Sur 10 028 logements analysés dans le département 64 (Pyrénées-Atlantiques) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 704 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 7 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, restitués sous forme d'une étiquette allant de A (logement performant) à G (passoire thermique). Cette étiquette est devenue une donnée centrale dans la transaction immobilière : elle conditionne l'attractivité d'un bien, influence sa valorisation et, pour les logements les plus mal classés, restreint progressivement les possibilités de mise en location dans le cadre de la loi Climat et Résilience.

Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G identifient des propriétaires potentiellement contraints d'engager des travaux de rénovation lourds ou de vendre avant que la décote énergétique ne s'accentue. Ces situations constituent un signal de vente à moyen terme. Le territoire des Pyrénées-Atlantiques, avec 10 028 logements analysés répartis sur 183 communes, offre ici une base d'observation large permettant de localiser ces situations à l'échelle communale.

Chiffres clés

10 028
Logements analysés (DPE)
704 (7 %)
Passoires thermiques (F ou G)
5 242 (52.3 %)
Logements énergivores (D à G)
183
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
296 (3 %)
B
563 (5.6 %)
C
3 927 (39.2 %)
D
3 112 (31 %)
E
1 426 (14.2 %)
F
541 (5.4 %)
G
163 (1.6 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 10 028 logements analysés dans les Pyrénées-Atlantiques, 704 sont classés F ou G, soit 7 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques reste circonscrit mais représente néanmoins plusieurs centaines de biens potentiellement concernés par une obligation de travaux ou par une décote à la revente. La répartition détaillée montre 541 logements en étiquette F et 163 en étiquette G, la classe F constituant donc la majorité des situations les plus dégradées.

Plus largement, 5 242 logements, soit 52,3 % du parc analysé, se situent en étiquette D ou au-delà. La classe C domine l'ensemble avec 3 927 logements, suivie par la classe D avec 3 112 logements, ce qui dessine un parc majoritairement moyen plutôt que performant : les étiquettes A et B ne représentent que 296 et 563 logements. Ce profil traduit un parc où la rénovation énergétique reste un enjeu diffus, avec une frange significative de logements en étiquette E (1 426) qui pourrait basculer vers des classements plus défavorables selon l'évolution des méthodes de calcul ou l'absence de travaux.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Gère-Bélesten5480 %
70
2Arthez-d'Asson5480 %
70
3Béost6350 %
51
4Bruges-Capbis-Mifaget8450 %
46
5Pau1 9291005.2 %
45
6Montaner5240 %
45
7Bérenx7342.9 %
44
8Arette30826.7 %
35
9Ispoure6233.3 %
34
10Biarritz838728.6 %
32
11Ledeuix9333.3 %
32
12Navarrenx29620.7 %
31
13Asson10330 %
31
14Saint-Armou6233.3 %
31
15Gan471021.3 %
29
16Eaux-Bonnes38615.8 %
29
17Bellocq10220 %
29
18Pardies7114.3 %
29
19Bosdarros5120 %
29
20Meillon8225 %
28

Lecture du classement

Les communes au plus fort potentiel se distinguent par des logiques différentes. Gère-Bélesten et Arthez-d'Asson affichent le taux de passoires le plus élevé, 80 %, mais sur des volumes très restreints de 5 logements analysés chacune, ce qui limite le nombre absolu de biens concernés malgré un indice de 70/100. Béost et Bruges-Capbis-Mifaget suivent avec des parts de passoires de 50 %, également sur de petits échantillons de 6 et 8 logements.

Pau se distingue par une configuration opposée : avec 1 929 logements analysés, la part de passoires F/G n'est que de 5,2 %, mais ce taux appliqué à un volume important représente 100 logements identifiés, soit le nombre absolu le plus élevé de la liste. Montaner, Bérenx et Arette complètent ce classement avec des taux compris entre 26,7 % et 44 % sur des volumes intermédiaires, Arette se démarquant par un échantillon plus large de 30 logements pour 8 passoires identifiées. Ce contraste entre communes à fort taux mais faible volume et communes à volume élevé mais taux plus modéré illustre deux approches de prospection complémentaires.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données invitent à moduler la stratégie de prospection selon la nature de la commune ciblée. Sur les petites communes à taux élevé, l'effort peut être concentré sur un nombre restreint de propriétaires identifiables individuellement, tandis que sur une ville comme Pau, le volume de biens concernés justifie une approche plus systématique et segmentée.
  • Prioriser un contact direct et personnalisé auprès des propriétaires des communes à très fort taux de passoires malgré leur faible volume, comme Gère-Bélesten ou Arthez-d'Asson.
  • Mettre en place une campagne de prospection structurée sur Pau, où le nombre absolu de passoires thermiques (100 logements) offre un vivier conséquent malgré un taux plus faible.
  • Adapter le discours commercial en mettant en avant l'impact de l'étiquette énergétique sur la valorisation du bien et l'anticipation des contraintes réglementaires à venir.
  • Surveiller les communes où la part de logements en étiquette D ou E est élevée, ces biens pouvant constituer un vivier de futurs vendeurs si leur classement se dégrade.
  • Utiliser l'indice de potentiel communal comme outil de hiérarchisation des zones de prospection plutôt que le seul taux de passoires ou le seul volume.

En résumé

L'analyse du parc des Pyrénées-Atlantiques met en évidence un territoire où les passoires thermiques restent minoritaires en proportion mais où plus de la moitié des logements se situent en étiquette D ou en dessous, révélant un enjeu de rénovation énergétique diffus. Le classement des communes au plus fort potentiel illustre deux réalités de prospection distinctes, entre petites communes à taux élevé et pôle urbain à fort volume, offrant à l'agent immobilier des angles d'approche différenciés selon la zone visée.