Sur 14 200 logements analysés dans le département 95 (Val-d'Oise) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 1 729 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 12.2 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie et l'impact en émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (performance la plus faible). Cette étiquette, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, est devenue un critère central dans l'évaluation d'un bien et dans la décision de vente ou d'achat.

Les logements classés F ou G, qualifiés de passoires thermiques, sont directement concernés par le calendrier de la loi Climat et Résilience, qui organise progressivement leur sortie du marché locatif. Pour les propriétaires bailleurs comme pour les propriétaires occupants, cette échéance constitue un facteur de motivation à la vente, souvent renforcé par la perspective de travaux de rénovation coûteux et par la décote de valeur associée à ces étiquettes. Le Val-d'Oise, avec ses 135 communes couvertes et 14200 logements analysés, offre un terrain d'observation représentatif de la diversité du parc résidentiel francilien hors métropole parisienne.

Chiffres clés

14 200
Logements analysés (DPE)
1 729 (12.2 %)
Passoires thermiques (F ou G)
8 865 (62.4 %)
Logements énergivores (D à G)
135
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
140 (1 %)
B
552 (3.9 %)
C
4 643 (32.7 %)
D
4 764 (33.5 %)
E
2 372 (16.7 %)
F
1 067 (7.5 %)
G
662 (4.7 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 14200 logements analysés dans le Val-d'Oise, 1729 sont classés F ou G, soit 12.2 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques doit être mis en perspective avec la part plus large des logements énergivores D à G, qui atteint 62.4 % (8865 logements), signe que la majorité du parc se situe dans les classes intermédiaires à faibles plutôt que dans les meilleures catégories.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : les classes C (4643) et D (4764) concentrent l'essentiel des logements, tandis que les étiquettes les plus performantes, A (140) et B (552), restent minoritaires. À l'autre extrémité, les étiquettes F (1067) et G (662) représentent ensemble le socle des biens les plus exposés aux contraintes réglementaires et aux besoins de rénovation.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Omerville6466.7 %
67
2La Roche-Guyon5360 %
65
3Chaussy10550 %
58
4Argenteuil1 17420817.7 %
57
5Vétheuil12541.7 %
50
6Frouville7342.9 %
49
7Wy-dit-Joli-Village5240 %
46
8Montreuil-sur-Epte5240 %
46
9Enghien-les-Bains2617026.8 %
45
10Presles281035.7 %
44
11Frémécourt6233.3 %
42
12Vallangoujard6233.3 %
42
13Deuil-la-Barre2947224.5 %
41
14Montmorency3206720.9 %
40
15Vigny16637.5 %
40
16Villiers-Adam13430.8 %
40
17Neuville-sur-Oise17529.4 %
39
18Arnouville1403122.1 %
37
19Marines611626.2 %
37
20La Frette-sur-Seine521325 %
37

Lecture du classement

Les communes en tête du classement au plus fort potentiel se distinguent par des logiques différentes. Omerville, La Roche-Guyon et Chaussy affichent les parts de passoires F/G les plus élevées (respectivement 66.7 %, 60 % et 50 %) et les indices les plus forts (67, 65 et 58 sur 100), mais sur des volumes de logements analysés très restreints (6, 5 et 10 logements), ce qui limite leur poids en nombre absolu de biens concernés.

Argenteuil se démarque par un profil différent : avec 1174 logements analysés et 208 passoires F/G (17.7 %), elle combine un volume important et un indice de 57/100, ce qui en fait la commune la plus significative en nombre d'opportunités de prospection concrètes. Les communes suivantes, Vétheuil, Frouville, Wy-dit-Joli-Village et Montreuil-sur-Epte, présentent des parts de passoires comprises entre 40 % et 42.9 % pour des volumes également faibles (5 à 12 logements), illustrant que le potentiel élevé en proportion ne s'accompagne pas systématiquement d'un gisement de biens important.

Ce que cela implique pour votre prospection

Pour un agent immobilier prospectant sur le Val-d'Oise, ces données invitent à distinguer les stratégies selon le volume de biens disponibles et la concentration de passoires thermiques par commune.

  • Prioriser Argenteuil pour une prospection à grande échelle, du fait du nombre élevé de logements F/G identifiés (208) combiné à un indice de potentiel de 57/100.
  • Cibler les communes à très forte part de passoires (Omerville, La Roche-Guyon, Chaussy) pour des actions de prospection ciblée et personnalisée, adaptées à de petits volumes de biens.
  • Adapter le discours commercial en mettant en avant les enjeux de la loi Climat et Résilience et la décote liée aux étiquettes F et G comme leviers de motivation à la vente.
  • Utiliser la répartition par étiquette du territoire pour situer chaque bien identifié dans le contexte local et argumenter sur la position du logement par rapport à l'ensemble du parc.
  • Suivre l'évolution du nombre de logements analysés par commune afin d'ajuster les priorités de prospection au fil de l'enrichissement des données disponibles.

En résumé

Le Val-d'Oise présente un parc résidentiel où les logements énergivores dominent largement, avec une part significative de passoires thermiques concentrée différemment selon les communes. Cette hétérogénéité, entre communes à fort volume comme Argenteuil et communes à forte proportion mais faible effectif, appelle une approche de prospection différenciée, combinant recherche d'opportunités en nombre et ciblage fin sur les territoires à indice de potentiel élevé.