Sur 16 923 logements analysés dans le département 76 (Seine-Maritime) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 2 264 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 13.4 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, sur une échelle allant de A (logement très performant) à G (logement très énergivore, dit « passoire thermique »). Cette étiquette, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, est devenue un élément central du dossier de vente.

Les étiquettes F et G concentrent l'attention des professionnels de l'immobilier car la loi Climat et Résilience encadre progressivement la location de ces biens, ce qui pousse une partie des propriétaires vers la vente plutôt que vers des travaux de rénovation coûteux. Ces logements font par ailleurs l'objet d'une décote à la revente, ce qui en fait des cibles naturelles pour un agent en recherche de mandats : le propriétaire est souvent plus enclin à se positionner sur le marché plutôt qu'à engager une rénovation lourde. Le territoire de Seine-Maritime, avec 16 923 logements analysés répartis sur 338 communes, offre un volume de données conséquent pour identifier ces situations.

Chiffres clés

16 923
Logements analysés (DPE)
2 264 (13.4 %)
Passoires thermiques (F ou G)
11 419 (67.5 %)
Logements énergivores (D à G)
338
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
342 (2 %)
B
700 (4.1 %)
C
4 462 (26.4 %)
D
6 080 (35.9 %)
E
3 075 (18.2 %)
F
1 478 (8.7 %)
G
786 (4.6 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur l'ensemble du parc analysé en Seine-Maritime, 2 264 logements sont classés F ou G, soit 13,4 % du total. Ce chiffre situe une part significative mais minoritaire du parc dans la catégorie des passoires thermiques strictes. En revanche, lorsque l'on élargit l'observation aux étiquettes D à G, la proportion grimpe à 67,5 % des logements, soit plus des deux tiers du parc analysé, ce qui indique un parc globalement ancien ou peu performant sur le plan énergétique.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette lecture : les classes C (4 462) et D (6 080) concentrent la majorité des logements, tandis que les étiquettes les plus performantes (A avec 342 et B avec 700) restent minoritaires. Les étiquettes F (1 478) et G (786) forment ensemble le socle des 2 264 passoires thermiques recensées. Cette structure de répartition, avec un centre de gravité situé sur les classes D et E, dessine un parc immobilier où les opportunités de mandats liées à la performance énergétique ne se limitent pas aux seules passoires, mais s'étendent à une part large de logements énergivores.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Haussez6466.7 %
70
2Criquiers8562.5 %
64
3Montreuil-en-Caux5360 %
61
4Senneville-sur-Fécamp7457.1 %
57
5Rouen2 95142714.5 %
55
6Colleville6350 %
54
7Cliponville6350 %
54
8Le Havre2 56238014.8 %
52
9Vattetot-sur-Mer6350 %
51
10Le Torp-Mesnil5240 %
50
11Saint-Aubin-Celloville9444.4 %
49
12Orival231043.5 %
48
13Freneuse10440 %
48
14Blangy-sur-Bresle25936 %
46
15Saint-Pierre-de-Manneville12541.7 %
46
16Beuzeville-la-Grenier11436.4 %
46
17Ganzeville5240 %
46
18Vatteville-la-Rue9444.4 %
45
19Grumesnil9333.3 %
45
20Yébleron12433.3 %
43

Lecture du classement

Les communes en tête du classement par indice de potentiel se distinguent par des profils très contrastés. Des communes rurales de petite taille comme Haussez (6 logements analysés, 4 passoires F/G, soit 66,7 %, indice 70/100), Criquiers (8 logements, 62,5 %, indice 64/100), Montreuil-en-Caux (5 logements, 60 %, indice 61/100) ou Senneville-sur-Fécamp (7 logements, 57,1 %, indice 57/100) affichent des taux de passoires thermiques très élevés, mais reposent sur des volumes de logements analysés très restreints, ce qui limite le nombre de mandats potentiels malgré un indice élevé.

À l'inverse, Rouen (2 951 logements analysés, 427 passoires F/G, soit 14,5 %, indice 55/100) et Le Havre (2 562 logements, 380 passoires F/G, soit 14,8 %, indice 52/100) présentent des taux de passoires plus modérés mais un volume de logements concernés nettement supérieur, ce qui explique leur place dans ce classement malgré une proportion moindre. Colleville et Cliponville, avec 50 % de passoires chacune sur de petits échantillons (6 logements), complètent cette liste avec un profil intermédiaire entre les très petites communes rurales et les grandes agglomérations.

Ce que cela implique pour votre prospection

Cette lecture croisée entre taux de passoires et volume de logements analysés doit guider la stratégie de prospection d'un agent immobilier actif en Seine-Maritime. Les petites communes à taux élevé offrent des cibles qualifiées mais peu nombreuses, tandis que Rouen et Le Havre représentent des bassins de mandats potentiels plus larges en valeur absolue.

  • Prioriser Rouen et Le Havre pour un volume d'actions de prospection plus important, en ciblant spécifiquement les logements F et G identifiés.
  • Traiter les communes rurales à fort taux (Haussez, Criquiers, Montreuil-en-Caux, Senneville-sur-Fécamp, Colleville, Cliponville) comme des cibles de niche, avec une approche personnalisée compte tenu du faible nombre de biens concernés.
  • Adapter le discours commercial en s'appuyant sur la contrainte réglementaire liée aux étiquettes F et G pour sensibiliser les propriétaires à la mise en vente plutôt qu'à la rénovation.
  • Ne pas négliger les logements en étiquette D et E, qui représentent une part importante du parc (D : 6 080, E : 3 075) et constituent un vivier de futurs vendeurs à moyen terme.
  • Croiser ces données avec d'autres indicateurs de mutation immobilière disponibles dans l'outil de prospection pour affiner la priorisation des contacts.

En résumé

Le parc de logements analysé en Seine-Maritime se caractérise par une part significative de passoires thermiques et une majorité de logements énergivores, avec des situations très hétérogènes selon les communes. Cette diversité impose à l'agent immobilier une approche différenciée, combinant volume sur les grandes villes et ciblage précis sur les petites communes rurales les plus concernées, pour construire une stratégie de prospection adaptée à la réalité de ce territoire.