Sur 10 215 logements analysés dans le département 85 (Vendée) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 1 066 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 10.4 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement et son impact en émissions de gaz à effet de serre, classés sur une échelle de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Cette étiquette est devenue une donnée centrale dans la transaction immobilière depuis l'entrée en application de la loi Climat et Résilience, qui restreint progressivement la mise en location des logements classés F et G. Pour un agent immobilier, un DPE défavorable constitue souvent un signal fort : il peut accélérer la décision de vendre chez un propriétaire qui ne souhaite pas engager de travaux de rénovation énergétique, ou qui anticipe une décote sur le prix de vente s'il conserve le bien en l'état.

Ce constat s'applique au territoire de la Vendée (85), pour lequel 10215 logements ont été analysés sur 229 communes couvertes. Ce volume permet d'identifier, à l'échelle communale, les zones où la part de passoires thermiques et le niveau global de vétusté énergétique du parc laissent présager un potentiel de mise en vente plus élevé que la moyenne du département.

Chiffres clés

10 215
Logements analysés (DPE)
1 066 (10.4 %)
Passoires thermiques (F ou G)
6 131 (60 %)
Logements énergivores (D à G)
229
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
516 (5.1 %)
B
583 (5.7 %)
C
2 985 (29.2 %)
D
3 591 (35.2 %)
E
1 474 (14.4 %)
F
699 (6.8 %)
G
367 (3.6 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur l'ensemble des 10215 logements analysés en Vendée, 1066 sont classés F ou G, soit 10.4 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques constitue un premier indicateur de vente potentielle, ces logements étant les plus concernés par les contraintes réglementaires et les plus susceptibles de faire l'objet d'une négociation à la baisse s'ils sont mis sur le marché sans travaux préalables.

Plus largement, 6131 logements, soit 60 % du parc analysé, se situent en étiquette D, E, F ou G, ce qui traduit un parc majoritairement énergivore. La répartition détaillée le confirme : la classe D concentre à elle seule 3591 logements, la classe C 2985, tandis que les étiquettes A et B restent minoritaires avec respectivement 516 et 583 logements. Les classes E, F et G totalisent 2540 logements. Cette structure indique qu'au-delà des seules passoires thermiques, une part importante du parc vendéen se situe dans une zone intermédiaire susceptible de basculer, à terme, dans les catégories les plus contraintes.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Vouvant10660 %
66
2Damvix211047.6 %
57
3Le Givre9444.4 %
55
4Lairoux8450 %
54
5Saint-Étienne-de-Brillouet9444.4 %
51
6Curzon5240 %
49
7Les Sables-d'Olonne1 082867.9 %
48
8Chavagnes-les-Redoux6233.3 %
48
9L'Île-d'Yeu2125726.9 %
45
10L'Aiguillon-la-Presqu'île581729.3 %
44
11La Roche-sur-Yon1 021504.9 %
43
12La Caillère-Saint-Hilaire15533.3 %
42
13Saint-Hilaire-de-Riez3607019.4 %
41
14Mervent23730.4 %
41
15Saint-Maurice-des-Noues7228.6 %
41
16Les Pineaux6233.3 %
41
17Rochetrejoux6233.3 %
41
18Bouillé-Courdault6233.3 %
41
19Saint-Hilaire-le-Vouhis15426.7 %
40
20La Guérinière641726.6 %
39

Lecture du classement

Le classement des communes au plus fort potentiel fait apparaître deux profils distincts. D'un côté, de petites communes rurales telles que Vouvant (10 logements analysés, 6 passoires F/G, soit 60 %, indice 66/100), Lairoux (8 logements, 4 passoires, 50 %, indice 54/100) ou Damvix (21 logements, 10 passoires, 47.6 %, indice 57/100) affichent des taux de passoires très élevés, mais sur des volumes de logements analysés restreints. Le Givre, Saint-Étienne-de-Brillouet et Curzon suivent la même logique, avec des parts de passoires comprises entre 40 % et 44.4 % pour des effectifs analysés de 5 à 9 logements.

À l'inverse, Les Sables-d'Olonne se distingue par un volume nettement supérieur, avec 1082 logements analysés et 86 passoires F/G, soit une part de 7.9 %, sensiblement inférieure à celle des petites communes du classement. Son indice de 48/100 la place néanmoins parmi les communes à fort potentiel, ce qui illustre qu'un volume important de logements peut compenser un taux de passoires plus modéré. Chavagnes-les-Redoux, avec 6 logements analysés et 2 passoires (33.3 %), obtient également un indice de 48/100, confirmant que l'indice résulte d'une combinaison entre part de passoires et effectif de logements, et non du seul taux de passoires.

Ce que cela implique pour votre prospection

Pour un agent immobilier prospectant en Vendée, ces données invitent à combiner deux approches complémentaires : cibler les petites communes à très fort taux de passoires thermiques pour des actions de prospection qualitative et personnalisée, et ne pas négliger les communes à plus fort volume comme Les Sables-d'Olonne, où le nombre absolu de logements F/G reste significatif malgré un taux plus faible.

  • Prioriser un premier contact sur les communes à indice élevé (Vouvant, Damvix, Lairoux, Le Givre) où la part de passoires thermiques dépasse 40 %.
  • Ne pas sous-estimer Les Sables-d'Olonne, qui concentre un volume de 86 logements F/G à lui seul, offrant un vivier de prospects plus large malgré un taux de passoires plus modéré.
  • Adapter le discours commercial en mettant en avant la loi Climat et Résilience et ses restrictions sur la location des logements F et G, argument pertinent pour convaincre un propriétaire hésitant à vendre.
  • Segmenter les actions selon la taille du parc communal : approche individualisée pour les petites communes à faible effectif analysé, campagne plus large pour les communes à volume important.
  • Surveiller également le segment D et E, qui représente une part conséquente du parc vendéen (60 % en cumulant D à G), susceptible de générer des mises en vente à moyen terme.

En résumé

Le parc de logements vendéen analysé présente une part notable de passoires thermiques et une majorité de logements énergivores, avec des disparités marquées entre communes. Les petites communes rurales affichent les taux de passoires les plus élevés, tandis que des communes plus peuplées comme Les Sables-d'Olonne concentrent un volume important de logements concernés. Cette double lecture, entre intensité du phénomène et volume de marché, constitue une base pour orienter les actions de prospection sur le territoire.