Sur 20 616 logements analysés dans le département 62 (Pas-de-Calais) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 2 496 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 12.1 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation énergétique d'un logement ainsi que ses émissions de gaz à effet de serre, et le classe selon une étiquette allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Cette classification, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, est devenue une donnée centrale pour les professionnels de l'immobilier car elle influe directement sur la valeur perçue d'un bien et sur les conditions de sa mise sur le marché.
La loi Climat et Résilience organise un calendrier d'interdiction progressive de mise en location des logements classés F et G, ce qui contraint les propriétaires bailleurs concernés à arbitrer entre travaux de rénovation coûteux et vente du bien. Cette contrainte réglementaire crée une motivation à vendre identifiable en amont pour un agent immobilier attentif aux données DPE. Le Pas-de-Calais, avec 20616 logements analysés répartis sur 412 communes, constitue un territoire d'observation étendu permettant de localiser ces situations.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur l'ensemble du parc analysé dans le Pas-de-Calais, 2496 logements sont classés F ou G, soit 12,1 % du total. Ce chiffre isole la fraction la plus directement concernée par les échéances de la loi Climat et Résilience. Plus largement, 13821 logements, soit 67 % du parc, appartiennent aux étiquettes D à G, ce qui signifie que la majorité des biens analysés se situe en dessous du seuil de performance intermédiaire C.
La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : la classe D concentre le plus grand nombre de logements (7685), suivie de la classe C (5855) puis de la classe E (3640). Les étiquettes F (1568) et G (928) forment ensemble les 2496 passoires thermiques identifiées. Les classes A (245) et B (695) restent minoritaires, ce qui indique qu'un parc réellement performant demeure peu représenté à l'échelle de ce territoire.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Serques | 5 | 3 | 60 % | 70 |
| 2 | Havrincourt | 7 | 4 | 57.1 % | 68 |
| 3 | Fléchin | 5 | 3 | 60 % | 66 |
| 4 | Arques | 122 | 56 | 45.9 % | 59 |
| 5 | Bertincourt | 8 | 4 | 50 % | 59 |
| 6 | Crémarest | 6 | 3 | 50 % | 59 |
| 7 | Nédonchel | 6 | 3 | 50 % | 59 |
| 8 | Gouy-Saint-André | 6 | 3 | 50 % | 59 |
| 9 | Hames-Boucres | 16 | 8 | 50 % | 58 |
| 10 | Saudemont | 5 | 2 | 40 % | 54 |
| 11 | Saulty | 7 | 3 | 42.9 % | 53 |
| 12 | Calais | 892 | 81 | 9.1 % | 52 |
| 13 | Boulogne-sur-Mer | 745 | 89 | 11.9 % | 50 |
| 14 | Fouquereuil | 10 | 4 | 40 % | 50 |
| 15 | Audinghen | 5 | 2 | 40 % | 50 |
| 16 | Houchin | 5 | 2 | 40 % | 50 |
| 17 | Blessy | 5 | 2 | 40 % | 50 |
| 18 | Le Parcq | 11 | 4 | 36.4 % | 49 |
| 19 | Bouin-Plumoison | 8 | 3 | 37.5 % | 49 |
| 20 | Wavrans-sur-l'Aa | 8 | 3 | 37.5 % | 49 |
Lecture du classement
Les communes affichant les indices de potentiel les plus élevés, Serques (70/100), Havrincourt (68/100) et Fléchin (66/100), présentent des taux de passoires F/G compris entre 57,1 % et 60 %, mais reposent sur des volumes très restreints, de 5 à 7 logements analysés. Ces situations signalent une concentration relative de passoires thermiques, à interpréter avec prudence compte tenu du faible nombre de biens concernés.
Arques se distingue en combinant un volume nettement supérieur, 122 logements analysés, à une part de passoires F/G de 45,9 %, soit 56 logements identifiés, pour un indice de 59/100. Ce niveau de volume rend cette commune plus significative pour une action de prospection structurée que les communes précédentes. Bertincourt, Crémarest, Nédonchel et Gouy-Saint-André partagent le même indice (59/100) avec des taux de 50 % de passoires sur des bases de 6 à 8 logements analysés, confirmant des poches localisées mais numériquement limitées.
Ce que cela implique pour votre prospection
Ces données permettent à un agent immobilier de prioriser ses actions de prospection selon deux logiques complémentaires : cibler les communes à fort volume comme Arques pour un travail de fond, et surveiller les petites communes à taux élevé pour des opportunités ponctuelles.
- Concentrer les premières actions de prospection sur Arques, qui combine volume de logements et part significative de passoires thermiques.
- Ne pas négliger les communes à faible volume mais à taux élevé (Serques, Havrincourt, Fléchin) en les traitant comme des cibles individuelles plutôt que comme des marchés de masse.
- Segmenter les messages de prospection selon l'étiquette DPE, en s'appuyant sur la répartition A à G pour adapter l'argumentaire entre logements F/G et logements D/E.
- Mettre en avant l'échéance réglementaire liée à la loi Climat et Résilience dans les prises de contact avec les propriétaires de biens F et G identifiés.
- Suivre l'évolution des indices de potentiel commune par commune pour ajuster la répartition de l'effort de prospection dans le temps.
En résumé
Le Pas-de-Calais présente un parc de logements majoritairement classé D à G, avec une part de passoires thermiques concentrée sur certaines communes qui combinent volume de biens et taux élevé de logements F/G. Cette lecture croisée entre nombre de logements et intensité des passoires thermiques offre une base concrète pour orienter une stratégie de prospection différenciée selon les territoires.


