Sur 2 560 logements analysés dans le département 58 (Nièvre) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 776 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 30.3 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle de A (performant) à G (peu performant). Cette étiquette, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, est devenue un critère central dans l'évaluation d'un bien : elle informe l'acheteur ou le locataire sur les charges énergétiques à venir et sur l'ampleur des travaux de rénovation éventuellement nécessaires.

Les étiquettes F et G, dites passoires thermiques, sont particulièrement suivies par les professionnels de l'immobilier. Le cadre réglementaire issu de la loi Climat et Résilience restreint progressivement la mise en location de ces logements, ce qui pousse certains propriétaires à anticiper une vente plutôt que d'engager des travaux de rénovation coûteux. Pour un agent immobilier, ces logements représentent donc un vivier de vendeurs potentiels, avec toutefois une décote de prix à anticiper dans la négociation. La Nièvre, département couvert ici à travers 108 communes et 2560 logements analysés, offre un terrain d'observation pour situer l'ampleur de cet enjeu à l'échelle locale.

Chiffres clés

2 560
Logements analysés (DPE)
776 (30.3 %)
Passoires thermiques (F ou G)
2 100 (82 %)
Logements énergivores (D à G)
108
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
14 (0.5 %)
B
66 (2.6 %)
C
380 (14.8 %)
D
799 (31.2 %)
E
525 (20.5 %)
F
426 (16.6 %)
G
350 (13.7 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 2560 logements analysés dans la Nièvre, 776 sont classés F ou G, soit 30,3 % du parc étudié. Cette proportion signifie qu'environ un logement sur trois entre dans la catégorie des passoires thermiques, un niveau qui place une part significative du parc sous la vigilance des restrictions locatives à venir. Le détail par étiquette montre que la classe G concentre à elle seule 350 logements et la classe F 426, ce qui indique que les logements les plus dégradés énergétiquement (G) ne sont pas minoritaires au sein même des passoires.

Plus largement, 2100 logements, soit 82 % du total, se situent dans les classes D à G. Cette répartition met en évidence un parc largement composé de logements énergivores, les classes A et B ne représentant ensemble que 80 logements, soit une part marginale. La classe C, avec 380 logements, et la classe D, la plus représentée avec 799 logements, forment le cœur de la distribution. Ce profil traduit un parc de logements globalement ancien ou peu rénové, où les biens réellement performants restent l'exception plutôt que la norme.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Montreuillon55100 %
70
2Colméry55100 %
70
3Dun-les-Places55100 %
70
4Epiry7685.7 %
63
5Billy-Chevannes7685.7 %
63
6La Chapelle-Saint-André6583.3 %
62
7Bulcy6583.3 %
62
8Châtillon-en-Bazois8675 %
58
9Dun-sur-Grandry8675 %
58
10Château-Chinon (Campagne)12975 %
56
11Villapourçon10770 %
56
12Montenoison5480 %
56
13Limanton9666.7 %
54
14Montigny-en-Morvan6466.7 %
54
15Arleuf14964.3 %
53
16Urzy7571.4 %
53
17Nevers5768013.9 %
52
18Champallement5360 %
50
19Livry5360 %
50
20Germigny-sur-Loire10660 %
49

Lecture du classement

Les communes identifiées comme présentant le plus fort potentiel se distinguent par une part très élevée de passoires thermiques parmi les logements analysés, atteignant 100 % à Montreuillon, Colméry et Dun-les-Places. Ces trois communes affichent un indice de 70/100, le plus élevé du classement, mais reposent sur des volumes très restreints, cinq logements analysés dans chaque cas. Ce constat invite à lire ces résultats comme des signaux localisés plutôt que comme une tendance représentative de l'ensemble du parc communal.

Les communes suivantes, Epiry et Billy-Chevannes (85,7 % de passoires, indice 63/100), La Chapelle-Saint-André et Bulcy (83,3 %, indice 62/100), puis Châtillon-en-Bazois (75 %, indice 58/100, sur un volume légèrement supérieur de 8 logements), confirment une même logique : plus la part de passoires recule légèrement, plus l'indice diminue en parallèle. Châtillon-en-Bazois, avec le volume analysé le plus important de ce sous-ensemble, offre néanmoins une base un peu plus consistante pour orienter une prospection, sans que cela ne remette en cause l'intérêt des communes à plus faible volume mais à part de passoires maximale.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données invitent l'agent immobilier prospectant en Nièvre à hiérarchiser ses actions selon deux critères combinés, la part de passoires thermiques et le volume de logements analysés, afin d'équilibrer opportunités concentrées et bases de prospection plus larges. Les communes à indice élevé mais faible volume méritent une approche ciblée et personnalisée, tandis que le socle départemental de logements en classes D à G justifie une communication plus généraliste sur la valorisation énergétique des biens.
  • Prioriser un contact direct avec les propriétaires des communes à 100 % de passoires (Montreuillon, Colméry, Dun-les-Places), en tenant compte du faible nombre de biens concernés.
  • Constituer un argumentaire dédié à la décote liée aux étiquettes F et G, pour accompagner les propriétaires dans l'anticipation d'une vente plutôt que d'une rénovation lourde.
  • Étendre la veille aux communes à volume plus significatif comme Châtillon-en-Bazois, où la base de prospection est plus large.
  • Adapter le discours commercial selon la classe énergétique dominante localement, en particulier sur les logements classés D, majoritaires dans le département.
  • Suivre l'évolution du calendrier réglementaire applicable aux logements F et G pour ajuster le moment de la prise de contact avec les propriétaires concernés.

En résumé

Le parc de logements analysé en Nièvre présente une proportion notable de passoires thermiques et une majorité de logements énergivores, ce qui constitue un contexte favorable à l'identification de vendeurs potentiels. Les communes au plus fort potentiel, bien que reposant parfois sur des volumes limités, offrent des points d'entrée concrets pour une prospection ciblée, à combiner avec une lecture plus large de la répartition départementale des étiquettes énergétiques.