Sur 37 496 logements analysés dans le département 59 (Nord) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 3 497 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 9.3 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Ce classement, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, est devenu un critère central dans l'évaluation d'un bien et dans la décision des propriétaires de vendre ou non.
Les étiquettes F et G revêtent une importance particulière pour un agent immobilier depuis l'entrée en application de la loi Climat et Résilience, qui restreint progressivement la mise en location des logements les plus énergivores. Un propriétaire d'une passoire thermique se trouve ainsi confronté à un choix : engager des travaux de rénovation coûteux, subir une décote à la revente, ou vendre avant que la contrainte réglementaire ne pèse davantage sur la valeur du bien. Le territoire du Nord (59), couvrant 509 communes pour 37496 logements analysés, constitue à ce titre un terrain d'observation étendu de ces dynamiques.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 37496 logements analysés dans le Nord, 3497 sont classés F ou G, soit 9.3 % du parc étudié. Si cette proportion reste minoritaire, elle représente néanmoins un volume conséquent de biens potentiellement concernés par les restrictions locatives et par une pression à la vente. Plus largement, 23714 logements, soit 63.2 % du total, se situent en étiquette D, E, F ou G, ce qui traduit un parc majoritairement composé de logements énergivores ou intermédiaires plutôt que performants.
La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : les classes C (12361) et D (13812) concentrent l'essentiel des logements, tandis que les étiquettes A (332) et B (1089) restent marginales. Les catégories E (6405), F (2485) et G (1012) complètent un ensemble où les biens les plus performants sont nettement minoritaires. Cette structure suggère un parc ancien ou peu rénové sur une large partie du territoire, avec un potentiel de mise en conformité énergétique qui concerne une part significative des propriétaires.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Limont-Fontaine | 5 | 4 | 80 % | 70 |
| 2 | Bousignies-sur-Roc | 7 | 4 | 57.1 % | 56 |
| 3 | Cagnoncles | 6 | 4 | 66.7 % | 55 |
| 4 | Hecq | 8 | 5 | 62.5 % | 54 |
| 5 | Rieulay | 7 | 4 | 57.1 % | 53 |
| 6 | Bellignies | 6 | 3 | 50 % | 51 |
| 7 | Saint-Vaast-en-Cambrésis | 10 | 5 | 50 % | 49 |
| 8 | Lesdain | 6 | 3 | 50 % | 48 |
| 9 | Gussignies | 6 | 3 | 50 % | 48 |
| 10 | Lille | 6 171 | 499 | 8.1 % | 47 |
| 11 | Flaumont-Waudrechies | 7 | 3 | 42.9 % | 47 |
| 12 | Wavrechain-sous-Faulx | 5 | 2 | 40 % | 45 |
| 13 | Reumont | 5 | 2 | 40 % | 45 |
| 14 | Prisches | 12 | 5 | 41.7 % | 44 |
| 15 | Beauvois-en-Cambrésis | 34 | 13 | 38.2 % | 43 |
| 16 | Quérénaing | 12 | 5 | 41.7 % | 43 |
| 17 | Merckeghem | 8 | 3 | 37.5 % | 43 |
| 18 | Esnes | 8 | 3 | 37.5 % | 41 |
| 19 | Mairieux | 7 | 3 | 42.9 % | 41 |
| 20 | Dourlers | 6 | 2 | 33.3 % | 41 |
Lecture du classement
Les communes identifiées comme présentant le plus fort potentiel se distinguent par des taux de passoires thermiques élevés, souvent supérieurs à la moyenne du territoire. Limont-Fontaine arrive en tête avec un indice de 70/100, porté par une part de passoires F/G atteignant 80 % sur 5 logements analysés. Ce cas illustre une caractéristique commune à plusieurs communes de ce classement : des volumes de logements analysés restreints, entre 5 et 10 unités, qui accentuent mécaniquement le poids relatif de chaque passoire recensée.
Bousignies-sur-Roc, Cagnoncles, Hecq et Rieulay affichent des indices compris entre 53 et 56, avec des parts de passoires allant de 57.1 % à 66.7 %. Bellignies, Saint-Vaast-en-Cambrésis et Lesdain, avec des indices de 48 à 51, présentent des taux de 50 %. Ces communes, bien que moins peuplées en termes de logements analysés que les grandes agglomérations du territoire, concentrent une proportion de biens énergivores qui en fait des zones à surveiller pour un travail de prospection ciblé.
Ce que cela implique pour votre prospection
Pour un agent immobilier prospectant sur le territoire du Nord, ces données permettent d'orienter les priorités d'action vers les zones où la concentration de passoires thermiques est la plus forte, en tenant compte à la fois du volume de logements concernés et de la part relative de biens F/G. Une approche différenciée entre les communes à fort volume, comme celles regroupant l'essentiel du parc énergivore D à G, et les petites communes à fort taux de passoires, comme celles du classement, permet d'adapter le discours commercial.
- Cibler en priorité les communes affichant à la fois un indice de potentiel élevé et une part significative de logements F/G, telles que Limont-Fontaine, Cagnoncles ou Hecq.
- Adapter le discours de prospection auprès des propriétaires de logements F/G en évoquant les contraintes locatives issues de la loi Climat et Résilience.
- Anticiper les demandes d'estimation en tenant compte de la décote potentielle liée à la classe énergétique du bien.
- Mettre en avant, auprès des vendeurs, l'intérêt de réaliser un diagnostic actualisé avant mise en vente pour clarifier la situation énergétique du bien.
- Suivre l'évolution de la répartition des étiquettes sur les communes à fort volume de logements D à G, qui représentent une réserve importante de biens à accompagner vers la vente ou la rénovation.
En résumé
Le territoire du Nord présente un parc de logements majoritairement composé de biens énergivores, avec une part non négligeable de passoires thermiques concentrées dans certaines communes à faible volume mais à fort taux de F/G. Cette configuration offre aux agents immobiliers des repères concrets pour orienter leur prospection, en combinant lecture du volume global et identification des zones où la pression réglementaire et la nécessité de travaux sont les plus susceptibles de motiver une mise en vente.


