Sur 18 856 logements analysés dans le département 83 (Var) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 690 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 3.7 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (performance la plus faible). Cette classification, obligatoire lors de toute transaction ou location, constitue une donnée publique exploitable pour identifier les biens susceptibles d'être mis sur le marché dans les mois ou années à venir.

Les étiquettes F et G, dites « passoires thermiques », occupent une place particulière dans la loi Climat et Résilience, qui restreint progressivement la mise en location de ces biens. Pour un propriétaire, cette contrainte réglementaire, combinée au coût des travaux de rénovation nécessaires et à la décote qu'elle induit sur la valeur du bien, constitue un facteur de motivation à la vente. Le Var, avec 136 communes couvertes et 18856 logements analysés dans cette étude, représente un territoire suffisamment large et diversifié pour faire apparaître des écarts significatifs entre zones urbaines et communes rurales.

Chiffres clés

18 856
Logements analysés (DPE)
690 (3.7 %)
Passoires thermiques (F ou G)
6 774 (35.9 %)
Logements énergivores (D à G)
136
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
1 128 (6 %)
B
2 984 (15.8 %)
C
7 970 (42.3 %)
D
4 491 (23.8 %)
E
1 593 (8.4 %)
F
574 (3 %)
G
116 (0.6 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 18856 logements analysés dans le Var, 690 sont classés F ou G, soit 3.7 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques reste modéré au regard de la répartition globale des étiquettes, qui montre une concentration marquée sur les classes intermédiaires : la classe C rassemble à elle seule 7970 logements (soit la part la plus importante), suivie par la classe D avec 4491 logements. Les étiquettes A et B totalisent respectivement 1128 et 2984 logements, ce qui traduit un parc où les biens très performants ne sont pas majoritaires mais où les biens extrêmes (F et G) restent également minoritaires.

L'indicateur élargi des logements énergivores, de D à G, atteint en revanche 35.9 % du parc analysé, soit plus d'un tiers des 18856 logements. Cette proportion, nettement supérieure au seul taux de passoires F/G, signale un volume conséquent de biens qui, sans être dans l'urgence réglementaire immédiate des étiquettes F et G, se situent dans une zone de vigilance pour leurs propriétaires. La répartition détaillée (E = 1593, F = 574, G = 116) montre que les étiquettes les plus critiques, F et G, restent numériquement limitées comparées à la classe E, ce qui oriente la prospection vers un travail de ciblage fin plutôt que vers une approche massive.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1La Bastide5360 %
70
2Toulon3 0161404.6 %
43
3La Martre5120 %
37
4Châteaudouble7228.6 %
35
5Montmeyan12325 %
33
6Pontevès14321.4 %
32
7Mazaugues6116.7 %
31
8Mons17317.6 %
27
9Correns10220 %
27
10Bargemon38513.2 %
26
11Saint-Julien34514.7 %
26
12Bauduen7114.3 %
26
13Claviers14214.3 %
25
14Aups47510.6 %
23
15Pourcieux10220 %
23
16Tourtour1119.1 %
22
17La Seyne-sur-Mer948384 %
20
18Régusse41512.2 %
20
19Belgentier27311.1 %
20
20Vins-sur-Caramy19315.8 %
20

Lecture du classement

La commune de La Bastide affiche le taux de passoires le plus élevé du classement, avec 60 % de logements F/G et un indice de 70/100, mais ce résultat repose sur un échantillon très restreint de 5 logements analysés. À l'inverse, Toulon se distingue par son volume : sur 3016 logements analysés, 140 sont des passoires F/G, soit 4.6 %, pour un indice de 43/100. Cette combinaison d'un grand nombre de biens et d'un taux de passoires supérieur à la moyenne du territoire (3.7 %) en fait la commune où le potentiel de prospection est le plus consistant en nombre absolu de dossiers exploitables.

Les autres communes du classement (La Martre, Châteaudouble, Montmeyan, Pontevès, Mazaugues, Mons) présentent des indices compris entre 27 et 37, avec des taux de passoires allant de 16.7 % à 28.6 %, mais sur des volumes très faibles, de 5 à 17 logements analysés. Ces communes rurales illustrent un profil différent de celui de Toulon : le taux de passoires y est proportionnellement élevé, mais le nombre de dossiers concrets reste limité, ce qui invite à distinguer les priorités selon que l'agent recherche un volume d'affaires ou des opportunités ciblées et localisées.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données invitent à une double stratégie de prospection sur le Var, combinant un travail de fond sur les zones à fort volume et une veille ciblée sur les communes rurales où le taux de passoires est proportionnellement élevé malgré un échantillon réduit.

  • Concentrer une part significative de l'effort de prospection sur Toulon, où le volume de 140 passoires F/G identifiées offre le plus grand nombre de dossiers exploitables.
  • Suivre individuellement les communes à fort indice mais faible volume (La Bastide, Châteaudouble, Montmeyan, Pontevès, Mazaugues, Mons) pour ne pas laisser passer des opportunités locales, en adaptant l'approche à la taille réduite de ces marchés.
  • Intégrer dans le discours commercial les enjeux réglementaires liés aux étiquettes F et G, en s'appuyant sur la part de 3.7 % de passoires identifiées comme argument de motivation à la vente ou à la rénovation.
  • Élargir la veille aux logements classés D et E, qui représentent une part substantielle du parc énergivore (35.9 % en cumulé de D à G), pour anticiper les futurs vendeurs avant qu'ils ne basculent en catégorie critique.
  • Adapter le discours selon le profil de commune : approche volumique et structurée sur Toulon, approche personnalisée et de proximité sur les petites communes rurales du classement.

En résumé

Le Var présente un parc de logements analysés où les passoires thermiques restent minoritaires en proportion mais significatives en volume, notamment à Toulon, tandis que plusieurs communes rurales de taille réduite affichent des taux de passoires proportionnellement élevés. Cette configuration appelle une prospection différenciée, articulant traitement de masse dans les zones urbaines et suivi personnalisé dans les communes à faible volume, avec en toile de fond la part notable de logements énergivores de D à G qui élargit le champ des opportunités à moyen terme.