Sur 3 282 logements analysés dans le département 82 (Tarn-et-Garonne) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 243 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 7.4 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.
Pourquoi ces chiffres comptent
Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Cette classification, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, constitue une donnée objective et publique sur l'état énergétique du parc immobilier.
Les étiquettes F et G revêtent une importance particulière pour les professionnels de l'immobilier depuis l'entrée en vigueur de la loi Climat et Résilience, qui restreint progressivement la mise en location de ces biens. Les propriétaires concernés font face à une décote potentielle de la valeur de leur bien, à l'obligation de réaliser des travaux de rénovation coûteux, ou à l'impossibilité de louer leur logement. Ces contraintes réglementaires et financières constituent autant de facteurs susceptibles d'accélérer une décision de vente. Le Tarn-et-Garonne, avec 3282 logements analysés répartis sur 91 communes, offre un terrain d'observation représentatif de la diversité du parc immobilier départemental, entre zones urbaines et communes rurales.
Chiffres clés
Répartition des étiquettes DPE
Ce que disent ces chiffres
Sur les 3282 logements analysés dans le département, 243 sont classés F ou G, soit 7,4 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques, bien que minoritaire, représente un volume de biens potentiellement concernés par les obligations de rénovation ou de vente. Plus largement, les logements classés D à G, considérés comme énergivores, représentent 1471 unités, soit 44,8 % du parc analysé, ce qui signale qu'une part significative du bâti local nécessite une attention particulière sur le plan énergétique.
La répartition par étiquette montre une concentration marquée sur la classe C (1263 logements), qui constitue la catégorie la plus représentée, suivie par la classe D (891 logements). Les étiquettes A et B, correspondant aux performances les plus élevées, totalisent ensemble 548 logements, un volume nettement inférieur à celui des classes intermédiaires et dégradées. Les étiquettes F (183) et G (60) restent minoritaires en valeur absolue mais concentrent l'essentiel des situations à fort enjeu pour la prospection ciblée.
Classement des communes par potentiel de prospection
Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).
| # | Commune | Logements analysés | Passoires F/G | % F/G | Indice StreetHome |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Varen | 9 | 5 | 55.6 % | 68 |
| 2 | Laguépie | 14 | 7 | 50 % | 57 |
| 3 | Verfeil | 6 | 2 | 33.3 % | 47 |
| 4 | Caylus | 21 | 7 | 33.3 % | 45 |
| 5 | Lauzerte | 20 | 6 | 30 % | 44 |
| 6 | Montauban | 1 147 | 61 | 5.3 % | 43 |
| 7 | Saint-Aignan | 7 | 2 | 28.6 % | 43 |
| 8 | Bruniquel | 7 | 2 | 28.6 % | 43 |
| 9 | Roquecor | 10 | 3 | 30 % | 41 |
| 10 | Parisot | 8 | 2 | 25 % | 38 |
| 11 | Montpezat-de-Quercy | 30 | 5 | 16.7 % | 33 |
| 12 | Saint-Projet | 5 | 1 | 20 % | 30 |
| 13 | Lamagistère | 16 | 3 | 18.8 % | 29 |
| 14 | Mirabel | 8 | 1 | 12.5 % | 29 |
| 15 | Puylaroque | 15 | 3 | 20 % | 28 |
| 16 | Marsac | 6 | 1 | 16.7 % | 28 |
| 17 | Villemade | 7 | 1 | 14.3 % | 27 |
| 18 | Moissac | 169 | 14 | 8.3 % | 26 |
| 19 | Campsas | 21 | 3 | 14.3 % | 26 |
| 20 | Barry-d'Islemade | 5 | 1 | 20 % | 26 |
Lecture du classement
Les communes présentant les indices de potentiel les plus élevés se distinguent selon deux logiques différentes. D'une part, des communes de petite taille comme Varen (9 logements analysés, 55,6 % de passoires F/G, indice 68/100) ou Laguépie (14 logements, 50 %, indice 57/100) affichent des taux de passoires très élevés, mais sur des volumes réduits. Ces territoires signalent une proportion importante de biens à rénover ou à vendre, avec un nombre limité d'opportunités concrètes.
D'autre part, Montauban se distingue par une configuration inverse : avec 1147 logements analysés, la part de passoires F/G n'est que de 5,3 %, un taux nettement inférieur à celui des petites communes du classement. Pourtant, ce taux appliqué à un volume important se traduit par 61 logements F/G, un nombre absolu supérieur à celui de toutes les autres communes listées. Des communes intermédiaires comme Caylus, Lauzerte, Verfeil, Saint-Aignan ou Bruniquel combinent des taux élevés (entre 28,6 % et 33,3 %) sur des volumes modestes, offrant un compromis entre concentration du potentiel et nombre d'opportunités à traiter.
Ce que cela implique pour votre prospection
Ces données invitent à adapter la stratégie de prospection selon la nature de chaque commune : privilégier une approche intensive et personnalisée sur les petites communes à fort taux de passoires, et une approche volumique sur les centres urbains comme Montauban où le nombre absolu de biens F/G reste conséquent malgré un taux plus faible.
- Concentrer les premières actions de prospection sur Varen et Laguépie, où la part de passoires F/G dépasse 50 %, en ciblant directement les propriétaires concernés.
- Exploiter le volume de Montauban, qui regroupe 61 logements F/G, pour construire un portefeuille de prospects sur un marché plus large et actif.
- Utiliser l'argument de la loi Climat et Résilience et de la décote associée aux étiquettes F et G comme levier de discours auprès des propriétaires identifiés.
- Segmenter les communes intermédiaires (Caylus, Lauzerte, Verfeil, Saint-Aignan, Bruniquel) selon leur indice pour prioriser les actions en fonction du temps disponible.
- Suivre l'évolution du parc classé D, qui représente 891 logements, comme réservoir potentiel de futurs biens à rénover ou à vendre à moyen terme.
En résumé
L'analyse du parc de logements du Tarn-et-Garonne met en évidence un contraste entre des communes rurales à fort taux de passoires thermiques mais à faible volume, et un centre urbain comme Montauban où le nombre absolu de biens F/G reste significatif malgré une proportion plus modérée. Cette double lecture, entre taux et volume, permet à l'agent immobilier d'ajuster sa stratégie de prospection selon les spécificités de chaque commune du territoire.


