Sur 5 986 logements analysés dans le département 86 (Vienne) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 781 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 13 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement ainsi que son impact en émissions de gaz à effet de serre, sur une échelle allant de A (logement très performant) à G (passoire thermique). Cette étiquette est devenue une donnée centrale dans la transaction immobilière, car elle conditionne désormais directement la valeur et la vendabilité d'un bien.

Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G représentent un enjeu de prospection majeur. La loi Climat et Résilience a instauré un calendrier d'interdiction progressive de mise en location des passoires thermiques, ce qui pousse un nombre croissant de propriétaires bailleurs à envisager la vente plutôt que d'engager des travaux de rénovation coûteux. Cette contrainte réglementaire, combinée à la décote de prix que subissent mécaniquement les biens F et G sur le marché, crée une motivation à vendre identifiable en amont. Le territoire de la Vienne, avec 5986 logements analysés sur 174 communes, offre un terrain d'observation étendu pour repérer ces situations.

Chiffres clés

5 986
Logements analysés (DPE)
781 (13 %)
Passoires thermiques (F ou G)
3 758 (62.8 %)
Logements énergivores (D à G)
174
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
138 (2.3 %)
B
248 (4.1 %)
C
1 842 (30.8 %)
D
2 005 (33.5 %)
E
972 (16.2 %)
F
531 (8.9 %)
G
250 (4.2 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 5986 logements analysés dans la Vienne, 781 sont classés F ou G, soit 13 % du parc étudié. Ce taux de passoires thermiques constitue un premier indicateur de volume d'opportunités pour les agents ciblant les propriétaires susceptibles d'être contraints par le calendrier réglementaire. Plus largement, 62,8 % des logements se situent en étiquette D à G, ce qui signifie qu'une large majorité du parc analysé présente une performance énergétique moyenne à faible.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : la classe D concentre le plus grand nombre de logements (2005), suivie de la classe C (1842) et de la classe E (972). Les classes F (531) et G (250) restent minoritaires en volume absolu mais représentent un stock significatif de biens potentiellement concernés par une obligation de travaux ou une décote à la revente. Les logements très performants (A et B) restent peu nombreux, avec respectivement 138 et 248 unités, ce qui situe le parc de la Vienne dans une configuration où la rénovation énergétique demeure un chantier de fond plutôt qu'une exception.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Nalliers7685.7 %
70
2Luchapt5480 %
67
3Millac7571.4 %
62
4Saint-Christophe6466.7 %
59
5Saint-Léomer6466.7 %
56
6Brux11763.6 %
54
7Nueil-sous-Faye5360 %
51
8Coulonges-les-Hérolles5360 %
51
9Antigny9555.6 %
50
10Voulême6350 %
49
11Poitiers2 0571467.1 %
46
12La Trimouille20945 %
46
13Moussac6350 %
46
14Saulgé8450 %
44
15Lizant8450 %
44
16Jazeneuil5240 %
43
17Liniers5240 %
43
18La Puye5240 %
43
19La Roche-Rigault5240 %
43
20Sanxay7342.9 %
42

Lecture du classement

Les communes identifiées comme à plus fort potentiel se distinguent avant tout par des taux de passoires thermiques élevés rapportés à un faible volume de logements analysés. Nalliers arrive en tête avec un indice de 70/100, porté par 6 passoires sur 7 logements analysés (85,7 %), suivie de Luchapt (80 %, indice 67) et Millac (71,4 %, indice 62). Ces communes, de petite taille en nombre de logements étudiés, affichent des proportions de passoires très concentrées, ce qui en fait des cibles où presque chaque bien recensé correspond à un potentiel de prospection.

D'autres communes comme Saint-Christophe, Saint-Léomer, Brux, Nueil-sous-Faye ou Coulonges-les-Hérolles complètent ce classement avec des taux compris entre 60 % et 66,7 % et des indices allant de 51 à 59. Brux se distingue par un volume légèrement supérieur (11 logements analysés, 7 passoires), ce qui peut représenter un gisement de prospection un peu plus large que les autres communes du classement, où les effectifs analysés restent restreints (5 à 7 logements). Ce classement doit donc être lu en tenant compte à la fois du taux de passoires et du nombre de logements réellement analysés dans chaque commune.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données permettent à un agent immobilier de prioriser ses actions de prospection sur le territoire de la Vienne en s'appuyant sur des indicateurs objectifs de potentiel de mise en marché. La combinaison entre taux de passoires thermiques et volume de logements analysés doit guider le choix des secteurs à travailler en priorité.

  • Concentrer les premières actions de prospection sur les communes à indice élevé comme Nalliers, Luchapt et Millac, où la proportion de passoires F/G est la plus forte.
  • Ne pas négliger les communes à volume légèrement supérieur comme Brux, qui offrent un vivier de prospects plus large malgré un indice inférieur.
  • Adapter le discours commercial auprès des propriétaires de passoires thermiques en mettant en avant la contrainte réglementaire liée à la loi Climat et Résilience comme facteur de motivation à la vente.
  • Étendre progressivement la prospection aux logements classés D et E, qui représentent une part importante du parc (62,8 % en cumulé D à G) et constituent un vivier de moyen terme.
  • Croiser ces données DPE avec d'autres sources de prospection (DVF, ancienneté de détention) pour affiner le ciblage des propriétaires les plus enclins à vendre.

En résumé

Le territoire de la Vienne présente un parc de logements majoritairement énergivore, avec une part notable de passoires thermiques concentrées dans certaines petites communes rurales. Ces éléments constituent une base factuelle pour orienter une stratégie de prospection immobilière ciblée, en priorisant les zones où la pression réglementaire sur les propriétaires est susceptible de se traduire par une mise en vente à court ou moyen terme.