Sur 10 913 logements analysés dans le département 60 (Oise) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 1 257 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 11.5 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Cette classification, réalisée à partir de critères techniques du bâti (isolation, système de chauffage, ventilation), constitue depuis plusieurs années un élément central de la transaction immobilière, intégré à l'annonce de vente comme de location.

Les étiquettes F et G revêtent une importance particulière pour les professionnels de l'immobilier dans le cadre de la loi Climat et Résilience, qui organise un calendrier de restrictions progressives à la location des logements les plus énergivores. Cette contrainte réglementaire pousse une partie des propriétaires concernés à anticiper une vente plutôt que d'engager des travaux de rénovation, ou à intégrer une décote dans leur prix de cession. Sur le territoire de l'Oise, 10 913 logements ont été analysés à travers 339 communes couvertes, offrant une base de lecture représentative de la diversité du parc départemental, entre zones urbaines et communes rurales de faible taille.

Chiffres clés

10 913
Logements analysés (DPE)
1 257 (11.5 %)
Passoires thermiques (F ou G)
7 240 (66.3 %)
Logements énergivores (D à G)
339
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
85 (0.8 %)
B
329 (3 %)
C
3 259 (29.9 %)
D
4 076 (37.3 %)
E
1 907 (17.5 %)
F
815 (7.5 %)
G
442 (4.1 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 10 913 logements analysés dans l'Oise, 1 257 sont classés F ou G, soit 11,5 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques identifie un segment de logements potentiellement concernés par les restrictions locatives à venir et donc par une motivation accrue à la vente ou à la rénovation. Plus largement, 66,3 % des logements analysés se situent en étiquette D, E, F ou G, ce qui signifie qu'une large majorité du parc départemental présente une performance énergétique moyenne à faible.

La répartition par étiquette confirme cette tendance : la classe D domine avec 4 076 logements, suivie de la classe C avec 3 259 logements et de la classe E avec 1 907 logements. Les étiquettes les plus performantes, A et B, restent minoritaires avec respectivement 85 et 329 logements, tandis que les étiquettes G (442 logements) et F (815 logements) forment ensemble le socle des passoires thermiques recensées. Cette structure de répartition, concentrée sur les classes intermédiaires à faibles, dessine un parc où les logements très performants demeurent rares et où la classe D constitue la référence la plus fréquente.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Saint-Sulpice5480 %
70
2Méry-la-Bataille6466.7 %
62
3Blargies6466.7 %
62
4Margny-sur-Matz6466.7 %
59
5Neuville-Bosc5360 %
58
6Caisnes7457.1 %
56
7Airion6350 %
51
8Grémévillers6350 %
51
9Beauvais9409910.5 %
50
10Chevincourt8450 %
49
11Villers-sur-Auchy6350 %
48
12Pierrefonds301446.7 %
47
13Saint-Vaast-lès-Mello12541.7 %
46
14Hénonville12541.7 %
45
15Sarcus8337.5 %
44
16Silly-Tillard8337.5 %
44
17Cambronne-lès-Ribécourt341338.2 %
43
18Compiègne696507.2 %
41
19Fontaine-Chaalis12433.3 %
41
20Labosse9333.3 %
41

Lecture du classement

Les communes identifiées au plus fort potentiel se distinguent par des parts de passoires F/G particulièrement élevées, allant de 50 % à 80 % des logements analysés localement. Saint-Sulpice arrive en tête avec un indice de 70/100, porté par 4 passoires sur 5 logements analysés, soit 80 %. Méry-la-Bataille et Blargies suivent avec un indice identique de 62/100, chacune affichant 4 passoires sur 6 logements analysés (66,7 %).

Il convient de noter que ces communes reposent sur des volumes de logements analysés très restreints, de 5 à 7 unités selon les cas. Cette faible base explique la sensibilité des pourcentages affichés : un ou deux logements supplémentaires en étiquette F ou G suffisent à faire varier fortement le taux. Les communes suivantes du classement, telles que Margny-sur-Matz, Neuville-Bosc, Caisnes, Airion ou Grémévillers, présentent des indices plus modérés (de 51 à 59/100) mais confirment la même logique : un potentiel concentré sur un nombre limité de logements, ce qui invite à une lecture communale au cas par cas plutôt qu'à une généralisation à l'échelle du territoire.

Ce que cela implique pour votre prospection

Pour un agent immobilier prospectant sur l'Oise, ces données offrent des points d'entrée concrets pour cibler les propriétaires les plus susceptibles d'être confrontés à une décote ou à une obligation de travaux. La combinaison entre le taux départemental de passoires thermiques et les communes à indice élevé permet de prioriser les actions de prospection tout en tenant compte de la taille réduite des échantillons dans certaines communes rurales.
  • Prioriser la prospection sur les communes affichant à la fois un indice élevé et un volume de logements suffisant pour limiter le risque d'erreur statistique.
  • Adapter le discours commercial aux propriétaires de logements F et G en mettant en avant l'échéance des restrictions locatives liées à la loi Climat et Résilience.
  • Vérifier systématiquement l'étiquette DPE individuelle de chaque bien avant tout contact, les moyennes communales pouvant masquer des situations très variées d'un logement à l'autre.
  • Mettre en avant, pour les logements classés D à G, l'intérêt d'une estimation actualisée intégrant l'impact potentiel de la performance énergétique sur le prix de vente.
  • Suivre l'évolution de la part de passoires thermiques dans les communes à faible volume analysé, pour affiner le ciblage au fur et à mesure que davantage de diagnostics seront disponibles.

En résumé

Le parc de logements analysé dans l'Oise se caractérise par une proportion notable de passoires thermiques et une majorité de biens classés D à G, avec des disparités marquées entre communes, notamment celles à faible volume de logements analysés où les indices de potentiel apparaissent les plus élevés. Ces éléments constituent une base factuelle pour orienter la prospection immobilière vers les segments et territoires les plus concernés par les enjeux de performance énergétique.