compléter ce tableau, confirmant que si les passoires thermiques ne dominent pas le parc, elles s'inscrivent dans un ensemble plus vaste de logements énergivores nécessitant une vigilance particulière.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Tréal | 9 | 5 | 55.6 % | 70 |
| 2 | Saint-Gorgon | 6 | 3 | 50 % | 65 |
| 3 | Bohal | 8 | 4 | 50 % | 63 |
| 4 | Saint-Aignan | 12 | 6 | 50 % | 62 |
| 5 | Caro | 15 | 7 | 46.7 % | 61 |
| 6 | Gâvres | 11 | 5 | 45.5 % | 61 |
| 7 | Forges de Lanouée | 23 | 10 | 43.5 % | 57 |
| 8 | Persquen | 7 | 3 | 42.9 % | 56 |
| 9 | Saint-Brieuc-de-Mauron | 5 | 2 | 40 % | 56 |
| 10 | Neulliac | 5 | 2 | 40 % | 56 |
| 11 | Guémené-sur-Scorff | 32 | 13 | 40.6 % | 54 |
| 12 | Priziac | 18 | 7 | 38.9 % | 52 |
| 13 | Missiriac | 14 | 6 | 42.9 % | 52 |
| 14 | Groix | 39 | 15 | 38.5 % | 51 |
| 15 | Quistinic | 11 | 4 | 36.4 % | 51 |
| 16 | Saint-Armel | 8 | 3 | 37.5 % | 51 |
| 17 | Pleucadeuc | 15 | 6 | 40 % | 50 |
| 18 | Lignol | 11 | 4 | 36.4 % | 49 |
| 19 | Lorient | 1 063 | 60 | 5.6 % | 48 |
| 20 | La Trinité-Porhoët | 12 | 4 | 33.3 % | 47 |
Lecture du classement
Les communes au plus fort potentiel identifiées dans le Morbihan se distinguent par des parts de passoires thermiques élevées, dépassant souvent 40 % voire 50 % des logements analysés localement. Tréal arrive en tête avec un indice de 70/100, porté par une part de 55,6 % de passoires F/G, bien que sur un volume restreint de 9 logements analysés. Saint-Gorgon, Bohal et Saint-Aignan suivent avec des parts atteignant ou avoisinant 50 %, sur des volumes également limités, entre 6 et 12 logements.
D'autres communes, comme Caro, Gâvres, Forges de Lanouée et Persquen, présentent des parts de passoires légèrement inférieures, mais des volumes analysés plus importants pour certaines, à l'image de Forges de Lanouée avec 23 logements et 10 passoires identifiées. Ce contraste entre volume et proportion illustre deux profils de potentiel : des communes à faible volume mais à concentration très élevée de passoires, et des communes où le nombre absolu de biens concernés peut offrir un terrain de prospection plus consistant malgré une part légèrement moindre.
Ce que cela implique pour votre prospection
Pour un agent immobilier actif sur le Morbihan, ces données invitent à orienter la prospection vers les communes présentant à la fois une part élevée de passoires thermiques et un volume de logements suffisant pour justifier un travail de terrain structuré. La combinaison de ces deux critères permet de prioriser les zones où l'effort de prospection a le plus de chances d'aboutir à des mandats.
- Cibler en priorité les communes à indice élevé comme Tréal, Saint-Gorgon et Bohal, tout en gardant à l'esprit leur faible volume de logements analysés.
- Considérer Forges de Lanouée comme un terrain de prospection à plus fort potentiel de volume, avec 23 logements analysés et 10 passoires identifiées.
- Adapter le discours commercial en mettant en avant les enjeux de la loi Climat et Résilience et les conséquences sur la mise en location des biens F et G.
- Utiliser la répartition par étiquette du territoire pour situer chaque bien prospecté dans son contexte local, notamment par rapport à la part importante de logements classés D.
- Croiser ces données avec une connaissance fine du terrain communal pour vérifier la pertinence du potentiel identifié à l'échelle de chaque commune.
En résumé
Le Morbihan présente un parc de logements majoritairement concentré dans les classes énergétiques intermédiaires, avec une part de passoires thermiques qui, bien que minoritaire à l'échelle du territoire, se révèle nettement plus marquée dans certaines communes de petite taille. Cette hétérogénéité communale constitue une base de travail pour orienter une prospection ciblée, en tenant compte à la fois de la proportion de passoires et du volume de logements disponibles dans chaque commune.


