Sur 7 091 logements analysés dans le département 71 (Saône-et-Loire) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 1 118 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 15.8 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Cette classification, obligatoire lors de toute vente ou location, est devenue un critère central dans les transactions immobilières depuis le renforcement du cadre réglementaire par la loi Climat et Résilience, qui organise progressivement l'interdiction de mise en location des logements classés G, puis F.
Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G constituent un signal de prospection déterminant : les propriétaires de ces biens sont confrontés à une décote potentielle à la revente, à l'obligation de réaliser des travaux de rénovation énergétique coûteux, ou à l'impossibilité future de louer leur bien. Ce contexte réglementaire crée une motivation à vendre plus marquée chez ces propriétaires. Le territoire de la Saône-et-Loire, avec 7091 logements analysés répartis sur 257 communes, offre un terrain d'observation étendu pour identifier les zones où cette dynamique est la plus forte.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 7091 logements analysés en Saône-et-Loire, 1118 sont classés F ou G, soit 15,8 % du parc étudié. Ce chiffre place une part non négligeable des logements du territoire dans la catégorie des passoires thermiques, directement concernée par les échéances de la loi Climat et Résilience. Plus largement, les logements énergivores D à G représentent 67,9 % du total, soit plus des deux tiers du parc analysé, ce qui indique une majorité de biens dont la performance énergétique reste en retrait par rapport aux standards les plus récents.
La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : la classe D domine avec 2402 logements, suivie de la classe C avec 1874 logements et de la classe E avec 1294 logements. Les étiquettes A et B, qui correspondent aux logements les plus performants, ne totalisent ensemble que 403 logements, soit une proportion réduite au regard de l'ensemble du parc. Les classes F et G, avec respectivement 694 et 424 logements, forment un socle de biens directement exposés aux contraintes réglementaires à venir.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Bissy-la-Mâconnaise | 5 | 4 | 80 % | 70 |
| 2 | Montmelard | 5 | 4 | 80 % | 70 |
| 3 | Anost | 5 | 4 | 80 % | 70 |
| 4 | Frangy-en-Bresse | 7 | 5 | 71.4 % | 62 |
| 5 | Lucenay-l'Évêque | 6 | 4 | 66.7 % | 62 |
| 6 | Charette-Varennes | 6 | 4 | 66.7 % | 62 |
| 7 | Suin | 6 | 4 | 66.7 % | 62 |
| 8 | Poisson | 6 | 4 | 66.7 % | 59 |
| 9 | Bonnay-Saint-Ythaire | 5 | 3 | 60 % | 58 |
| 10 | Vendenesse-lès-Charolles | 13 | 8 | 61.5 % | 57 |
| 11 | Varennes-Saint-Sauveur | 7 | 4 | 57.1 % | 56 |
| 12 | Anzy-le-Duc | 5 | 3 | 60 % | 54 |
| 13 | Lacrost | 9 | 5 | 55.6 % | 53 |
| 14 | Torpes | 7 | 4 | 57.1 % | 53 |
| 15 | Saint-Symphorien-de-Marmagne | 6 | 3 | 50 % | 51 |
| 16 | Ratte | 10 | 5 | 50 % | 50 |
| 17 | Fleury-la-Montagne | 8 | 4 | 50 % | 49 |
| 18 | Tancon | 8 | 4 | 50 % | 49 |
| 19 | Chalon-sur-Saône | 863 | 76 | 8.8 % | 48 |
| 20 | Chalmoux | 6 | 3 | 50 % | 48 |
Lecture du classement
Les communes au plus fort potentiel identifiées, Bissy-la-Mâconnaise, Montmelard et Anost, affichent chacune un taux de passoires thermiques de 80 % pour un indice de 70/100, avec 4 logements F/G sur 5 analysés. Ces trois communes se distinguent par la proportion la plus élevée de passoires dans l'échantillon fourni, mais reposent sur un très faible nombre de logements analysés, ce qui doit être pris en compte dans l'interprétation du potentiel réel.
Les communes suivantes, Frangy-en-Bresse, Lucenay-l'Évêque, Charette-Varennes, Suin et Poisson, présentent des taux compris entre 66,7 % et 71,4 % pour des indices allant de 59 à 62/100, sur des volumes également limités, entre 6 et 7 logements analysés. Ce qui distingue les communes en tête du classement n'est donc pas le volume de logements concernés, mais la part de passoires thermiques rapportée à un échantillon restreint, ce qui invite à considérer ces indices comme des indicateurs de concentration plutôt que comme des gisements massifs en nombre absolu.
Ce que cela implique pour votre prospection
Pour un agent immobilier prospectant en Saône-et-Loire, ces données invitent à combiner une approche par volume, en s'appuyant sur les classes D à G qui représentent la majorité du parc, avec une approche ciblée sur les communes présentant les taux de passoires les plus élevés, même lorsque le nombre de logements y est limité.
- Prioriser les communes affichant un indice supérieur à 60/100 pour une prise de contact ciblée avec les propriétaires de logements F et G.
- Adapter le discours commercial en mettant en avant les échéances réglementaires liées à la loi Climat et Résilience comme argument de mise en vente anticipée.
- Tenir compte du faible volume de logements dans certaines communes en tête de classement pour dimensionner l'effort de prospection en conséquence.
- Exploiter la part importante des logements classés D (2402 logements) comme réservoir de prospects à moyen terme, avant qu'ils ne basculent dans les catégories les plus contraintes.
- Documenter systématiquement l'étiquette DPE des biens repérés afin de qualifier précisément le potentiel de chaque commune couverte.
En résumé
Le parc de logements analysé en Saône-et-Loire se caractérise par une part significative de passoires thermiques et une majorité de logements énergivores, tandis que les communes au plus fort potentiel se distinguent davantage par la concentration de taux élevés sur de petits volumes que par une masse importante de biens concernés. Cette double lecture, à l'échelle du territoire et à l'échelle communale, permet à un agent immobilier d'orienter sa prospection avec discernement, en combinant les zones à fort volume de logements énergivores et les communes où la proportion de passoires thermiques est la plus marquée.


