Sur 19 054 logements analysés dans le département 78 (Yvelines) à partir des diagnostics de performance énergétique (DPE) publiés par l'ADEME, 2 374 sont des passoires thermiques (étiquettes F ou G), soit 12.5 %. Voici les chiffres clés et le classement des communes.

Pourquoi ces chiffres comptent

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) mesure la consommation d'énergie d'un logement ainsi que son niveau d'émissions de gaz à effet de serre, sur une échelle allant de A (performance optimale) à G (passoire thermique). Cette étiquette, obligatoire lors de toute transaction ou mise en location, est devenue un critère central dans la décision d'achat, dans la négociation du prix et dans le calendrier de vente d'un bien.

Pour un agent immobilier, les étiquettes F et G revêtent une importance particulière : la loi Climat et Résilience restreint progressivement la capacité à louer les logements les moins performants, ce qui pousse un nombre croissant de propriétaires bailleurs à anticiper une vente plutôt qu'à engager des travaux de rénovation lourds. Ces logements font également l'objet d'une décote à la négociation, ce qui en fait des cibles de prospection pertinentes. Le territoire des Yvelines, avec 19 054 logements analysés répartis sur 212 communes, offre ici une base large pour identifier ces situations.

Chiffres clés

19 054
Logements analysés (DPE)
2 374 (12.5 %)
Passoires thermiques (F ou G)
12 612 (66.2 %)
Logements énergivores (D à G)
212
Communes analysées

Répartition des étiquettes DPE

A
160 (0.8 %)
B
485 (2.5 %)
C
5 797 (30.4 %)
D
6 676 (35 %)
E
3 562 (18.7 %)
F
1 494 (7.8 %)
G
880 (4.6 %)

Ce que disent ces chiffres

Sur les 19 054 logements analysés dans les Yvelines, 2 374 sont classés F ou G, soit 12,5 % du parc étudié. Ce chiffre isole une frange de logements potentiellement concernés par des contraintes locatives ou par des besoins de travaux significatifs. Plus largement, les logements notés D à G représentent 12 612 unités, soit 66,2 % du total analysé : les deux tiers du parc se situent donc à un niveau de performance énergétique intermédiaire à faible.

La répartition détaillée par étiquette confirme cette tendance : les catégories A et B, les plus performantes, ne totalisent que 645 logements (160 + 485), très en retrait par rapport aux 5 797 logements classés C et aux 6 676 classés D, qui constituent à elles deux les catégories les plus représentées. Les étiquettes F (1 494) et G (880) restent minoritaires en volume mais concentrent l'essentiel de l'urgence, dans la mesure où elles cumulent les deux niveaux de performance les plus dégradés.

Classement des communes par potentiel de prospection

Indice StreetHome de potentiel de prospection (0 à 100) — un indicateur propriétaire, pas une donnée officielle (voir méthodologie).

#CommuneLogements analysésPassoires F/G% F/GIndice StreetHome
1Courgent5360 %
70
2Saint-Martin-la-Garenne5360 %
66
3Versailles1 51728018.5 %
62
4La Hauteville7457.1 %
62
5Boissy-sans-Avoir6350 %
62
6Boissy-Mauvoisin8450 %
57
7Dampierre-en-Yvelines7342.9 %
56
8Jumeauville6350 %
55
9La Falaise10440 %
54
10Flexanville5240 %
53
11Gressey7342.9 %
50
12Fontenay-Saint-Père11436.4 %
49
13Montfort-l'Amaury461737 %
47
14Saint-Hilarion7342.9 %
47
15Moisson22731.8 %
45
16Hermeray11436.4 %
45
17Brueil-en-Vexin10330 %
45
18Goussonville5240 %
45
19Bazemont15533.3 %
44
20Gazeran14535.7 %
44

Lecture du classement

Le classement des communes au plus fort potentiel met en évidence deux profils distincts. D'un côté, des communes à faible volume de logements analysés mais à taux de passoires très élevé, comme Courgent et Saint-Martin-la-Garenne (5 logements chacune, 60 % de F/G, indices respectifs de 70 et 66/100), ou encore La Hauteville et Boissy-sans-Avoir, où la part de passoires dépasse 50 %. Ces communes affichent un indice de potentiel élevé du fait de la concentration proportionnelle de logements énergivores, mais reposent sur des effectifs réduits.

De l'autre côté, Versailles se distingue par un volume nettement supérieur : 1 517 logements analysés, dont 280 passoires F/G, soit 18,5 %. Bien que ce taux soit inférieur à celui des petites communes en tête de liste, l'indice de 62/100 et le nombre absolu de logements concernés en font une commune à fort potentiel de prospection en raison de la masse de biens identifiables. Boissy-Mauvoisin, Dampierre-en-Yvelines et Jumeauville complètent ce classement avec des taux compris entre 42,9 % et 50 % sur de petits volumes.

Ce que cela implique pour votre prospection

Ces données invitent à distinguer deux stratégies de prospection selon le profil des communes ciblées : une approche de volume sur les communes à fort effectif comme Versailles, et une approche de niche sur les communes à faible volume mais à concentration élevée de passoires thermiques.
  • Prioriser une prospection ciblée sur Versailles, dont le volume de passoires F/G (280 logements) offre un vivier de contacts significatif malgré un taux proportionnel plus modéré.
  • Traiter les communes à petit effectif mais fort taux de passoires (Courgent, Saint-Martin-la-Garenne, La Hauteville, Boissy-sans-Avoir) comme des marchés de niche, avec une approche personnalisée compte tenu du faible nombre de biens concernés.
  • Adapter le discours commercial en mettant en avant la contrainte réglementaire liée aux étiquettes F et G comme argument pour amorcer un contact avec les propriétaires bailleurs.
  • Utiliser la répartition par étiquette pour qualifier l'ensemble du parc D à G (66,2 %) comme un vivier élargi de prospects potentiellement sensibles à une revente à moyen terme.
  • Croiser ces indices de potentiel avec une connaissance fine du terrain local, les faibles effectifs de certaines communes nécessitant une vérification individuelle des situations avant tout démarchage.

En résumé

Le territoire des Yvelines présente un parc de logements majoritairement situé dans les classes énergétiques intermédiaires à faibles, avec une frange identifiable de passoires thermiques concentrée à des degrés divers selon les communes. La coexistence de communes à fort volume comme Versailles et de communes à taux élevé mais faible effectif dessine deux angles de prospection complémentaires, que l'agent immobilier peut mobiliser selon sa zone d'intervention et ses objectifs commerciaux.