Sur 3 649 logements analysés dans le département 61 (Orne) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 820 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 22.5 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) classe chaque logement selon son niveau de consommation énergétique et ses émissions de gaz à effet de serre, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (performance la plus faible). Cette étiquette, obligatoire lors de toute mise en vente ou en location, constitue aujourd'hui un indicateur central dans la décision d'achat comme dans la stratégie de vente d'un bien immobilier.

Les étiquettes F et G, dites « passoires thermiques », occupent une place particulière depuis l'entrée en vigueur de la loi Climat et Résilience, qui organise un calendrier progressif de restrictions à la location pour ces biens. Pour un propriétaire, cette contrainte réglementaire, combinée à la perspective de travaux de rénovation coûteux et à la décote appliquée par le marché sur ces logements, constitue un facteur de motivation à la mise en vente. L'Orne, avec 3649 logements analysés répartis sur 147 communes, offre à ce titre un terrain d'observation étendu pour identifier les zones où cette dynamique est la plus marquée.

Chiffres clés

3 649
Logements analysés (DPE)
820 (22.5 %)
Passoires thermiques (F ou G)
2 852 (78.2 %)
Logements énergivores (D à G)
147
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
43 (1.2 %)
B
97 (2.7 %)
C
657 (18 %)
D
1 301 (35.7 %)
E
731 (20 %)
F
523 (14.3 %)
G
297 (8.1 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 3649 logements analysés dans l'Orne, 820 sont classés F ou G, soit 22,5 % du parc étudié. Ce chiffre situe une part notable des logements du territoire dans la catégorie des passoires thermiques, directement concernée par les échéances de restriction locative. Plus largement, 78,2 % des logements analysés se situent en étiquette D, E, F ou G, ce qui indique que le parc immobilier de l'Orne, dans cet échantillon, est très majoritairement composé de biens énergivores ou dont la performance reste perfectible.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette lecture : l'étiquette D domine largement avec 1301 logements, suivie de l'étiquette E (731) et de l'étiquette C (657). Les étiquettes F (523) et G (297) restent significatives en volume, tandis que les logements les plus performants, A (43) et B (97), représentent une proportion réduite de l'ensemble. Cette structure traduit un parc où les biens intermédiaires et énergivores prédominent nettement sur les biens à haute performance énergétique.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Crouttes66100 %
70
2Essay9888.9 %
65
3Landigou5480 %
60
4La Chapelle-Montligeon5480 %
60
5Chandai5480 %
56
6Mantilly6466.7 %
54
7Ginai6466.7 %
54
8Sap-en-Auge171164.7 %
53
9Alençon4515913.1 %
52
10Mauves-sur-Huisne10660 %
51
11Appenai-sous-Bellême5360 %
50
12Vieux-Pont5360 %
50
13Sablons sur Huisne17952.9 %
48
14Le Mêle-sur-Sarthe11654.5 %
48
15Igé9555.6 %
48
16Rémalard en Perche361952.8 %
46
17Cour-Maugis sur Huisne17952.9 %
46
18Bazoches-sur-Hoëne11654.5 %
46
19Ciral7457.1 %
46
20Gandelain5360 %
46

Lecture du classement

Parmi les communes au plus fort potentiel, Crouttes se distingue avec un taux de passoires thermiques de 100 % sur les 6 logements analysés, suivie d'Essay à 88,9 % sur 9 logements. Landigou, La Chapelle-Montligeon et Chandai affichent chacune un taux de 80 % de passoires F/G, avec des volumes analysés restreints (5 logements chacune). Ces communes présentent donc des taux élevés, mais reposent sur de petits échantillons, ce qui doit être pris en compte dans l'appréciation du potentiel réel de prospection.

Sap-en-Auge se singularise par un volume plus conséquent : 17 logements analysés, dont 11 passoires F/G (64,7 %), pour un indice de 53/100. Cette commune combine un taux élevé de passoires et un nombre de biens concernés supérieur à celui des autres communes du classement, ce qui en fait potentiellement un secteur où l'effort de prospection peut s'appuyer sur une base de biens plus large que dans les communes à très petit échantillon comme Crouttes ou Essay.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données permettent à un agent immobilier de prioriser ses actions de prospection sur les communes et les segments du parc où la probabilité de mise en vente liée à la performance énergétique est la plus forte. La combinaison d'un taux élevé de passoires thermiques et d'un volume de logements suffisant constitue un critère utile pour hiérarchiser les zones d'intervention.

  • Cibler en priorité les communes combinant un indice de potentiel élevé et un nombre de logements analysés significatif, comme Sap-en-Auge, pour optimiser le volume de contacts utiles.
  • Ne pas négliger les communes à très fort taux mais faible volume, en les intégrant dans une approche de veille plutôt que de campagne massive.
  • Adapter le discours de prospection aux propriétaires de logements F et G en mettant en avant les échéances réglementaires liées à la loi Climat et Résilience.
  • Utiliser la répartition par étiquette pour qualifier les biens D et E, qui représentent une part importante du parc et pourraient basculer vers une logique de vente en anticipation de futurs travaux.
  • Actualiser régulièrement le suivi des 147 communes couvertes afin d'identifier l'évolution des zones à potentiel au fil des nouvelles données DPE et DVF disponibles.

En résumé

Le parc immobilier de l'Orne, tel qu'il ressort de cet échantillon, se caractérise par une proportion importante de logements énergivores et par une part notable de passoires thermiques, avec des disparités marquées selon les communes. Cette hétérogénéité offre aux agents immobiliers une base de lecture pour orienter leurs actions de prospection vers les secteurs où la concentration de biens F et G, combinée à un volume suffisant de logements analysés, laisse présager une dynamique de mise en vente liée aux contraintes énergétiques.